‹ Le siège de La Rochelle, ou, Le malheur et la conscience (volume 2)Chapitre 3 sur 12 · ON AMIE · texte numérisé non relu

ON AMIE

Cet Quyïage composé sous vos yeijtx vpwsa i»téi:es$ée, é et je trouve çn grand 'plqùpiiv à vous en faire hommage. Vou$ $eyefc aimer mon

viij ÉPITHE

héroïne ; en la peignant , j'ai plus d'une fois pensé à vous , et tous ceux qui vous connoissent seroient bien étonnés que la ver ta dç Clara vous parût exagérée. Votre modestie m'interdit tout éloge > votre amitié n'a pas besoin des assurances de la mienne. Vous savez que , malgré votre jeunesse , je vous regarde comme l'amie la plus solide ; ainsi je ne puis Vous parler ici que de cet ouvrage. 11 est bien:

médiocre peut-être, mais il est aussi pur, je l'espère, que le nom qui honore sa première page. Pendant quelques années, de grands excès commis ont fait penser trop généralement que la force, la violence et la férocité étoient du talent, de l'énergie et du génie r cette opinion eut une funeste in-

■ DÉDICATOIRE. fc

fluence sur la littérature , et donna naissance à des productions monstrueuses* Les passions avoient bouleversé la France , il fallut déifier les passions , en les exaltant , jus* qu'au crime , on osa les offrir à l'admiration publique. Le suicide fut représenté comme un acte sublime : on ne trouva plus que dé la fadeur dans la véritable sensibilité : l'amour, dans les ouvrages d'imagination , ne fut plus appelé une foiblesse ; on lui fit commettre des cruautés atroces : on ne le représenta plus qu'enveloppé de crêpes noirs , un poignard à la main, planant sur des tombeaux et méditant des crimes ; et ce' fut sous cette forme qu'on en fît une vertu l Le cbar de Vénus ne fut plus traîné par des colombes y Yé-

x EPITRE

nos elle-même , se dépouillant de la ceinture des Grâces, se transforma en Bacchante , et souvent eii Furie. Alors les héros de roman, d'après -cette mythologie révolutionnaire , devinrent tous des frénétiques barbares , toujours menaçants, toujours furieux avec l'objet de leur idolâtrie : les uns, dans leurs rendez-vous, attendant leurs maîtresses avec 1 impatience féroce qu'un brigand sanguinaire pourroit avoir en attendant sa proie, mordoient la pierre dans cette attente; les autres, dans un dépit amoureux , faisaient jaillir leur sang sur leurs maîtresses , ou les menaçaient de les jeter dans la Seine; et presque tous finissoient ' par se tuer. Les héroïnes, de leur côté , plus passionnées encore , se

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