‹ Le siège de Paris (volume 3)Chapitre 21 sur 61 · REDDITION DE METZ — ECHEC DU BOURGET · texte numérisé non relu

REDDITION DE METZ — ECHEC DU BOURGET

Le manifeste de Jules Favre et le léger succès de nos armes qui Pavait suivi de près avaient relevé tous les cœurs et tendu les nerfs de la population parisienne. On venait de faire une nouvelle provision de courage, et il faut avouer qu'on en avait grand besoin. La situation était cruelle. On S se trouvait entre deux dangers, dont Pun ne semblait pas moins menaçant que l'autre : au dehors les Prussiens, et les émeutiers au dedans. M. de Bismarck n'avait pas caché ses espérances. Il avait sur tous les tons, dans toutes ses lettres publiques, et dans toutes ses conversations privées, dont les 10 échos nous revenaient à Paris, dit que les portes de la ville lui seraient ouvertes par la guerre civile.

Durant tout le mois d'octobre, nous avons cru à une attaque de vive force, ou tout au moins au bombardement. Pour le bombardement, il n'y avait pas à en douter. Tous 15 les jours, on nous disait : Vous savez, c'est pour demain, ou après-demain au plus tard.

Les semaines se passèrent, et le fameux bombardement s'évanouit en fumée, comme un vain fantôme des brouillards de la nuit. Jamais nous n'entendîmes la voix des canons 20

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Krupp.* Cette menace ne laissa pas de nous inquiéter. Un petit fait montrera mieux que toutes les réflexions du monde l'intensité de cette préoccupation. J'allais voir tous les jours une de mes parentes, horriblement malade de la 5 petite vérole qui sévissait avec fureur à Paris. • C'était le spectre du bombardement qui hantait son délire, et chaque fois que je la voyais : — Comment ferai-je pour me sauver, me disait-elle, quand le bombardement commencera ?

Tout le monde sait qu'il n'y a rien de plus inquiétant que

ïo l'attente. Ce fut donc chez nous, durant un long mois, comme un agacement quotidien. On était surexcité, nerveux. On se demandait : Que vont-ils faire ? et l'on ajoutait : Pourquoi ne faisons-nous rien ?

Ceux que le hasard avait mis à notre tête étaient d'hon-

tS nêtes gens, de braves cœurs et des hommes de mérite. Mais on n'avait pas foi en leur génie. On aurait voulu qu'ils sortissent des sentiers battus, qu'ils étonnassent chaque jour le monde et nous-mêmes par quelque action d'éclat, par quelque invention singulière. On rappelait toujours le souvenir des

20 guerres de la Sécession * et ces hardis coups de tête par oîi se signalaient les généraux improvisés de la jeune Amérique. Le général Trochu n'était qu'un bon militaire, qui marchait prudemment par les chemins frayés. Il est Breton, c'est dire qu'il est pourvu d'une assez forte dose

25 d'obstination. Il est de la race de ceux qui enfoncent des clous dans la muraille en usant de leur front comme d'un marteau. Il faisait à petit bruit et lentement une besogne

* Ce chapitre a été écrit dans la première semaine de janvier. Trois jours après, le bombardement me donnait un cruel démenti. Je 30 laisse néanmoins le passage, tel qu'il est ; on comprendra mieux la puissance de nos illusions.

qui fut plus tard reconnue excellente. Il achevait de fortifier Paris ; il mettait la ville en état de faire tête partout oîi Ténnemi se pourrait présenter. Il la rendait imprenable. Il est vrai que dans le même temps les Prussiens menaient à bien leur circonvallation, en sorte qu'un officier allemand, causant s un jour avec un de nos médecins d'ambulance, lui disait : Il vous sera aussi difiicile de sortir de Paris qu'il nous le serait à nous d'y entrer.

Se garder était bien ; attaquer eût mieux valu. C'est un axiome de guerre, que la défense d'une place assiégée doit lo être offensive. Ces deux mots qui font antithèse, défense offensive, semblaient avoir résumé toutes les opinions du public parisien sur le siège. Pourquoi, se disait-on, le général Trochu n'attaque-t-il pas à fond ? * Les impatients, les émeutiers, les Bellevillois ne parlaient que de sorties en iS masse. Il fallait marcher tous ensemble, quatre ou cinq cent mille environ, sur un point donné et tout culbuter ; comme s'il était possible de mettre en ligne, de déployer et de faire manœuvrer une armée aussi considérable de citadins, qui savaient à peine manier un fusil I Les gens plus sages n'en 20 demandaient pas tant ; ils auraient souhaité néanmoins qu'on se tînt moins sur la réserve, qu'on ne se bornât pas simplement à de fortes reconnaissances.

Le général Trochu n'en tenait compte. Il avait son plan. Il eut même un jour l'imprudence (ces petites mésaventures 25 sont le châtiment des chefs qui écrivent trop) de publier une proclamation dans laquelle il disait en substance : — Laissezmoi tranquille ; j'ai mon plan et n'en démordrai point. Je ne me suis encore trompé sur aucune des conjectures que j'ai portées sur la présente guerre, ainsi qu'on pourra s'en 30 assurer, quand on lira le testament que j'ai déposé chez mon

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notaire^ M® * Ducloux. Pourquoi voulez-vous que je n'aie pas encore cette fois confiance en mon jugement ? Attendez. — Cette naïveté, par trop* bretonne, fit sourire les Parisiens. Le plan de Trochu, ce plan invisible, devint un texte de S plaisanteries sans fin. On le mit en caricatures et en chansons. Tout Paris répétait des couplets assez drôles •

Je sais le plan de Trochu, Plan, plan, plan, plan, plan f Mon Dieu! quel beau planf 10 Je sais le plan de Trochu ;

Grâce à lui rien n^est perdu !

Quand sur du beau papier blanc Il eut écrit son affaire, Il alla porter son plan 15 Chez maître Ducloux, notaire.

C'est là qu'est Tplan 3 de Trochu, Plan, plan, plan, plan, plan, Mon Dieu quel beau plan !

C'est là qu'est l'plan de Trochu !

20 Grâce à lui rien n'est perdu !

La chanson passait ensuite en revue, dans une foule de

couplets qui allèrent * s'ajoutant les uns aux autres, toutes les

sottises qu'on supposait avoir été faites, et toujours ce diable

de refrain :

25 C'est dans le plan de Trochu,

Plan, plan, etc.

Le général Trochu n'en resta pas moins fidèle à ce plan,

qu'il connaissait seul, et qui consistait, au moins pour le mois

d'octobre, à mener les jeunes troupes au feu, par petits corps

30 détachés, sans autre but que de les aguerrir ; à substituer

aux sorties en grandes masses des reconnaissances multi-

pliées, sans parler du feu incessant des forts qui, jour et nuit, canonnaient à distance les travaux des Prussiens. Je ne me mêle point de blâmer ce système, mais je prie ceux qui me lisent de se représenter Tétat d'une population très impressionnable et violemment surexcitée, quand tous les S matins, ouvrant son journal, elle trouvait des notes ainsi conçues : HUr^ le Mont- Valkrien a envoyé une douzaine d^obus sur une batterie en construction; il Va démontée et a forcé les soldats enrutnis de s^ enfuir . . . , ou encore : Les francs-tireurs de la Seine ont dans la nuit exécuté une sortie heureuse sur les lo bords de la Marne ; ils ont rencontré un parti d^ ennemis^ et ont engagé avec lui une trh vive fusillade^ qui a duré deux heures. Personne n^a été blessé dans cet engagement qui fait le plus grand honneur à nos volontaires. Bien maigre en vérité pour notre impatience 1 et comme, à Paris, on trouve le moyen de 15 rire de tout, les journaux parodiant les rapports quotidiens : Hier^ disaient-ils, on a aperçu un léger flocon de fumée sur les hauteurs de Saint-Cloud, On suppose que âest un de nos obus qui a éclatéy par mégarde, sous la patte d^un chien. Le chien a eu la queue emportée. Il a reçu du roi Guillaume la 20 médaille militaire.

Les grosses reconnaissances, celles que le général Trochu faisait faire avec dix ou douze mille hommes, ne nous satisfaisaient pas davantage. Les rapports officiels parlaient toujours de l'entrain merveilleux de nos soldats, des pertes 25 sérieuses éprouvées par les ennemis, de la victoire que nous avions touchée du bout des doigts ; mais elle nous avait échappé, et, en fin de compte, nous revenions toujours de ces expéditions sans en rapporter un gage matériel, quel qu'il fût, de nos prétendus succès. Ce qui contribuait plus 30 que toute autre chose à irriter la population en ces sortes

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d'affaires, c'est que les on-dit ' du premier soir nous faisaient toujours croire à un brillant triomphe, et la déception du lendemain en était plus cruelle. Un jour on nous disait : Ah I si nous avions eu seulement deux batteries de plus 1 . . . S et le public, qui n'y entendait pas malice,* répondait à ces plaintes : Eh bien I pourquoi n'aviez-vous pas les deux batteries ? Une autre fois, on eût coupé dix mille Prussiens, si l'on fût parti deux heures plus tôt. ... Eh bien 1 disait le public, il ne fallait pas partir si tard. ... Il y avait pourtant, disaient

10 les gens du métier, un petit sentier qui nous eût menés droit dans le flanc de l'ennemi ; ah 1 si nous l'avions connu 1 . . . Que n'aviez-vous une carte ? objectait le bourgeois.

Nos armes n'étaient pas très heureuses à l'intérieur. Que pouvions-nous attendre du dehors? Le croirait-on? — nous

1$ restâmes jusqu'au 7 octobre, sans lire un journal des départements. C'est à cette date que le Gaulois eut la bonne fortune de recevoir un numéro du Journal de Rouen, Ah 1 il me souviendra longtemps de notre joie quand on nous l'apporta. La vérité nous arrivait enfin ! nous la tenons !

20 la voilà 1 Béni sois-tu, petit carré de papier noirci qui nous l'apportas à travers l'armée d'investissement 1 Jamais lettre ne nous donna autant de réconfort et de joie que ces dépêches officielles oli nous était contée l'histoire de la France en ces derniers jours. Joie ou malheur, il n'importait ; tout nous

25 valait mieux que le silence.

Pas bien bonnes, hélas I les nouvelles que nous apportait le journal, ni celles qui, à la suite, pénétrèrent chez nous par d'imperceptibles fissures. Je ne parle pas de la prise de Strasbourg et de Toul, que nous avions apprise trois ou

30 quatre jours auparavant, grâce à l'aimable empressement des Prussiens. La chute de ces deux places nous avait attristés

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profondément, sans nous décourager, car elle était prévue, et nous savions bien que, faute d'être secourues, elles seraient obligées de se rendre. Mais ce qui nous inquiétait plus que le sort de ces deux villes, c'était d'apprendre enfin ce que pensait la province et ce qu'elle faisait. Ah 1 comme nous S sentions alors que ce mot n'est pas véritable, qui prétendait que Paris, c'est la France ! Non, Paris n'est pas la France ; Paris sans elle n'est rien, et nous nous demandions chaque jour avec une anxiété croissante : la France se lève-t-elle ? Un journal avait traduit cette universelle préoccupation sous lo cette forme humoristique de la blague, qui est familière au génie parisien : un bourgeois au lit prend sa montre sur la table de nuit, et regardant le cadran : « Sept heures I » dit-il (( allons, tant mieux ! la province se lève. »

Elle ne se levait pas 1 Le peu que nous pouvions deviner 15 de son histoire nous la montrait hésitante et divisée ; à Tours, un gouvernement de vieillards sans énergie ; ' partout des menées ' bonapartistes ou orléanistes. Les grandes villes, en proie aux factions extrêmes, et affichant la prétention de se gouverner seules ; chaque province oubliant le salut 20 commun pour ne songer qu'à sa défense personnelle ; et pardessous, dans les bas-fonds de cette société, les menaces d'une Jacquerie ' que nous croyions tous près d'éclater.

C'est alors qu'on prit la résolution d'envoyer Gambetta à

Tours, pour prêter à la délégation du gouvernement l'appui 25

de sa jeune popularité. Gambetta nous était fort utile à

Paris, car il possédait un ascendant réel sur les hommes du

parti avancé, et il servait de trait d'union entre eux et la

bourgeoisie. Mais il est évident qu'il y avait pour lui un plus

grand rôle à jouer en province. Il partit donc le 6 octobre, 30

échappa heureusement aux Prussiens, et nous apprîmes bien-

tôt qu'il avait ressaisi la direction des affaires et donné à Tesprit public une nouvelle impulsion. Mais Gambetta, qui est d'origine méridionale, préfère volontiers l'effet de la phrase oratoire à Inexactitude du détail précis ; et au lieu de S nous dire le nombre juste, et la force, et la position des corps d'armée levés par la province, il nous annonçait pompeusement que la résistance de Paris faisait l'admiration de l'univers. On souriait ici de ces exagérations de langage, et l'on pensait à part soi que si le premier ministre nous cassait lo ainsi l'encensoir sur le nez,' c'est qu'il n'avait rien de meilleur à nous dire.

Une espérance nous restait : Bazaine tenait toujours à Metz. C'est à Metz, avait dit un des généraux les plus distingués de la guerre d'Amérique, qu'est la clef de la situais tion. C'est par Metz qu'il faut débusquer les Prussiens de Paris, parce que le meilleur moyen de faire retourner un chien est de lui marcher sur la queue. Cette image pittoresque avait beaucoup frappé les esprits. On aimait à se figurer Bazaine, rompant le cercle de fer dont il était enserré, 20 et tombant sur les lignes du siège avec une armée qu'on estimait au moins à 80,000 hommes, les meilleures troupes de France I Et quand bien même, disaient les plus modérés, il ne pousserait pas jusqu'à Paris, il intercepterait les convois de l'ennemi, le prendrait par la famine, le forcerait de 25 revenir en arrière ; et alors, nous Parisiens, nous nous lancerions à sa poursuite. . . . Et déjà, nous répétions la fameuse phrase. Il n'en sortira pas un vivant de la terre de France ! Qu'on s'imagine donc l'émotion de Paris quand, un matin (le 28 octobre), nous lûmes, en nous éveillant, dans le Combat^ 30 ces mots en grosses lettres : trahison du maréchal bazaine, et au-dessous, un entrefilet, encadr é de noir, oîi était relatée

une prétendue capitulation de l'armée de Metz, qui renouvelait la honte de Sedan. Il y eut d'abord un moment de stupeur dans le public ; la stupeur fit bientôt place à l'indignation et à la colère.' D'où le journaliste tenait-il ces nouvelles étranges ? On courut au ministère. Les membres du 5 gouvernement répondirent qu'ils n'avaient aucun renseignement sur Bazaine.

On tint donc la nouvelle pour apocryphe, et cependant une inquiétude sourde continua d'agiter les esprits.

Le 31, il fallut bien se rendre. La nouvelle était offi- 10 ciellement annoncée ; notre dernier espoir tombait du coup, et c'était juste au moment oli nous subissions l'échec du Bourget.

Le 28 au soir une compagnie de francs-tireurs s'étant glissée près du Bourget, petit village en avant de Saint-Denis, 15 avait surpris le poste qui l'occupait, et après un combat de nuit, qui n'avait pas eu grande importance, s'en était emparé. La position était, à vrai dire, médiocre, et ne valait pas trop la peine d'être conquise ni défendue. Les Prussiens y revinrent au matin, avec toute une division, et pourvus d'une 20 excellente artillerie.

Le Bourget fut perdu. La perte n'était pas grosse, puisqu'on n'en pouvait rien faire, mais l'effet moral fut immense à Paris. Il n'y eut qu'un cri d'indignation, de douleur et de désespoir. Ce serait donc toujours la même chose I jamais 25 assez d'artillerie ! nos soldats sans vivres et sans ordre ! à quoi bon poursuivre une lutte impossible ! Il serait difficile de dire l'excès d'abattement oh tomba le public : le Bourget repris et Metz rendu, c'était trop à la fois.

Un autre incident vint encore incliner à la paix des esprits 30 qui n'y étaient déjà que trop portés. M. Thiers avait, on

s'en souvient, reçu du gouvernement de la défense, quelques jours avant Tinvestissement, une mission dont nous ignorions les termes, près des divers cabinets d'Europe. Il était parti en pleine saison d'hiver pour Londres, et de là pour les 5 autres grandes capitales. Il nous arrivait de temps à autre, par de courtes notes insérées dans les journaux, quelques nouvelles de ses voyages ; nous y lisions : « M. Thiers est en ce moment à Saint-Pétersbourg, oîi il est admirablement reçu. Toute la noblesse de Russie est venue s'inscrire à son

lo hôtel. ... M. Thiers n'est resté que quelques jours à Vienne. On lui a fait le meilleur accueil. Espérons qu'il fera comprendre que les intérêts de l'Autriche sont liés à ceux de la France, etc., etc. » — Espérons ! répétions-nous ; mais on n'espérait guère, et l'intervention des puissances

15 avait passé à l'état de chimère, quand tout à coup un bruit se répandit dans la ville que M. Thiers arrivait, porteur de propositions très sérieuses d'armistice, et qu'à la demande du Czar, il avait obtenu de M. de Bismarck un laisser-passer à travers les lignes prussiennes. Un avis officiel confirma

20 bientôt ces rumeurs.

Il y eut à ce souffle de paix prochaine comme un amollissement de toutes les âmes, qui se détendirent. On s'abordait dans la rue :

— Eh bien ! que pensez-vous de l'armistice ?

25 — Je pense qu'il est conclu.

— Cela est évident.

Il y eut de cette foi universelle au débloquement de la

ville par la paix, im symptôme bien curieux et bien amusant.

Toutes les vitrines des magasins de comestibles étaient

30 depuis longtemps dégarnies de leurs marchandises. Les

jambons, les morceaux de lard, et toutes sortes de bonnes

victuailles sortirent, comme par enchantement, des caves oli elles se cachaient prudemment, dans l'attente de la hausse, et reparurent triomphantes à la montre des charcutiers inquiets. On souriait d*aise à toute cette mangeaille inopinément revenue. Le cochon^ âest la paix^ disaient les carica- S tures. Les avant-postes avaient cessé le feu, et le Mont- Valérien ne tirait plus. On en concluait qu'il y avait une trêve tacite entre les deux armées ennemies, et de cette trêve à un armistice, et de cet armistice à la paix générale, il n'y avait qu'un pas. C'était une joie universelle. lo

A ce moment du siège, la bourgeoisie parisienne, presque tout entière, s'abandonna aux illusions de la paix, et le témoigna par des signes non équivoques. Aussi est-ce cette heure de notre histoire que le parti avancé choisit pour tenter une révolution et s'emparer du pouvoir. Il fit ce qu'on ap- 15 pelle aujourd'hui la journée du trente et un octobre ; mais il est besoin, pour la faire comprendre au lecteur, de remonter un peu plus haut

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