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Le sieur de Vincennes

Je n ai jamais manqué dans chacune de mes trop courtes visites à Beaumont d’ aller m'agenouiller dans le petit cimetière paroissial où reposent six générations de mes ancêtres. Tous les vôtres, depuis deux siècles et demi bientôt, dorment leur dernier sommeil dans ce même cimetière, à l’ombre de l’église où ils ont été baptisés, où la plupart se sont mariés et où les dernieres prières ont été dites sur leurs tombes. Nous sommes donc un peu gens.

Vincennes est en quelque sorte un prolongement de Beaumont puisque, depuis deux-centquarante-six ans, les habitants de cette seigneurie sont paroissiens de Saint-Etienne de Beaumont. Les censitaires de Vincennes réclament donc avec droit la vieille paroisse de Beaumont comme leur mère.

A ce titre, voulez-vous me 'permettre de vous dedier cet humble ouvrage qui raconte l’histoire dune jamille qui a jeté du lustre sur le nom de Vincennes et partant sur Beaumont que vous aimez comme un fils aime sa mère ?

Croyez-moi,

Cher monsieur le président,

Votre très dévoué serviteur,

Pierre-Georges Roy

Québec, 23 juin 1919.

M. Pierre-Georges Roy,

Homme de lettres,

Membre de lu Société Royale du Canada,

Lévis

Mon cher ami,

Hier, par une journée idéale — car il faisait beau et c’était la Fête-Dieu— je suis passé par Vincennes et, chemin faisant, nous nous sommes agenouillés dans cette église de Beaumont à laquelle nous rattachent tant de souvenirs communs.

J’avais pour compagnon un français, grand connaisseur des choses de l’art. “Oh\ la merveille, me dit-il. Cette église est un bijou. Je n’ai rien vu de si beau au Canada. L’ornementation intérieure est du plus pur Louis X 1 et Louis XVI.”

Cette appréciation vous réjouira, j en suis sûr, comme elle sera sensible à tous mes co-paroissiens.

Inutile d’ajouter que j’accepte avec reconnaissance la dédicace de votre travail sur Vincennes. Vous avez supérieurement indiqué les raisons qui m’y donnent quelques titres •

Cordialement à vous,

Adélard Turgeon

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