AVANT-PROPOS. XXIX
A son retour , il reçut une généreuse hospitalité dans la maison du lieutenant général de la Haye, dont il devint le commensal et Tami.
Quoique sa santé fût encore assez gravement affectée, il put néanmoins, libre qu'il était désormais de bien des soucis , reprendre le cours de ses études favorites.
L'histoire du droit appela d'abord ses méditations. Il remonta jusqu'aux premiers temps de Rome pour en chercher les origines obscures; et, descendant de siècle en siècle jusqu'à lui, il traça cette histoire dans des leçons publiques qu'il lut à ses condisciples (1).
Ces leçons, qu'on avait entendues, on voulut les lire, et on l'engagea à les faire imprimer. Il offrit ce premier fruit de ses travaux à son bienveillant protecteur , voulant acquitter ainsi , autant qu'il était en lui, la dette de la reconnaissance.
On ne sait pas au juste quand il commença à professer comme docteur-régent; seulement tous ses biographes assurent qu*il occupait avec ce titre, en 1569, l'une des chaires de la célèbre université de Poitiers. Cinq ans plus tard , en 1574 , on le trouve, encore professeur de droit , à Angers , enseignant à ses nouveaux auditeurs , dans un discours qui nous est parvenu , ce que c'est que la justice et le droit. II mourut dans cette ville en 1599 ou 1600. Il avait acquis, par ses talents et son mérite, une telle influence sur ses habitants , que deux fois, au conmiencement de la Ligue, il y calma, par sa seule présence, des séditions populaires. Notre dessein n'étant point de rapporter tout ce qui a été écrit déjà sur sa vie , nous n'ajouterons plus rien aux quelques particularités ignorées que nous avions surtout pour but de faire connaître. Pour le reste, nous renvoyons aux auteurs que nous venons de citer, et principalement à M. B. Haureau.
Mais comme les diverses listes que presque tous ces auteurs ont données des ouvrages de Liberge présentent quelques différences , et, à ce que nous croyons, des inexactitudes, nous en insérons ici une autre qui sera plus fidèle, au moins quant aux articles dont
(0 Ce mot de condisciples montre que Liberge n'était pas encore professeur «n titre.
XXX AVA?rr-PROPOs.
I(»s titres ont pu c^lre n«lcv('s par nous sur les livres mûmes. Ils sont indiquer par Tastérisque qui les précède.
* UniverscT juris historiœ Descriptio ex variis auctoribi» collecta, et in Pictaviensi gymnasio exposita, per Mar. Libergeam, Cenomanum. PictavU^ ex offic. Enguilberti Mamefii , 1567, pet. in-4«>(l).
Marini Libergei de praesentis tempestatis et seculi âalattiitate , Oratio. Fietavu, 1567, in-4o (2).
Marini Libergei Oratio de causis calamîtatum Galto, anno 1569. Pictavii, Noecerellus, 1569. in-4« (3).
* Ample discours de ce qui c'est faict et passe av siège de Poicticrs : escrit durant iceluy, par home qui estoit dedans, et depuis envoyé à un siê amy de la ville d'Angers. Avec quelques vers françois, sur la defence de ladicte ville, au très illustre Duc de Guyse, pair de France, imitez du latin de I. V. — A Paris j chez Nicolas Chcsneau , rue S. Jaques, à l'enseigne de TEscn de Froben et du Chesne Verd. 1569. (A la fin.) De Poictiers ce xj septembre,
1569. Vostre obéissant M. Lib. M. (c'est-à-dire Marin Liberge,
Manceau) , in-8» de 72 feuillets chiffr.; plus trois pour leèvers imitez du lattn de I. V. (4).
(i) L)| bibliothèque de Poitiers possède un exemplaire de cet ouvrage rare comme tous ceux de I>iberge. Il c^t dèdlè à Jean delà Haye, lieutenant général de la séné- «•haûméc de cette ville.
(t) Nous n'avons pa découvrir ce voluAie dans aucun des catalogues' on nous l'avons soigneusement cherché ; mais le savant et dévoué M. Pltlon (*) nbiA en a dévoilé rc^astcnce à la Bibliothèque royale.
(:i) Vendu 4 llv. i9 sous en i746. à la vente de la bibliothèque de l'abbé d'Orléans de Rothelin , n« 5694 du catalogue, il vaudrait ai^ourd'hul plus du double.
(4) Il est assez remarquable que cette ir« édition' soit presque la seule qui se trouve dasis les ventes. Void quelques prix d'adjudication qui -pnmvcronlia vérité de ce que nous avons dit » qoè ce n'était qu'à un prix qui all4Ut touiifurt croitsaia ^u'on pouvait se procurer ce livre. Vendu en lyas , vente Soubise, a Xr. ; no 7S0i du catalogue. — isos, vente Méon.avec l' Histoire mémorable du siège de la ville de Satlcerre, 9 fr. » c. ; n<) &572. — isso, Bulletin du bibliophile, ta fr., V. fauve {Kœhler); n« S480. (C'est l'exemplaire de M. Barbier.)— tsio, St-M. ,
83 fr. «0 c, mar. r. . d. s. tr. ; n» tato. — iS44 . comte de A so fr. d.
rcl. V. — M. Brunet, dans son Manuel, t. 11, p. los , dit qu'il s'en trouve deux sortes d'exemplaires sous la même date , et ayant entre eux quelques différences.
(*} M* Pillon est premier employé aux imprimés de la Bibliothèque royale.
AVANT-PHOPOS. XXXI
* Le Siège de Poictiers et Ample discovrs de ce qwi s'y est faict et passé es mois de Juillet, Aoust et Septembre ise» : Auec les nom* et nombres^des Seigneurs, Cheualiers, Capitoinee, Gentilshommes et eompaig&ies tant estrangeres que Françoises qui estoient dedans la ville durant le siège, et de ceulx qui y ont esté blecez ou tuez : Ensemble les Epitaphes Latins et François de quelques^nsdes occis. Par Ma. Liberge. .4 Poictiers ^ par Pierre Boisateau, Imprimeur iuré de TUniversité demeurant en la rue des Jacobins, près le Palais. ^ Avec permission de la Justice. M. D. LXX. in-4« de 3 feuillets lim. et 120 pages (1).
* Le Siège de Poictiers
m: BG. XXI ( ). Pet. in-!2 de 6 ff. lim: et 272 (2):
De Justttia et Jure Oratio in Andegavensis juris auditorio habita anno 1674. ParisUs, Nie. Chesneau, 1674. in-4'».
De Artibus et Disciplinis quibus juris studiosum instructum et omatumiesseoportet; Oratio habita in schola Andegavensi 1591, 1.592. in-8«(3).
On a encore de Liberge :
Deux petites pièces de vers latins. Tune à Charles IX, sur la bataille remportée par son frère , le duc d'Anjou , à Moncontour ; l'autre au comte du Lude. Elles font partie des pièces liminaires de ce volume.
lH>ar noos, la seule que nons ayons ret&arqaée dans ceux que nous avons pn examiner , consiste en ce que les uns ont le privilège au verso du fenlHet de titre, les antres sur le dernier du volume.
(i) Volume d'une extrême rareté , et que M. Bruoet, t. ii, p. 103 de la 4* édition do Manuel ; a cru être un ouvrage différent du précédent. On en trouve un exemplaire dans le catalogue d'une blMtothèque anonyme vendue en i760 par le libraire G. Martin» n* st4s* H ne s'en est peut-être pas présenté on autre en vente publique depola cette époque. La Bibliothèque royale en possède nm^ c'est relui qui nous a fourni notre description.
(s) C'est l'édition que la nôtre reproduit. Quoique beaucoup moins rare que celle de U70, on doit croire cependant qu'elle l'est plus que la première , car on trouverait an moins dix fois celle-ci dans les ventes, contre celle-là une foi» au plus. EUe< est portée danale catalogue Secousse-, n» ft»8o. Liberge retrancha de cette édition 1« vers imllés du latin de I. V., que le premier éditeur avait ajoutés à son livre.
(3) Noos ne connaissons nuUe part l'existence de ces denx derniers ouvrages de Liberge. Us doivent être extrêmement rares.