EGYPTE
3° KGYPTE.
En Egypte, on trouve dans la série des hiéroglyphes la Croix grecque, formée de deux barres égales, se coupant par le milieu à angle droit , et la Croix latine dont la branche inférieure de la barre perpendiculaire est plus allongée que les autres. Ce sont là deux signes extrêmement simples, qu'il est tout naturel de rencontrer dans une longue suile de représentations généralement peu compliquées et faciles à tracer. Leur présence parmi les hiéroglyphes paraît donc toute fortuite et accidentelle. Ils sont même très-peu employés.
Parmi les hiéroglyphes, il est un autre signe bien plus généralement employé, c'est celui qu'on a appelé Tau égyptien ou Croix ansée, figure 65. Non-seulement il ser-
Fig. 63. — Tau égyptien ou croix ansée.
vait dans l'écriture, mais encore comme emblème, qu'on employait isolément, et surtout qu'on plaçait entre les mains de tous les dieux et grands personnages. Ce Tau était incontestablement l'emblème de la vie et par conséquent de la plus haute puissance. M. Letronne, dans ses recherches sur les monuments chrétiens de l'Egypte, a montré de la manière la plus évidente que les premiers chrétiens de ce pays ont adopté ce signe, soit pour établir que le Christ était le principe de vie par
\hk LE SIGNE DE LA CROIX.
excellence, soit comme signe prophétique. Tous ^M es dieux de l'ancienne mythologie égyptienne portant à. i a main le signe du christianisme , le monogramme du Christ, étaient, suivant les premiers chrétiens de PÉgypfe censés annoncer la venue de Jésus, prédire le triomphe futur de sa doctrine, source de vie. Cet emprunt du christianisme aux vieilles croyances mythologiques de l'antique Egypte ne se rattache qu'indirectement au sujet qui nous occupe, cependant il montre très-clairement que les premiers chrétiens n'ont pas craint de s'approprier les emblèmes des anciennes croyances. Il n'y a donc rien d'étonnant qu'ailleurs ils se soient appropriés la Croix, comme ils se sont appropriés le Tau anse en Egypte.
La Croix ou Tau anse d'Egypte a-t-il été employé uniquement par les chrétiens de ce pays ou bien s'estil répandu ailleurs? Cette question a donné lieu, en 1843 et 1844, dans le sein de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, à une savante discussion entre MM. Letronne ' et Raoul-Rochette *. Au fond les deux académiciens diffèrent fort peu d'avis. Tous les deux reconnaissant que la Croix ansée a été généralement
I. Letionne : Examen archéologique de ces deux questions : 1° La croix ansée égyptienne a-t-clle été employée par les chrétiens d'Egypte pour exprimer le monogramme du Christ? 2° Reirouvc-t-on ce symbole sur des monuments antiques étrangers à r Egypte? dans Mém. Acad. Inscrip.et B. let. XVI, 4 pi. Indication qui m'a été donnée par M. Desnoyers, membre de l'Institut.
2. Raoul-Rochette : De la croix ansée ou d'un signe qui lui ressemble considérée principalement dans ses rapports avec le symbole égyptien sur des monuments étrusques et asiatiques , dans Utém. Ac.inscrip. et B. let. XVI. 3 pi.