‹ Le siècle. Les hommes et les idéesChapitre 36 sur 36 · JEAN-BAPTISTE VIANNAY, CURE D ARS · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE VIANNAY, CURE D ARS

Jean-Baptiste Viannay, curé d'Ars, est mort le 4 août 1859.

Sa vie est écrite déjà par les continuateurs du P. Giry.

La gloire est quelquefois rapide.

Je ne vais pas raconter sa vie : beaucoup d'autres l'ont déjà fait. Ses biographes nombreux ont dit tout haut depuis sa mort ce qui se disait plus bas pendant sa vie. Ils ont pris les précautions recommandées vis-à-vis de ceux que l'Eglise universelle n'a pas encore inscrits au catalogue des saints. Ils n'ont pas invoqué l'autorité divine, puisque le Saint-Siège n'a pas encore parlé; mais ils ont constaté, au nom de l'histoire, les faits connus.

Je ne les répéterai pas ici : nos lecteurs connaissent le livre de M. l'abbé Monnin.

J'essayerai seulement de chercher, dans l'histoire du curé d'Ars, un symptôme de l'histoire contemporaine.

M. l'abbé Monnin a déjà remarqué la ressemblance matérielle de deux crânes, dont l'un fut le

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crâne de Voltaire, et l'autre fut le crâne du curé d'Ars.

M. l'abbé Monnin a déjà remarqué que le xviii^ siècle se rendait à Ferney, et que le xix® siècle se rendait à Ars.

Il ne serait pas impossible qu'entre la nature de Voltaire et la nature du curé d'Ars, Dieu eût permis certaines ressemblances, afin que l'immensité du contraste fit resplendir l'abîme creusé par la liberté et par la grâce,

La différence la plus frappante qui puisse exister entre deux êtres, est peut-être celle qui brise deux moules un peu ressemblants entre eux, pour faire éclater deux physionomies radicalement contradictoires. L'ancienne ressemblance brisée apparaît dans sa misère : l'admirable dissemblance étincelle dans sa gloire.

M. le curé d'Ars, en effet, n'avait pas reçu de dons naturels extraordinaires, et les qualités naturelles de son intelligence étaient bien plutôt dans la direction de l'esprit que dans la direction du génie. Si son âme n'eût pas reçu de dilatation exceptionnelle, il eût été un homme fin, caustique, léger, moqueur probablement.

En général, dans ces études, je me demande quel est le caractère réalisé du personnage que j'étudie, et quel eût été, s'il eût été fidèle, son caractère possible, afin de contempler dans la vie celui qui, très souvent, m'apparaît dans la mort.

Le curé d'Ars m'oblige à un travail contraire.

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Ayant dépassé les limites dans lesquelles sa nature propre semblait l'avoir enfermé, ilm'obliye pour trouver un contraste, à regarder, non pas en haut, mais en bas.

Sa gloire fut la lumière.

Si, au lieu de monter, il eût descendu, s'il eût marché dans les voies du néant, il eût été sans doute particulièrement et spécialement ténébreux : il eût ressemblé peut-être à Voltaire.

Quand le Saint-Esprit a fondu sur saint Pfinl. sur saint Denys, sur saint Augustin, il a rencontré des proies sublimes.

Quand il a fondu sur levure d'Ars, il a trouvé un homme ordinaire.

Or, voici le symptôme que je tiens à constater. Cet homme, qui était, par sa nature, un homme ordinaire, a eu, au xix® siècle, ce privilège qu'on ne définit lamais, et qui s'appelle le prestige.

Voltaire avait, aux yeux du xviii^ siècle, le prestige.

Le curé d'Ars avait aux yeux du xix® siècle encore incomplet, le prestige.

Pour étudier la signification de ce fait, il faut se demander le sens précis et mystérieux de ce mot : prestige.

Quel est l'homme qui a du prestige?

Le prestige peut avoir ses racines dans la vérité ou dans l'illusion. II est un ascendant involontaire et irréfléchi, en vertu duquel les \ hommes s'écrient à l'aspect d'un homme ; '\

Voilà celui que nous cherchions , I

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Le prestige révèle la pensée fixe de celui qui l'exerce, le désir habituel de celui qui le subit.

Car l'homme qui exerce le prestige a toujours une pensée fixe, et l'homme qui le subit avait un désir connu ou ignoré de lui-même.

Donc, le prestige, qui est l'indication d'un rapport, varie comme les termes du rapport. Tel homme aura du prestige pour vous, qui n'en aura pas pour moi, et réciproquement. Montrezmoi un grand capitaine : il aura du prestige pour ses soldats, parce qu'il répondra a leur parole intérieure ; il n'en aura aucun pour moi, parce que ce n'est pas lui que i'apelle intérieurement.

Le prestige qu'un homme exerce sur nous, c'est la réponse qu'il fait à notre parole intérieure.

La pensée de Voltaire, si le mot de pensée peut s'appliquer ici, était de supprimer les hauteurs : le but qu'il poursuivait était la destruction de toute grandeur naturelle ou surnaturelle. 11 haïssait le ciel, la mer et les montagnes. Par là il fut l'expression la plus complète, la plus fi^dèle, de son siècle ! Le xviii^ siècie eut un genre spécial de goût : il eût le goût du singe. Voltaire se fit singe, dans la mesure où cet effort est possible à l'homme, et il exerça du prestige sur ses contemporains, qui venaient à Ferney, se contempler en lui, comme dans un miroir, parce qu'il répondait à leur désir caché, à leur désir de décapiter l'homme.

Mais qu'allaient donc chercher dans le désert

les pèlerins qui venaient à Ars ! Etait-ce un homme qui répondît aux désirs infâmes que les hommes portent en eux ? Etait-ce un homme qui répondît, par la sublimité naturelle de son yéuie aux désirs élevés que les hommes portent en eux ? Non, ce n'était ni le flatteur de nos misères, ni la splendeur humaine rêvée par les rêves humains qui brûlent les cœurs de vingt ans. Ce n'était ni l'homme qu'on désire, quand on veut faire le mal et se délivrer des souvenirs de la lumière, ni l'homme qu'on désire, quand on évoque au fond de soi l'image de l'homme, paré de la plénitude des grandeurs naturelles. Si l'homme qu'on allait chercher dans le désert n'était pas l'objet naturel des désirs naturels de l'homme, est-ce qu'au moins il était paré, décoré," transfiguré par les magnificences de la nature, et par les pompes de la civilisation ? Est-ce qu'il rendait des oracles dans un lieu historique ? Estce que notre imagination était occupée et frappée depuis l'enfance par l'écho des voix parlant de siècles en siècles dans le même sanctuaire ? Non, aucun attrait humain n'appelait personne dans ce petit village sans beauté, sans célébrité pour lequel n'avaient travaillé ni la nature, ni l'histoire, et qui a conquis ses titres de noblesse devant Dieu et devant les hommes, et qui a pris la forme d'un sanctuaire ! L'Esprit souffle oà il veut. Un jour, les regards de la Colombe infinie se sont arrêtés sur le clocher d'Ars ! Pauvre petite chapelle ! 0 Dieu, qu'est-ce que la gloire?

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Qui donc attire ce trait de feu ? Esprit de paix, esprit de joie, vous qui lancez la sagesse où vous voulez, et qui faites pâlir devant le moindre de vos rayons toutes les lumières aperçues ou rêvées, quelle est la puissance qui obtient vos regards ?...

Mais je crois que la réponse est faite depuis longtemps. Il y a dix-huit siècles que sainte Marie, mère de Dieu, a nommé, en chantant, cette puissance qui attire les yeux de la Colombe, cette puissance dont le nom est resté un secret, quoique le secret soit publié : Respexit humilitcttem.

Et voilà pourquoi les cinq parties du monde savent le nom de ce petit village maintenant historique. C'est que Dieu n'a pas changé. Aujourd'hui comme autrefois, Respexit humilitatem. L'humilité a attiré ses regards.

Les hommes à leur tour ont regardé l'homme humble. Si cet homme se fût appelé Isaïe, Daniel David, Salomon, saint Jean, saint Bernard, saint Thomas, vous pourriez, éblouis par la lumière, vous tromper sur la nature de l'attrait.

Mais Dieu avait dépouillé le curé d'Ars de toutes les ressemblances qui auraient pu vous faire illusion, et vous faire penser à un attrait humain. Ecoutez ce fait :

« Il y a quelques années, disent les continuateurs du P. Giry, la curiosité mena auprès de lui un homme lettré qui n'avait d'autre culte que celui des sens et de la raison. Quand ce philoso-

phe, habitué à juger de tout d'après les apparences, aperçut M. Viannay grossièrement vêtu, baissant modestement les yeux, parlant très simplement, et montrant une physionomie qui n'avait d'autre distinction que celle qui provient de l'empreinte mystérieuse des vertus sacerdotales, il fut grandement déçu. Aussi ne put-il s'empêcher de s'écrier avec un ironique mécompte :

« Ce n'est que ça !... Je m'attendais à voir... Si J'avais su !...

«M. Viannay sortait de l'Eglise. Comme il vit le pauvre philosophe tout fâché d'avoir donné trop de crédit à la renommée, il crut devoir lui adresser une parole de consolation: «Hélas, monsieur, lui dit-il, d'un ton peiné et affectueux, je suis très contrarié que l'on vous ait trompé et que vous ayez fait inutilement un long voyage. Il ne fallait certainement pas venir de si loin pour voir le plus misérable et le plus ignorant des hommes.

« Ce peu de paroles opérèrent toute une révo lution dans l'âme de l'incrédule, qui s'écria, déjà converti et ravi d'admiration: « Voilà bien l'honi' me que je cherchais ! »

Ce pèlerin aurait dû dire : Voilà bien le Dieu que je cherchais ! Car la réponse faite par le curé d'Ars, à son désappointement intérieur, ne lui présentait pas les qualités naturelles qu'il avait désiré voir, mais la présence d'un don supérieur ^ à ceux qu'il attendait. Cet homme avait apporté à Ars un besoin plus profond que son désir.

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Son désir cherchait l'homme, son besoin cherchait Dieu.

Et Dieu lui apparut dans la simplicité extrême. Le prestige de l'illusion qu'il avait souhaité était remplacé par le prestige de la vérité dont il avait faim, sans le savoir.

Le prestige da curé d'Ars exercé cependant sur un incroyant, suLi par un incroyant, tenait donc au don surnaturel, au don surnaturel seul et pur, sans mélange même apparent.

Le littérateur qui fut ainsi surpris deux fois, dont l'attente, trompée d'abord, fut surpassée ensuite, ne rentrait pas dans l'exception, mais dans la règle. Croyez-vous que l'ascendant du curé d'Ars, parce qu'il était uniquement surnaturel, ait été rare et restreint dans ses effets? Ecoutez encore les continuateurs du P, Giry :

« Dès 1834, on avait organisé, à l'usage des pieux visiteurs, un service de voitures publiques, qui se rendaient de Lyon à Ars, dont la distance est de sept à huit lieues. Huit ou dix grandes voitures ne suffisaient pas par jour à l'affluence des pèlerins ; l'administration avait dû s'occuper de ce concours, et des chemins impraticables dans l'origine avaient été transformés en grandes routes. Dans les dernières années, la compagnie du chemin de fer de Lyon crut devoir aussi s'occuper d'Ars, et offrit des conditions particulières aux pèlerins. Au bout de leur voyage, ceux-ci trouvaient une pauvre église et un pauvre hameau, dont toutes les maisons à peu près

étaient transformées en auberges ou en magasins d'objets de piété ».

Il est assez intéressant de voir les voitures et les chemins de fer s'ébranler pour conduire dans un village, dont persomie ne savait la route, des hommes qui cherchent Dieu. Les administrations elles-mêmes se sont mises en branle, tant le fait matériel de la foule était évident et notoire. Et, au bout de cette route, jadis impraticable et vide, maintenant facile et remplie, la foule ne songeait même pas à chercher un paysage, ou un musée, ou une pierre druidique, ou une antiquité, ou une curiosité quelconque. La foule cherchait Dieu, cette foule allait se confesser : le fait est trop extraordinaire pour être constaté légèrement. Cette foule si compacte, si continue, qu'il avait fallu relever pour elle la route ignorée d'un petit village, cette foule allait se confesser. Tous ces hommes du xix* siècle allaient attendre leur tour, pour s'agenouiller aux pieds d'un vieux prêtre, destitué de tous les attraits naturels, et quelquefois ils attendaient plusieurs jours et plusieurs nuits !

Voilà le fait, il est patent, il est incontestable, les témoins sont là : les pèlerins racontent; les registres des voitures publiques parleraient, à défaut des hommes. Voilà le fait, qui est un fait historique. Quel symptôme des temps ! Quel signe ! quel caractère ! Aveugle qui ne le voit pas !

Parmi les formes de l'habitude qui rendent les

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hommes ennuyeux, ternes, indifférents, sans couleur les uns pour les autres, sans action les uns sur les autres, il en est une qui s'appelle le respect humain. Le respect humain est une concession faite au néant, en vertu de laquelle l'homme qui veut ressembler un peu aux autres hommes, craint d'affirmer la vérité tout entière, par tous les langages dont il dispose. Même chez les meilleurs, le respect humain porte une atteinte, souvent inaperçue, mais presque toujours très profonde, à l'intégrité de l'homme. Quelquefois les blessures qu'il fait sont grossières et évidentes ; quelquefois elles sont si délicates et si imperceptibles que personnes ne les sent, excepté la lumière qui diminue dans l'âme. Par la plus légère complaisance de cette nature, l'homme trahit Dieu et lui-même. Il trahit la gloire par amour-propre.

Une des puissances qui déroutent et subjuguent les hommes, c'est l'absence radicale de respect humain. Ce fut là, je crois, une des causes de l'ascendant causé par le curé d'Ars; les hommes sont étonnés et renversés quand un homme ne fait à leurs erreurs aucune concession. Ils ont peur de celui qui n'a pas peur d'eux.

Le curé d'Ars ne faisait acception d'aucune personne. Il confessa la vérité de toutes les manières, et devant tout le monde, par la pensée, par la parole, par la vie, par toutes les formes du langage. Il disait continuellement à Dieu, à lui-même et à toutes les créatures, le nom de

Dieu et le nom de l'homme, en toute simplicité. Toute sa vie intérieure et extérieure disait à tous les passants : Deus meus es tu : in manibus tuis sortes meœ.

Tous les procédés du curé d'Ars indiquaient un homme qui sait le nom des êtres. Il y avait, dans sa façon d'aborder les personnes et les choses, une certaine unité lumineuse. La relation continuelle de l'homme et de Dieu, qui est oubliée chez les uns et inaperçue chez les autres, était visible chez lui. Tous les récits nous montrent cet auguste personnage vivant sous l'œil de Dieu, et uniquement sous l'œil de Dieu, comme si aucun autre œil n'avait été ouvert sur lui. Il était juge : devant lui comparaissaient les personnes et les choses, dépouillées de leurs prétentions, et réduites à leur réalité. La prière de M. Olier semb'ait exaucée en sa faveur : parlant de la lumière de Dieu, M. Olier demande :

« Qu'elle soit la simple lumière qui me conduise et qui me montre toutes les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes ».

Le sentiment continuel de Dieu omni-présent et omni-potent éclatait dans les plus grandes et dans les plus petites choses. Je puise à la même source que tout à l'heure une anecdocte très insignifiante en apparence, très caractéristique en réalité :

« Les femmes qui environnaient son confessionnal se disputaient et se querellaient, de manière à l'empêcher d'entendre sa pénitente et

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d'en être entendu. Dans cette fâcheuse extrémité, que fait-il ? Il se lève tranquillement de son tribunal de miséricorde, il traverse silencieusement la bruyante assemblée, et va se prosterner aux pieds de l'autel de sainte Philomène, pour la prier d'apaiser le tumulte. Il avait à peine commencé son oraison, que les indiscrètes causeuses commencèrent à rougir d'elles-mêmes et se turent soudainement.

Voilà le curé d'Ars : pour obtenir le silence, il ne dit pas un mot à ceux qui font le bruit, et aborde directement sainte Philomène. Le culte spécial du curé d'Ars pour cette sainte, presque inconnue il y a trente ans, tient à des causes profondes. Le culte des saints se développe historiquement, suivant certaines harmonies. Dieu veut que le xix® siècle connaisse et célèbre le nom de sainte Philomène {Filia luminis, Fille de la lumière). J'espère revenir un jour sur cette figure historique et divine, pour la montrer à nos lecteurs.

Le curé d'Ars ne mentait pas, même dans le sens où les honnêtes gens mentent continuelle^ ment. Il appelait les choses par leur nom. 11 montrait à nu les misères de l'homme et ses grandeurs, sans prétention et sans précaution. Il écrasait l'amour-propre. Nul ne se sentait le courage de jouer en sa présence la comédie ordinaire. Il jugea le monde et ne fut jugé par personne. Une des gloires duxix^siècle, c'est d'être allé en foule aux genoux de ce juge, qui aimait

et ne flattait pas. Le langage du curé d'Ars est essentiellement crû : l'amour-propre ment toujours, même quand il ne ment pas. Car, s'il dit la vérité, il ne la dit pas comme elle est. Le curé d'Ars disait les choses comme elles étaient. Il eut la franchise, parce qu'il eut l'humilité, et la lumière l'éclaira. Il ne séduisit jamais. Il affirma et commanda.

Peut-être quelques-uns de ceux qui liront cette page se diront-ils: Mais cela n'est pas rare. Réfléchissez, et demandez-vous par combien de nuances vous avez trahi, depuis ce matin, vos plus intimes convictions et vos plus chères espérances. Habituellement, les hommes ferment complètement la porte aux prophètes. Mais, même quand ils les reçoivent, ils ne les reçoivent pas en qualité de prophètes. Donner un nom à une chose, c'est, en un sens, prendre possession d'elle. Celui qui oserait appeler tous les êtres par leur nom serait le maître du monde, dans un sens plus réel que je ne puis l'exprimer. Ainsi s'explique l'empire du curé d'Ars. Cet empire, je le subis en ce moment. Mon Père, j'écris par votre ordre : vous m'avez dit mon nom.

Fin.

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