XVI II AVANT-PROPOS
royaiiinc ((), H iino fuulo de malheurs privés vinrent en même Icmi* fondre sur lui. I^ fièvre quarte le saisit; des parents qui lui étaient rhers, et auprès desquels il avait toujours rencontré les secours de la plus bienveillante amitié, lui furent ravis; sa bonne foi le rendit victime de quelques hommes perfides avec lesquels il eut affaire; les huguenots, à la même époque (mai 1562), maîtres de Poitiers, y semaient la désolation.
^c sachant plus que devenir au milieu de tant de calamités , une profonde tristesse s'empara de son âme, et son esprit ne put conserver la tranquillité nécessaire pour étudier avec fruit. Il craignit d'être obligé d'abandonner la carrière qu'il parcourait avec amour depuis sa première jeunesse. Plus d'une fois , comme il
10 dit , il trembla d'être brisé par la tempête et défaire naufrage.
Pour y échapper, sans doute, il se réfugia à Nantes. Là, les sages conseils et la générosité de deux amis (2) lui rendirent l'espérance.
« Poursuivez votre entreprise, lui dirent-ils; ne perdez pas
» courage Convient-il de se laisser vaincre ainsi par Taf-
» fliction et la douleur?
« Necedemalis!
» Allez , nous vous soutiendrons de notre bourse , si quelque )) chose manque à vos besoins. »
Il revint à Poitiers plus résolu que jamais à se livrer avec ardeur à l'étude du droit. Il y passa deux ans , poursuivant avec opiniâtreté ses travaux. Mais l'ennui , les chagrins et le malheur l'avaient accompagné; la fièvre elle-même continuait à le miner.
11 lui prit alors fantaisie de visiter les villes célèbres de la France , ses plus riches cités , ainsi que celles qui possédaient le plus grand nombre de savants.
(0 On sait que le massacre de Vassy , arrivé le i«r mars i»6s , en fut le signal. Cette date donne celle de l'arrivée de Uberge à Poitiers.
(a) Ltberge appelle l'an de ces amis , en latin , Penaleut. n était in eiteriore Britania ratUmibus regiU audiendU prt^fectus ; ce qae nous croyons signifier trésorier de France. L'autre, cousin de celui-ci, se nommait Gnermengut. C'était un liomme distingué par sa piété, ses vertus et sa science inter coltegas Ifanetensei ecclesiœ. Ces mots indiquent , scion nous, qu'il était chanoine de Nantes.