PROROGATION DES POUVOIRS DU CONSEIL MUNICIPAL
ARRÊTÉ
« Au nom de l'Empereur,
«< Nous Préfet du Bas-Rhin,
«V Vu les lois des 5 mai 1855 et 22 juillet 1870;
« Vu l'état de siège ;
w Considérant que les circonstances de la guerre n'ont permis ni aux citoyens de procéder aux élections municipales de la ville de Strasbourg, ni au gouvernement de réorganiser l'administration;
« Arrêtons :
« Art. P^ Les pouvoirs du corps municipal de la ville de Strasbourg sont prorogés jusqu'à nouvel ordre.
« Art. 2. M. le maire est chargé de l'exécution du présent arrêté.
« Fait à Strasbourg, le 15 août 1870.
« Le préfet, Baron Pron.
« Vu et approuvé :
« Le général de division, commandant supérieur,
« Signé : Uhrich. »
Les autorites municipales n'avaient pas jusqu'alors éprouvé le besoin de beaucoup consulter les citoyens de la ville ou leurs représentants et de débattre avec eux les graves questions qui s'agitaient. Le maire convoqua bien une fois les membres de l'ancien Conseil municipal , mais ce fut tout , et pendant presque toute la durée de l'état de siège, à l'exception des dernières semaines, Strasbourg ne reçut jamais des autorités une communication qui lui donnât des renseignements positifs sur sa propre situation et sur la situation extérieure ; l'autorité, pourtant, a maintes fois eu des nouvelles qu'il eût été de son devoir de communiquer à la population. On tenait les habitants de Strasbourg au secret de ce qui se passait dans l'intérieur de la France et autour des murs de la place. Il est certain que des raisons militaires ont souvent prescrit ce silence, mais outre les dépêches militaires que le général Uhrich ne pouvait communiquer sans compromettre les intérêts de la défense, il arrivait d'autres dépêches, purement politiques, que le sous-préfet de Schlestadt, M. Peloux, adressait à son chef hiérarchique, le baron Pron, préfet du Bas-Rhin, et que celui-ci n'a jamais communiquées à personne, pas même au général.
Les habitants avaient jusqu'alors, du hai\t des églises, du haut d'autres édifices publics et du haut de quelques élévations de terrain, suivi un peu
les mouvements de Faimée qui entourait la ville. Mais un avis préfectoral, conçu comme suit, défendit de monter sur les édifices publics :