‹ Le siége de ParisChapitre 1 sur 18 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

en changer le cadre, mais j'ai craint de les dénaturer. Après tout, la seule question qui importe est celle-ci : en racontant ce que je voyais, ce que j’entendais autour de moi, n’ai-je pas raconté en môme temps ce que d’autres ont vu et entendu autour d’eux? A’avons-nous pas tous, pendant quatre mois, vécu de la môme existence, pensé, agi, soufTert de la môme manière? Ne nous sommes-nous pas tous offerts au sacrifice nu au com- •bat avec le môme patriotisme? Mes émotions, mes espérances, mes enthousiasmes, mes jugements, 'mes colères, n'ont-ils pas été partagés par tous, les Parisiens? .‘^’il en est ainsi, je suis autorisée à croire que mon tableau , pour n’être qu’un tableau de genre, im tableau d’intérieur, est le tableau exact, fidèle, de I\aris assiégé !

On peut me dire encore que j’ai contrevenu à l’usage , en publiant des mémoires sitôt après les événements accomplis. Soit! mais les ennuis de cette infraction à la prudence sont pour moi, pour l’auteur, et non pour le public.

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Enfin, à ne voir dans ce livre qu'un hommage rendu à Paris, je ne suis pas disposée à le regretter. Même après son insurrection, après les fautes qu’il a commises, après les crimes commis en son nom , j’ai conservé mon admiration pour riiéroïsme que Paris a déployé pendant le siège. Les désordres extraordinaires qui ont suivi ne sont pas un fait isolé dans l’histoire des grands sièges et dos grandes catastrophes. Le devoir des historiens est de chercher, de trouver rexj)lication de ce phénomène, lorsque les esprits seront calmés. En attendant, si les événements que je raconte servent, dès à présent, à faire mieux comprendre ceux que je ne raconte pas, mon plus cher désir sera réalisé.

Ciolfe-.luan, l.^ janvier 1873.

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