Le siège de Paris. Impressions et souvenirs
Cette édition, qui est un volume illustré, doit pouvoir rester sur la table de famille : j*ai donc sévèrement retranché tout ce qui aurait pu, dans mon livre, effaroucher ou ennuyer des collégiens ou des jeunes filles.
KiiANciSQUE SARCEY.
.1 Mansicur Hichard WALLACE.
Monsieur,
Pavdonnez-moi si je pi'ends la liberté de vous dédier ce volume, sans avoir l'honneur d'élre connu de vous; mais le souvenir de votre nom est invinciblement lié à celui du siège de Pmûs, et cest le premier qui se présente à ïenpyit du F'vani^ais qui entreprend den écrire ïhistoire.
Ce -qui nous a tous profondément touchés, c'est moins la grandeur de vos hwgesses, qui ont été immenses, que la bonne grâce spirituelle avec laquelle vous les avez faites. Il ne suffit pas à la charité, quand elle ^ettlresse à un peuple délicat, d'être chaude et ingénieuse; il faut encore qu'elle ait grand air. La vôtre sentait son gentleman; permettez-moi d'user plutôt du niot de mon pays: elle était d'un gentilhomme.
tJn jour — c était fun des derniers du siège — un obus prussien tomba sur ces merveilleuses serres du
Muséum, qui ont fmt rmlmiralion do F Europe. Il y réduisit tout en ipoudrc, et ne laissa debout que deux ramélias en Heurs. Cest à vous, Monsieur, que les administrateurs du Muséum envoyèrent ces deux pauvres Heurs, échappées à la dévastation, comme un aimable et doux témoignage de la reconnaissance que vous a vouée la ville de P€'iris.
Daignez accepter de mémo ce petit livre qui a poussé sur des ruines. J'ignore quel en sera le sucrés; mais si je souhaite qu'il soit beaucoup lu, cest surtout afin qu'il répande plus loin le nom du généreux étranger qui, durant ces terribles épreuves, a si noblement secouru nos misères et partagé nos périls.
Je vous prie d^^réer, Monsieur, Foxprossion de ma profonde estime et de ma vive sympathie.
Francisque SARCEY.
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