‹ Le siècleChapitre 18 sur 113 · LA 1EMME QUI CHERCHE ET CELEE QUI A TROUVÉ · texte numérisé non relu

LA 1EMME QUI CHERCHE ET CELEE QUI A TROUVÉ

De longues larmes ruisselèrent sur les joues de lady Glenmour. Sa ligure pâlit comme certaines fleurs après minuit. Ce n'était plus la même femme. Outre le mal dont souffrait lady Glenmour, mal auquel le fameux médecin anglais Astley Cooper a donné le nom fort original de mal de cour, c'est-àdire un mal qui nait de la satiété de toutes choses, des meilleures comme des plus rares, e.lc éprouvait une. tristesse incommensurable , causée par sa conviction profonde que l'homme qu'elle avait épousé ne l'aimait pas.

.Depuis six mois qu'elle était sa femme, elle se persuadait avoir eu assez d'occasions de reconnaître qu'elle n'inspirait à lord Glenmour qu'une affection commandée par le devoir et soutenue par la délicatesse. Les riches cadeaux dont il l'accablait ne servaient qu'à la raffermir dans celte conviction. Il cachait, sous la magnificence de ses dons, la pauvreté de ses sentimens. Elle, était flattée en reine par un courtisan: mais elle, la femme, n'avait jamais éveillé en lui l'amour qu'elle, croyait avoir le droit d'inspirer. Lord Glenmour lui seroi>iuit un dieu qui n'avait pas encore daigné prendre pour elle la transformation qui le ferait aimer. Cet^e persuasion, de jour en jour niic ux établie en elle par une succession de laits qu'elle croyait irrécusables, la minait sourdement. Et ne prévoir aucun terme à celte existence contrainte ! n'étaitce pas une affreuse situation pour une jeune femme qui avait imaginé, à qui l'on avait dit sans doute, que son mariage avec lord Glenmour, un des plus beaux, un des plusélégans gentilshommes anglais, la rendrait la femme la plus heureuse du monde. Convaincue du faible attachement qu'il avait pour elle, elle restait toujours au-dessoi.s de s<s efforts quand elle «• ssayai t maintenant de triompher d'elle-même, et ses maladresses valaient encore moins que son indifférence. Celte dernière journée lui avait été une preuve de plus qu'e.le n'aurait jamais à espérer auire chose de lord Glenmour que des procédés gracieux, que des surprises toujours faciles à un aussi riche seigneur crue lui. Elle devait renoncer à des marques simples et vi-es de tendresse.

Aussi les beaux cadeaux qu'il lui avait faits avant' n di part n'avaient pu lui arracher un sentiment supérieur à la plus (impie reconnaissance. Ce n'est que lorsqu'il fut | uni. que lorsque sa clnise de poste volait vers Boulogne, qu'elle donna un libre cours à sa tristesse, qu'elle délaça, pour ainsi dire, son cœur.

Elle pleura longtemps et amèrement.

Elle ke leva ensuite pour se retirer d;ns son appartement. Contre son habitude, l'idée lui vint de traverser le cabinet de lord Glenmour qui communiquait par un escalier secret avec sa chambre.

A l'inslanl où elle y pénétrait, elle fut fort étonnée d'y voir Pâquerette, <^a femme • e rbambre, qi i. non moins étonnée

, ouvée sans lumière dans i site pièce, i si avancée de la nu | nr ex-

pliqui r l'élr 113 clé de sa pi

— Je 1 ird Glenmour.

— .le croyais p :

— ans duut',iiiilaily, mais je voulu s moi-même, celte fois, jour être sûre, que le travail sciait mieux fait...

— Vous é i. 1 , ependant sans \ in ière ?

— La uougra s'est éteint dj .1 ouvert la porte.

— L'est bien...

— Je me retire, milady, ajouta, toujours confuse et trem-

Page 1