‹ Le signe de la croix avant le christianisme (volume 2)Chapitre 19 sur 31 · Laurent Rabut : Hab. lac, pi. 4, fig · texte numérisé non relu

Laurent Rabut : Hab. lac, pi. 4, fig

Ce n'est pas seulement sur les poteries des stations lacustres que la Croix s'est rencontrée en Savoie. M. l'abbé Ducis, archiviste du département de la Haute- Savoie, cite * un poignard triangulaire en bronze, décou-

Fig. 70 et 70 bis. — Profil et extérieur d'un vase de Tresserve, 1/4 grandeur. Collection Laurent Rabut.

vert à Fessons-sous-Briançon, en ïaren taise, de 26 centimètres .de longueur totale, poignée et lame. La lame est enchâssée dans la poignée et fixée par six

\ . C.-A. Ducis : Mémoire sur les voies romaines de Savoie, p. 43.

clous. Le pommeau de la poignée est une large rondelle plate, de &5 millimètres de diamètre, sur laquelle a

Fi?. 71 . — Foni intérvenr d'un rase du Uc du Boarget, 1/3 grandeur. Collection MortOet

été gravée une Croix dont voici le dessin d'après M. Dueis, figure 72. Ce poignard dans son ensemble

Fig. "M. - Pommeau du poèfBard ea broc» de Fommn iwwii TTriiiy», 1,* grandeur. D'apces M. Rac».

est semblable à celui figuré ci-après, figure 73. Sa forme générale et les dimensions de la poignée, trop petite pour nos mains. — elle a, tout compris. 8 centimètres de long. — prouvent bien qu'il date de la plus haute antiquité, de Tépoque du bronze. (Xote C.)

M. Augustus \Y. Franks* Président de la Société archéologique de Londres, dans ses Horœ ferales 4 , a ligure un poignard tout à fait analogue trouvé, dit-il, à la Guillotière. Lyon* figure 7o. Le pommeau, ajoutet-iL est une plaque ovale qui porte gravé un dessin en

L A^W. Fiuxis H^r •'*»■>*. ;n-i'. pL T. d*. 8. p. 35.

forme de Croix. J'ai vu ce dessin dans l'album de M. Troyon. C'est une Croix parfaitement caractérisée, à peu près semblable à celle du poignard de Savoie,

Fig. *73. — Poignard en bronze de la Guillotière, d'après M. Pranks. British Muséum.

mais incluse dans un ovale et avec un carré lisse au centre.

Ces Croix des poteries et des poignards, antérieures à l'ère chrétienne, nous les retrouvons encore sur les monnaies gauloises. M. A. Roujou a découvert, sur la rive droite de la Seine, à Choisy-le-Roi, près de Paris, une monnaie gauloise moulée, portant au centre du revers une Croix très-nettement dessinée garnie entre les

Fig. 74. — Monnaie gauloise de Choisy-le-Roi, grandeur naturelle. Collection Roujou.

bras de quatre petits ronds. Cette Croix est entourée d'une espèce de serpent, de deux oiseaux et d'une étoile, figure 74. La même monnaie a été trouvée à plusieurs exemplaires près d'Arthenay (Loiret), et figurée par M. de la Saussaye *. Arthenay a aussi fourni plusieurs

4. De la Saussaye : Revue de numismatique, vol. II, 4837, pi. 3, fig. 7.

autres types avec une Croix analogue 4 . Cette Croix se retrouve encore sur les deux faces, tête et revers, de monnaies gauloises, tout à fait différentes 2 . Elles ont été découvertes en 1835, au village de Crémiat-sur-Yen, près Quimper, en défrichant une lande. Un vase de terre brune en contenait environ deux cents avec de la cendre et du charbon. Ce trésor, qui paraît être en même temps une sépulture, était enfermé dans une caisse formée de quatre pierres plates, recouvertes d'une cinquième.

Les premières monnaies avec tête ont très-probablement été introduites en Gaule par Marseille. Mais ces monnaies ne semblent pas s'être disséminées beaucoup en dehors des stations phocéennes du Midi de la France. "Ce n'est qu'au retour des Gaulois qui avaient fait une excursion jusqu'en Épire,que les monnaies à tête se sont répandues dans toute la Gaule. Us avaient rapporté beaucoup de philippes de Macédoine en or. Ces philippes eurent un cours général et furent imités d'abord assez servilement, puis avec des modifications qui peu à peu finirent par les transformer. C'est là l'origine de presque toutes les monnaies gauloises à tête. Les premières monnaies essentiellement gauloises paraissent avoir été les rouelles, petites roues à quatre rayons formant la Croix, évidés dans les entre-deux, figure 75.

Ce n'est certes pas là une forme de monnaie simple et commode. Si elle a été choisie, c'est évidemment

1. Vergnaud-Romagnesi : Revue de numismatique, 4836, vol. I. — De la Saussaye : /d., 4836, vol. H.

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