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DIX-NEUVIÈME LETTRE

Ce 15 décembre.

Raison de la bénédiction de la table. — C'est un acte de liberté. — Trois tyrans : le monde, la chair, le démon. — Triple victoire du signe de la croix et de la prière sur les aliments. — Victoire sur le monde : Preuves. — Sur la chair : Preuves. — Sur le démon : Preuves. — Remarquable témoignage de Porphyre. — Fait cité par saint Grégoire. — Conclusion.

« Il n'y a que les crocodiles qui mangent sans prier. » Tel est, me dis-tu, cher ami, l'axiome qui résume vos deux dernières lettres.

Ton mot restera.

« Mes camarades, ajoutes-tu, ont été, comme vous dites en France, aplatis par les faits que vous avez rappelés, faits tout nouveaux pour eux. Malgré cela, pas plus aujourd'hui que hier, ils ne font le signe de la croix, avant et après leurs repas. Seu-

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lement je puis le faire impunément : ils ont peur de mon axiome. »

Ces détails n'ont rien qui m'étonne.

Comme tant d'autres, tes camarades et leurs pareils, grands parleurs de liberté et d'indépendance, sont esclaves, esclaves du tyran le plus vil, le respect humain. Pauvres jeunes gens! afin de masquer leur esclavage, ils terminent leurs objections en disant :

Le siyne de la croix sur les aliments est une pratique inutile et passée de mode.

Dans leur pensée intime, ce langage signifie : Tout ce qui ne mange pas comme nous, c'est-à-dire comme les animaux, appartient à l'espèce plus ou moins res~ pectable des ganaches. Les prêtres et les religieux, ganaches ; les vrais catholiques de tous les pays, ganaches ; les Juifs, les Egyptiens, les Grecs, les Romains, ganaches; l'élite de l'humanité, ganache; l'humanité tout entière, ganache; mon père, ma mère, mes sœurs, ganaches; moi et mes pareils, nous sommes seuls sages sur la terre, seuls éclairés parmi les mortels.

J'ai donc à déchirer le masque dont ils essayent de se couvrir. Il suffît pour cela de montrer que la bénédiction de la table avec le signe de la croix, est un acte de liberté, un acte très-utile, un acte qui n'est passé de mode que dans les basses régions du crétinisme moderne. Jointe à la raison et à l'honneur, cette dernière considération justifie pleinementnotre conduite, en même temps qu'elle rend compte de la pratique universelle du genre humain.

La liberté. Trois se disputent la liberté de l'homme, la tienne, la mienne, aussi bien que celle de tes camarades. Ces tyrans sont : le monde, la chair, le démon. C'est pour n'être esclaves aucun d'eux, que nous faisons, et toute l'humanité avec nous, la bénédiction de la table. Nous l'avons vu, et je le répète : ne pas faire le signe de la croix avant de manger, c'est se séparer de l'élite de l'humanité; ne pas prier c'est s'assimiler à la bête. Dans l'un et l'autre cas, c'est être esclave.

La soumission à un pouvoir despotique

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constitue l'esclavage. Le pouvoir despotique est celui qui n'a pas le droit de commander, ou qui commande contre la raison, contre le droit, contre l'autorité. Quel est donc le pouvoir qui me défend de faire le signe de la croix avant de manger, et, qui, si j'ai le courage de lui désobéir, me menace de ses moqueries ? Quel est son droit ? De qui tient-il son mandat ? Où sont les titres qui le recommandent à ma docilité, les raisons qui motivent sa défense ?

Ce pouvoir usurpateur, c'est le monde actuel : monde inconnu dans les annales des siècles chrétiens, monde des salons, des théâtres, des cafés, des cabarets, de l'agiotage et de la bourse; c'est l'usage de ce monde, l'impiété de ce monde, l'épais matérialisme de ce monde : la Béotie de l'intelligence. Or, cette minorité, née d'hier et déjà décrépite, cette minorité factieuse en insurrection permanente contre la raison, contre l'honneur, contre le genre humain, a la prétention de m'imposer ses caprices !

Et je serais assez faible pour m'y soumettre! Et, après avoir fait divorce avec la raison, avec l'honneur, avec l'élite de l'humanité, j'aurais le courage déparier de dignité de liberté, d'indépendance! Vaine parade' Sous les oripeaux de l'orgueil perceraient les 1ers de l'esclave; mon masque troué cacherait mal la figure de la bête. Et le bon sens irait répétant sur mon passage : Mtdas le roiMidas a des oreilles d'âne. Que les indépendants d'aujourd'hui soient flattés d'un pareil compliment, c'est leur affaire. Pour nous autres ganaches, nous n'en voulons à aucun prix.

Honteux est l'esclavage du monde, plus honteux est l'esclavage du vice. L'ingratitude est un vice; la gourmandise est un vice; l'impureté est un vice. Contre ces tyrans nous protègent le signe de la croix et la prière avant et après le repas.

L'ingratitude. Il y a aujourd'hui deux religions : la religion du respect et la religion du mépris.

La première respecte Dieu, l'Église, l'an-

torité, la tradition, l'âme, le corps, les créatures. Pour elle, tout est sacré; car tout vient de Dieu, tout appartient à Dieu, tout doit retourner à Dieu. Elle m'apprend à user de tout en esprit de dépendance, car rien n'est à moi; en esprit de crainte, car il faudra rendre compte de tout; en esprit de reconnaissance, car tout est bienfait, même l'air que je respire.

La seconde méprise tout : Dieu, l'Église, l'autorité, la tradition, l'âme, le corps et les créatures. Ses sectaires usent et abusent de la vie et des biens de Dieu, comme s'ils en étaient propriétaires, ej, propriétaires irresponsables. La première porte écrit sur sa bannière : reconnaissance ; la seconde : ingratitude.

L'une et l'autre signalent leur présence au moment où l'homme s'assimile, par la manducalion, les dons divins nécessaires à sa vie. Fidèle à la religion du respect, l'élite de l'humanité prie et rend grâces. Elle a trop le sentiment de sa dignité, pour se confondre avec la bête; et trop le sentiment

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du devoir, pour rester muette à la vue des biens dont elle est comblée.

Si l'ingratitude à l'égard de l'homme est odieuse, elle la trouve, avec raison, mille fois plus odieuse à l'égard de Dieu. Être esclave d'un pareil vice, est une flétrissure qu'elle n'accepte pas. Honte à celui pour qui la reconnaissance est un poids difficile à porter : le cœur ingrat ne fut jamais un bon cœur.

L'adepte de la religion du mépris rougit de la reconnaissance. Et il mange comme la bote, ou comme le fils dénaturé qui ne trouve, ni dans son cœur un sentiment de tendresse, ni sur ses lèvres un mot de gratitude pour le père, dont l'inépuisable bonté pourvoit à ses besoins et môme à ses plaisirs. « Le Toyez-vous, disait un illustre chancelier d'Angleterre, cet enfant bien élevé qui, assis à la table de son père, mange son pain sans jamais parler de lui, l'outrage souvent par ses paroles, et, a peine repu, lui tourne le dos, comme à l'étranger auquel il ne doit rien (1)!»

(1) Th. Morus, an. Durant), De ritibus, etc., lib. II, p. 5;,9.

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Et parce qu'il s'affranchit du devoir, il se croit libre! Il se proclame indépendant ! Indépendant de qui et de quoi? Indépendant de tout ce qu'il faut respecter et chérir : dépendant de tout ce qu'il faut haïr et mépriser. Glorieuse indépendance, vraiment!

La gourmandise. Autre tyran qui se met à table avec nous. Enchaînant aux viandes la vue, le goût, l'odorat, il jette l'homme en adoration devant le dieu-ventre. Au lieu de parler de l'abondance du cœur, sa bouche ne parle plus que de l'estomac. Ce n'est pas la qualité réparatrice qu'il cherche dans les aliments, c'est le goût. Il ne mange pas pour vivre, il vit pour manger.

En attendant, l'organisme développe son empire; l'intelligence s'épaissit, l'âme devient esclave. La bonne chère est incompatible avec la sagesse. Jamais grand homme ne fut gourmand : tous les saints ont été des modèles de sobriété (1).

(I) Sapientia non invenitur in terra suaviter viven tiura. ( Job. xxviii, I3.J

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Remarque bien, mon cher ami, que je ne parle de la gourmandise que comme recherche des aliments, délicatesse dans lechoix, avidité et sensualité dans le manger.

Trop souvent elle est suivie de l'intempérance. Or, l'intempérance traîne à sa suite un tel cortège d'infirmités et de maladies, que la gourmandise tue plus d'hommes que l'épée : plures occidit crapula quam gladius (1).

Ainsi, Nabuchodonosor, Pharaon, Alexandre, César, Tamerlan et tous les bourreaux couronnés qui jonchèrent le monde de cadavres, ont fait périr moins d'hommes que la gourmandise. Redoutable mystère, qui montre tout ce qu'il y a de profonde sagesse dans l'usage du signe de la croix et de la prière avant et après le repas.

Par là, nous appelons Dieu à notre secours et nous nous armons contre un ennemi perfide, qui attaque tous les âges, tous les sexes, toutes les conditions, et qui tend à nous en- Ci) Vigilia, choiera et tortura viro infrunito. (Eccli., ixxi, 23, et xxxvii, 34.)

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chaîner aux plus grossiers instincts. Par là nous apprenons que manger est une guerre, et que, pour n'être pas vaincus, il faut, suivant le mot d'un grand génie, prendre les aliments comme on prend les remèdes, par besoin, non par plaisir (1).

L'impureté. Commencé par la gourmandise, l'esclavage de l'âme fmitpar l'impureté.

— Qui nourrit délicatement sa chair, en subira les honteuses révoltes. — L'esclave gras et dodu regimbe. — Chose luxurieuse que le vin. — Dans le vin réside la luxure.

— Le vin pur est aussi contraire à la santé de l'âme qu'à la santé du corps. — Bu inconsidérément, il écume en volupté. — Dans l'estomac du jeune homme le vin est l'huile dans le feu.

— La gourmandise est la mère de la luxure, et le bourreau de la chasteté. — Être gourmand et prétendre être chaste, c'est vouloir éteindre un incendie avec de l'huile. — La

(1) Hoc docuisti me, Domino, ut quomadmodum niedicamenta, sic alimenta sumpturus accodam. (S. Aug., Confess., lib. X, c. xxxi.)

gourmandise est l'éteignoir de l'intelligence.

— Le gourmand est un idolâtre, il adore le dieu-ventre. Le temple du dieu-ventre, c'est la cuisine; l'autel, la table; les prêtres, les cuisiniers; les victimes, les plats; l'encens, l'odeur des viandes. — Ce temple est l'école de l'impureté.

Bacchus et Vénus se donnent la main.

— La gourmandise nous attaque toujours :

si elle triomphe, elle appelle aussitôt sa sœur, la luxure. La gourmandise et la luxure sont deux démons inséparables. — La multitude des plats et des bouteilles attire la multitude des esprits immondes : le plus mauvais de tous est le démon du ventre. — La santé physique et morale des peuples se calcule sur le nombre des cuisiniers (1).

(l)Luxuriosa res vinum. Prov., xx, I, — Gula genitnx est luxurias et castitatis carnifex (S Hier He- !)id. monach., c. xxxvi.) - Qui, ventri dum obsèquitur, formcationis spiritum vincere vult, is ei similis est qui oleo incendium extinguere nititur. (S. Joan Chm., Grad., xiv.) — Doo ventri tcraplum est cc~ quina; altare, mensa ; ministri, coqui; immolatœ pecudes, cocta3 carnes ; fumus incensorum, odor saporum. (Hug. a S. Vict., De claustr. anim., lib. II c

Tu viens d'entendre les oracles de la sagesse divine et de la sagesse profane. C'est la voix des siècles confirmée par l'expérience. Quel moyen pour l'homme de conserver sa liberté en face d'un ennemi, d'autant plus dangereux qu'il enchaîne et qu'il tue en flattant? Le passé et le présent n'en connaissent qu'un seul : c'est le secours de Dieu. L'avenir n'en connaîtra pas d'autre.

Le secours de Dieu s'obtient par la prière.

Une prière spéciale a été établie et pratiquée chez tous les peuples, pour fortifier l'homme contre les tentations de la table.

Ceux qui la font n'en sortent pas toujours

xix.) — Esus carnium et potus vini, vontrisque saturitas, scminai'ium libidinis est : undo comicus : Sine Cerere, inquit, ot Libero friget Venus. (S. Hier., ad Jovin,, lib.II.) — Immundi spiritus se magis injiciunt, ubi plus viderint escarum etpotuum. (S. Isidor. Hisp. , De sum. bono, sent. c. xliv, sent. 3.) — Gula semper est in pugna... Si gulam non vieeris, sed ipsa te vicerit, statimadvocatsororem suam luxuriam. (S. Bern., De inter. (Dom., c. xxxix; S. Donav., De pugn. spirit., c. H.) — Gula et Luxuria, conjurata dœmonia. (Tertull.) — Multos raorbos, multa fccula ferunt : innumerabiles esso morbos miraris? coquos numera. (Senec, Ep. xcv, etc., etc.)

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victorieux (1). Et ceux qui ne la font jamais, qui la dédaignent, qui s'en moquent, voudraient nous persuader qu'ils demeurent toujours maîtres du champ de bataille !

Pour les croire, il faut d'autres preuves que des paroles : il faut des faits. Les faits sont des mœurs. Qu'ils montrent donc au grand jour les mystères de leurs pensées, de leurs désirs, de leurs regards, de leurs discours intimes, de leur conduite. Mais pareille exhibition n'est pas nécessaire : nous l'avons chaque semaine dans les bordereaux du scandale et de l'immortalité publique.

Le démon. C'est ici que brille de tout son éclat l'ignorance stupide du monde actuel.

Sans doute le devoir sacré de la reconnaissance, ainsi que l'impérieuse nécessité de nous défendre contre la gourmandise et la volupté, justifient pleinement l'usage de la bénédiction de la table. J'ose ajouter ceci) Quis est, Domine, qui non raptatur aliquantulum extra metas necessitatis? quisquis est raagnus, magnificot nomen tuum : ego autom non sum, quia peccatorhomo sum. (S. Aug., Confess., lib. X, 310

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pendant qu'il repose sur une raison plus puissante et plus profonde. Nous l'avons dit : il y a un dogme dont le genre humain n'a jamais perdu le souvenir, c'est l'asservissement de toutes les créatures au prince du mal, depuis sa victoire sur les pères de notre race.

Tous les peuples ont cru, comme à l'existence de Dieu, que les créatures, pénétrées des malignes influences du démon, étaient les instruments de sa haine contre l'homme, De là, cette variété infinie de purifications; employées dans toutes les religions, dans tous les siècles et sous tous les climats.

Mais il est une circonstance où l'usage de ces purifications se montre invariable : c'est la manducation.

L'université, l'inflexibilité de cet usage au moment du repas, est fondée sur deux faits. Le premier, que le démon de la table est le plus dangereux (1) ; le second, que l'union opérée par la manducation entre

l l) lis qui ad luxum mensarum propensi surit, prieest drcmon belluo maximus, quem ego non verebor

l'homme et la nourriture est de toutes la plus intime: elle va jusqu'à l'assimilation.

De l'aliment qu'il a digéré l'homme peut dire : C'est l'os de mes os, la chair de ma chair, le sang de mon sang.

Voilà pourquoi, les créalures étant viciées, Dieu n'a jamais permis que l'homme perdît de vue le danger extrême d'une pareille communication. Que cette crainte universelle soit la profonde raison d'être du signe de la croix et de la prière sur les aliments, la preuve en est dans les formules mêmes de la bénédiction et d'action de grâces. Chrétiennes ou païennes, toutes, sans exception, demandent l'éloignement des influences malfaisantes, dont les créatures sont remplies.

Veux-tu quelque chose de mieux, et qui sera, pour tes camarades, plus convaincant que toutes les autorités prises dans l'Église? Le plus grand théologien du paganisme,

appellari ventris dœmonom, daanonum omnium pessimum et permciosissimum. (Clcm. Alex., Pœ/og

lit). 11, c. I.) J '

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l'interprète le plus savant des mystères et des rites de l'ancienne idolâtrie, Porphyre, dit en propres termes : « Il faut savoir que toutes les habitations sont pleines de démons. C'est pourquoi on les purifie, enchâssant ces hôtes malfaisants, toutes les fois qu'on veut prier les dieux.

« Bien plus, toutes les créatures en sont remplies ; car ils savourent particulièrement certains genres de nourriture. Aussi, lorsque nous nous mettons à table, ils ne prennent pas seulement place à côté de nous, ils s'attachent encore à notre corps. De là vient l'usage des lustrations, dont le but principal n'est pas tant d'invoquer les dieux que de chasser les démons.

« Ils se délectent surtout dans le sang et dans les impuretés, et, pour s'en rassasier, ils s'introduisent dans le corps de ceux qui y sont sujets. Nul mouvement violent de volupté dans la chair, nul appétit véhément de la convoitise dans l'esprit, qui ne soit excité par la présence de ces hôtes (1). »

(1) Plense siquidem sunt eorum (improborum dos-

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Est-ce saint Paul que nous venons d'entendre ? On le croirait, tant est précise cette révélation des mystères du monde surnaturel. Outre les influences occultes et permanentes des démons sur notre nourriture, Dieu permet de temps à autre des faits éclatants qui révèlent et la présence de l'ennemi et la nécessité de l'éloigner des aliments, avant d'en faire usage.

On lit dans saint Grégoire le Grand :

a Au monastère de l'abbé Équitius, il est arrivé qu'une religieuse, entrant un jour dans le jardin, vit une laitue qui excita son appétit. Elle la prit, et, oubliant de faire le signe de la croix, elle en mangea avec avidité. A l'instant même, elle fut pos-

monum) œdes univers», quas ante propterea ipsis ejiciendis expliant, quotics diis supplicaturi sunt. Quin etiam eorumdem plena sunt corpora, quod certo quodam ciborum génère prascipue delectantur. Itaque recumbentibus nobis non accedunt ipsi modo, sed etiam nostnim ad corpus adhrcrescunt, quae causa est quamobrom lustrationes adliiberi censueverint, non utique propter Deos potissimum, sed potius ut dœmones recedere atque alio migrare cogantur, etc. (Apud Euseb., Prœp. evang., lib. IV, c. xxn.)

sédée du démon, renversée par terre, et en proie à d'affreuses convulsions.

« Le vénérable abbé accourt et se met en prière, demandant le soulagement de celte malheureuse. Bientôt le démon, tourmenté à son tour, se met à crier : Qu'ai-je fait ? qu'ai-je fait ? J'étais sur cette laitue ; elle ne m'en a pas éloigné, et elle en a mangé. Au nom de Jésus-Christ le saint abbé lui ordonna de sortir du corps de cette servante de Dieu et de ne plus oser jamais la molester. Le démon obéit, et la religieuse fut pleinement guérie (1). »

Ainsi, les. faits parlent comme les témoignages ; la théologie païenne, comme la théologie chrétienne; l'Orient comme l'Occident ; l'antiquité,' comme les temps modernes; Porphyre, comme saint Grégoire.

Quelle autorité ont tes camarades à opposer à cette autorité?

Dire que le genre humain est une ganache, et l'usage universel de bénir les

(I) Dial, lib. I, Dial. iv.

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aliments une superstition passée de mode c'est facile, c'est poli et surtout concluant. Toutefois, comme je ne me paye pas de mots, dis-leur que si, pour s'autoriser à ne pas bénir la table, ils peuvent donner une saule raison qui vaille un sou de Monaco, je promets à chacun d'eux un buste au Panthéon.

Et, en attendant, il reste établi que prier avant de manger est une loi de l'humanité ; et qu'il était réservé à notre époque de produire des esprits assez forts pour trouver glorieux de s'assimiler publiquement, deux fois le jour, au chien, au ebat, au crocodile.

Je te laisse sur cette vérité, en t'annonçant pour demain un nouveau point de vue.

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