‹ Le siége de Paris (volume 4)Chapitre 22 sur 36 · HUMANN · texte numérisé non relu

HUMANN

« Le préfet du Bas-Rhin, « Baron Pron.

<c Le général de division, commandant supérieur,

« Uhrich. »

Oli ! oui, on la possédait cette patience qui était de riiéroïsme, et elle n'avait pas besoin d'être ranimée par cette promesse de dédommagement. On luttait avec courage, avec abnégation ; mais il fallait une force de cœur et d'esprit bien vive pour ne pas se sentir défaillir au milieu de tant de douleurs et de catastrophes.

L'histoire de toutes ces journées est toujours la même; on la résumerait dans trois mots : ruines, deuils, terreurs. Le bombardement continuait sans trêve, et le chiffre des victimes croissait à tout instant. La Préfecture, les Ponts-Couverts, le Quartier-Blanc, le Finckvviller furent assaillis de projectiles, et de nombreux habitants furent blessés ou tués.

A huit heures et demie du soir, on entendit une vive fusillade du côté de la porte de Saverne et du côté de la porte de l'Hôpital. Les postes des ouvrages avancés et des remparts échangèrent des coups de feu avec de forts détachements ennemis qui s'étaient hasardés vers la place. On entendait les balles siffler dans les airs, et de nombreuses balles prussiennes, lancées par des fusils de rempart, to^mbèrent jusqu'au milieu de la ville, où elles cassèrent des tuiles sur les toits. Les canons de la porte d' Austerlitz et de la porte de l'Hôpital avaient un instant mêlé leurs voix terribles au crépitement de la fusillade , mais le silence se rétablit assez promptement, et la nuit en général fut relativement calme.

L'autorité civile avait reconnu enfin qu'elle avait besoin du concours des citoyens dans cette crise terrible, qu'elle serait plus forte si elle s'appuyait sur eux, et si avec eux elle partageait la responsabilité des décisions que chaque instant réclamait.

Le Conseil municipal, qui n'avait plus été réuni depuis le 8 août, fut convoqué d'urgence à trois heures de Fapiès-midi.

Le Conseil fit la déclaration que le nombre de ses membres était trop réduit pour suffire aux nécessités de la situation, et qu'il y avait lieu de procéder à la nomination d'une Commission municipale plus nombreuse, qui fut chargée de la gestion des intérêts de la ville de Strasbourg.

Le préfet, ayant été saisi âe cette proposition, y adhéra et prit l'arrêté suivant :

PRÉFECTURE DU BAS-RHIN

ARRÊTÉ

« Nous Préfet du Bas-Rhin,

« Vu l'état de siège,

« Vu notre arrêté du 16 août, par lequel les pouvoirs du corps municipal de la ville de Strasbourg ont été prorogés ;

« Considérant qu'un certain nombre de conseillers municipaux sont absents ou empêchés ; que dès lors il importe , eu égard à la gravité des circonstances , de réorganiser la représentation de la cité,

« A.rrêtons :

« Art. 1". Le Conseil municipal est dissous.

« Art. 2. Il est institué pendant la durée du siège une Commission municipale composée de 47 membres, en vue de gérer et de défendre les intérêts de la ville.

« Art. 3. Sont nommés membres de la Commission :

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