‹ Le Signe de la croix avant le christianismeChapitre 13 sur 32 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Si de l'Emilie nous nuus diri^.'ims vers l'cxli'i'inilô sud du lac Majeur, nous trouverons à Colasecca, sur le plaluuu de Somma, de nombreuses tombes apparlenant à la même civilisation que celles de Villaiiova. Nous y verrons la Croix d'un usage encore plus général et plus uniforme. Nous la iviinHitrcn.ms dans chaque st'puUui-e et même plusieurs fois répétée.

Le grand plateau entre Gallarate et -Scsto-Calcnda,

). Co chapUro a. r.n jjracnli- partir, |iam ilan. l,i /ternit- arckiolugique, iïtuHI ilirigi! a ni; liraucuiip il<- wrair el ik> talent |ur M. Alfiiinilrp Hrrlrand.

TOMBES DE GOLASECCA

a surfaces à p™ pr.\.-; pkmes. s'élèvent de intinhrciix monticules rniupn;^ de bouc mêlée à des blocs erra-

Ces monticules fout partie de la moraine terminale du L"i\nul i;lai'ier du Tussiit. qui. anltvfi'is. drpuis le sommet dos Alpes, se prolongeait jusque sur ce plateau.

Ce sol argile-pierreux, d'assez mauvaise qualité, est en partie resté inculte, a l'état do bruyères, ou bien se trouve recouvert par des buis, principalement du pins. C'est dans les bruyères des environs de Somma que chaque année l'année italienne va camper pendant la belle saison et s'exercer aux manœuvres do la guerre.

Le plateau de Somma est traversé par la grande roule de Milan au Simplon. Au sud-ouest do cette route, entre Somma et Soslo-Calciida, au milieu de la région coupée par l'ancien tracé, dans l'espace Iniingiikiire compris entre Sésiiiiu. ^estu-Calemla cl Golasecea, ou a signalé depuis longtemps un très-grand nombre de vieilles sépultures. Elles ont été décrites, en 1824, par Gio-liat lista Gianî, dans un ouvrage intitulé ; Balaiik

ponte juITÏcimo, dut 4.-lla ii'illinjlm c dette tombe de' Ro ode' Haïti in esta perili. Jlilun, )8ïi, in-x, 3i i p., 10 pl. El A) diec ail' opéra iutitatata hitttti/lht il,-/ Tieino. Milan, 1a!il,

Le tîlrc do cet ouvrage sullil pour montrer que le piMfcssi.iur CiiLiij fai.-ai! roiiiuiilcr les tiuiihcs des environs do Golasecca cl de .Sésuiia à deux cents ans avant l'ère actuelle.

Plus lard, M. B. ISiondelli professeur de numismaliqne et d'archéologie ait palais llréra, à Milan, considéra eus tombeaux comme ayant appartenu aux Celtes. [|ui. suiiaul 1'liisloiro. ont habité la Caule cisalpine, au nord th l' iLalii!. avant b ojcqiiéit! ili s lluiiiidiis. D'après cette opinion, le; tombeaux de Golasecca et de Sésona seraient probablement beaucoup plus anciens que ne !e supposait Giani.

Ges àou\ iiilerprélatinns reposent moins sur l'élude des tombeaux eux-mêmes i]ue sur nue question d'étymologie. Le poînl sur lequel on rencontre le plus de sépultures se nomme Cornéliane. Donc, dit Giani, il

10 MUES DE GOLASECCA. loi données étymologiques pour être renseigné sur les lombes, je vais examiner avec .soin les lombes cl lus- mèi nés

la meilleure manière de faire de l'archéologie, quand il s'agil de temps et de lieux îi peine me

Krilin, une dernière dalle, parfois deux, servent de couvercie. Dans quelques tombes, les angles soûl garnis d'éclats de pierre s'cnclicvêlranl les uns avec les autres et bouchant les vides occasionnés par l'irrégularité des dalles. .Sur le premier couvercle se trouve quelquefois une seconde dalle, le lou! surmonte de terre mêlée de cailloux. Dans quelques cas il ; a aussi, cuire les deux couvercles, de la terre mêlée de cailloux» sous-sol ordinaire du pays.

Dans certaines lombes le fond, les parois, et surtout

LF. SIGNE DE LA CROIX

le couvercle, sont formés dp dalles énormes. On en voit qui atteignent près de doux mètres, tant en largeur qu'on longueur, et plus de trente centimètres d'épaisseur.

Deux tombes île relies étudiées par Ciani, pavées en cailloux, avaient les parois formées d'nn mur il sec, fait avec de grosses pierre* roulée*, le (ont recouvert d'un infurme fragment de pierre triangulaire. lue autre tombe avail trois pani-s en dalles, la quatrième paroi ot Eu fond étaient faits en pierre? roulées.

Toules les lombes trouvées un lieu Ni Mcmsorinn el i|(ii'li:i[i^-u:ie.- de Ij ("[jniéliiiiK! avaient le fond el les parois on pierres roulées et deux ou trois fragments irréguliers de pierre pour couvercle, linfin, quelquesunes, spécialement dans la Midavallc, n'avaient que lu fond sans parois et sans couverule. Il en est même qui étaient privées de fond.

Toutes ces tombe* élaieiit enterrées, mais à diverse* profondeur*. Par suite du dénudations , sur certains points elles se trouvaient à Heur de terre el laissaient même voir une partie de ieur couvercle. Habituellement elles étaient recouvertes d'une quantité de terre plus ou moins grande, qui atteignait jusqu'à un mètre au-dessus des doubles couvercles.

En général, les lombes qui semblaient les plus distinguées se trouvaient sur les points les plus élevés, spécialement sur le sommet des collines de la Cornéliane. .Sur le* pontes et dans In plaine, les tombes élaient presque toujours disposées en ligne droite, espacées le* itnes des autres d'un peu plus ou d'un peu moins de

TOMBES Dl

GOL/ISECCA.

trois mètres. Il yiwait pourtant des tombes isolées, particulièrement celtes situées sur le sommet des bailleurs.

Beaucoup moins heureux que Giani, je n'ai pu explorer qu'une seule tombe. Elles se font rares maintenant, et les plus faciles a découvrir ont déjà élé ouvertes. Lorsqu'on va à la recherche, on s'arme d'une longue tarière en fer et l'on sonde le terrain ; si la tarière est arrêtée par une pierre, au moyen de plusieurs sondages voisin*. cni[vi?]iab: oineiil dispe-és. nai s'assure s'il y a bien en ce lieu une dalle de certaine dimension. La dalle reconnue, on commente les fouilles ; elles sont parfois couronnées de succès, parfois aussi cites sont infructueuses, soit que la dalle ait appartenu à une tombe déjà explorée, soit qu'elle ne représente qu'un simple

quadrilatère irrégulière, formée par quatre dalles de pierre, recouverte d'une dalle plus grande et plus grosse; le fond était pavé a\ ec des éclats de dalles; des éclats plus petits garnissaient les interstices laissés vides par suite de l'irrégularité des grandes dalles. Tous tes matériaux provenaient de roches gnoissiques eL micatchisleuses. si abondantes parmi les blocs erratiques disséminés dans tout le pays. La tombe a donc été construite avec deux ou trois de ces blocs refendus ; ils ont fourni aussi les matériaux de toutes les autres tombes. Ce sont les seuls matériaux de la contrée.

Quel que suit le soin avec lequel a été faite la caisse, la terre a toujours envahi l'intérieur; mais c'est une terre lrès-fme plus on moins argileuse, plus ou moins

lui LE SIGNE DU LA CROIX.

suivant les lieux. On voit qu'elle a filtré lentement à travers les fissures des parois el s'est introduite peu h peu a l'intérieur, amenée par des actions Ires-faibles! niais Irès-lougucmcul prolongées. Dans les caisses se trouvent des vases, comme nous le disons plus loin; tous ces vases, même t|it;mrl ils sont couverts, sont aussi remplis par la terre line.

Pour ce nui regarde les lombes dans leur ensemble,

devenue la eollerhoii l.iani. J ai appris qu elle avatl ele déposée, par Giani lui-même, clieï. M. Uboldi, ancien banquier milanais, qui possédait une magnifique galerie d'armes. Le but de M. Giairi était de mettre ainsi sa collection à la disposition de toutes les personnes qui voudraient l'examiner.

Du vivant do M. Uboldi, je suis allé la voir; malheureusement elle se Irouvail derrière des vitres tellement poudreuses el obscurcies, qu'il m'a été do loule impossibilité de rien étudier. J'ai prié le propriétaire de in 'ouvrir les \itriii'>; il a accueilli si-aeteusenieiit ma demande; niais après plus d'une demi- heure d'essais et de recberebcs, il m'a déclaré ne pas savoir ce qu'était devenue la clef.

Depuis je suis revenu a. la cliargc; mais, enlre deux, M. Uboldi était mort, el cette fois j'ai tout trouvé

TOMBES UK GOLASECCA.

Mêlant adressé au neveu de Giani, j'ai acquis tout ce que son oncle avait laissé a la maison, au moment de sa mort.

De plus, j'ai pu librement étudier un grand nombre d'objds |)]'ijvuii;ii]l de ces m; pull tires et qui se trouvent chez M. le marquis Dalla liosa, à l'établissement des bains de Salso-Maggiore, près de llorgo-Sau-Donino, Parmesan; au musée des antiques de Parme, donnés par M. Dalla Rosaj au château <le Somma, cliez H. le marquis Hnnes Visuoilli ; chez Al. l'avocat Oalli. également ii .Somma; chui M. lu professeur lliondelli. à Bivra. Milan ; die/, le ciuc de Scslu-Cnluiida, et dans la collection créée par M. le professeur lïarioloméo Gasfakli, à

l'r-aj^jnf jits d'os brûlés enfermés dans des vase*. L'incinération était évidemment un usage général dans le pays, à celte époque.

Dans chaque tombe se trouve commun émeut un grand vase contenant des fragments d'os mêlés à des cendres; c'est l'ossuaire ou urne cinéraire. Un vase plus petit, en forme de large coupe, recouvre l'urne; a coté il y a un vase accessoire, généralement lics-pclit. Parfois, pourtant, dit Giant, il y a doux ossuaires et un seul vase accessoire; ou im ossuaire et deu.v vases accessoires; ou bien encore un ossuaire, un var-e accessoire et deux coupes. Dans les lombes formées de pierres foulées, lliaiii n'a trouvé, le plus souvent, qu'un ossuaire. Au contraire, dans les lombt-s de luxe, il y avait par-

Tois un pclil vase accessoire dans l'ossuaire même. C'est ainsi que s'est trouvé celui que M. Calli possède, ressemblant à la figure 51.

La plupart îles vases dans les tombes sonl renversés, découverts mi brisés. Un petit nombre, restés intacts, conservent la posilion verticale.

Dans les ossuaires, nu milieu des cendres et des débris d'ossements, se trouvent des objets habiluellement

charbon ; ce sont probablement les restes du bûcher. Au milieu des cendres il y a aussi parfois des objets en métal .

La ïambe que j'ai ouverte contenait, posée sur les cendres, une toute petite urne cinéraire renfermant, avec les débris d'ossements, d'eux grandes fibules, une petile, efuu petit bracelet, le tout en bronze. Cette urne était recouverte d'une grande coupe figurée page iH et avait à suri coté un vase accessoire alTeetanl la forme d'une loule petile unie; la petitesse de l'ossuaire, celle d'une des fibules et du bracelet, montrent que celte tombe est celle d'un enfant. Les deux grandes fibules sont probablement celles du père et de la mère.

Les poteries portent la Iracc du tour et sont trèsbien cniles, ee qui prmive qu'elles ont passé par le four à potier; les unes sont !t pâte très-fine, faite avec de l'argile parlai! eu inil lavée et. décallléc; d'autres à .pâle

mant de petits grains pierreux dont le but était d'éviter les gerçures de reliait peiidaiil la dessiccation.

TOMBES DE GOLASECCA. 1117

I.c fond do In pâte csl rouge; cependant, la plupart dus vases sont noirs'; cela lient à ce qu'une matière du celle couleur a été ajoutée à la surface, tant intérieure qu'extérieure. Certaines poteries sont d'un si beau rouge qu'il peut bien su tain; qu'uni.' îna'ièn: colorante de celte nuance y ail aussi été ajoutée. Sur tes poteries noires et d'un beau rouge, les parties parfaitement lissées, passées au brunissoir, si je puis m'exprimer ainsi, prennent un aspect brillant, connue vernissé, qui se détache tri''s-netlemer]t sur le reste du fond, qui demeure mat. C'est un effet tout analogue à celui qui se produit sur

poteries. M. C.alli. du .Somma, possède un magnifique ossuaire a surface extérieure entièrement brillante, sauf vers le haut, où se trouvent trois l'anus de petite* lignes mates faisant zigzag.

Je donne le dessin, ligure /|8, d'un ossuaire qui me vient de Giani, et qui présente en haut la même ornementation que l'ossuaire de M. Calli. Le mien a de plus sur la panse une série de larges bandes alternativement mates et brillantes. I.e petit ossuaire de ma tombe est aussi presque entièrement brillant à l'extérieur, sauf vers le haut, où il y a des triangles mats, au-dessous d'une large bande formée d'un réseau mat et brillant. Celle décoration consistant en un quadrillé réticulaire est répétée très- fréquemment, surtout sur les coupes et parfois sur les vases accessoires.

L'ornementation noir mat et noir brillant est fort

commune ; celle muge brillant sur nuise mat est beaucoup plus rare. Giani en cilc Irais nu quatre exemples, et je n'eu ai vu qu'un tout pelit échantillon, débris du ses culli'r.lioiis ; i/o solil îles chevrons .successils eriferuit\s cuire deux lignes, h liait rouge brillaiil sur fond mat.

Sur lès coupes, je 11 ai iicinenliitimi ; il on est gé

encore deux lout h [ait op

en relier entourant le vase sont habituellement au ni qui? Viseonli a un forl bi

TOMBES lin: GQLASEOCA.

mifquja Dalla I\usa en possède un en moins bon état, ut j'en ai plusieurs l'ranitieuls |)ri)voii;ui( (lu (iïnrii.

Le second est un j;enre luni h fait inverse : l'ornementation, au lien d'être en relief, est en creux. C'est nue gravure ;i la poinle l'aile sur la |iiïli- fraiehe avant la

cui>~oi). i:o"i;eiire <l' i ii'i it .il luil esl liiou plus commun ([ne le pi'tauHlent ; il ne se pratiquai I en général que sur de très-grands ossuaire. Ou peut eu voir de trèslieaux spéeiiueiis au Valeutino. dur/, le marquis Ualhi Rusa, elle/ lu curé de Scslu-Caleuda. el j'en ai acquis

moi-même d'assez, jolis, provenant- de Giani, entre

autres celui qui est représenté figure A.9.

Les sujets sont peu variés ; ils se cuiiipiisenl toujours d'un motif essentiel, fniulriiiieiilal. la pyramide formée par «ne ligne coupant une série de lignes parallèles. Ce motif est simplement combiné avec des lignes faisant, le tnur du vase et d'autres lignes fort, courtes, se coupant en formant des X ou do petits quadrillés réticulaïrcs.

Les ossuaires ou urnes cinéraires viirienl beaucoup de grandeur, niais peu de forme; ce sont toujours de grands pots ventrus, il ouverture assez. rolrécie. à hase plate. Gïani en cite cependant avec, tu»: espèce de pied très-peu élevé, mais je n'en ai pas vu. Pour ce qui conrerne 1rs dimensions . voici quelques mesures qui peuvent eu donner une idée : largeur au point le plus dr'vi'lijppé de la panse. 15, 21 et 27 centimètres ; hauteur, 17, 2;J et '21 centimètres, domine certainement je n'ai pas mesuré les plus grands et. les plus petits, on

Sur la panse de l'ossuaire de M. Galli, on a pratiqué en face l'un de l'autre deux petits trous, après la cuisson du vase, en agissant du dehors on dedans; l'un est resté vide, l'autre a été bouché i. l'époque de la sépulture. J'ai remarqué un trou semblable dans un

ii .pu. ut <1 urt.i ■ n..;rair-- n«ir-; si» M l-> nur-i-Ji' ''*-conli. Mon petit ossuaire a aussi un trou hiléral pratiqué du dehors en dedans après la cuisson du vase; mais l'ossuaire figuré page 108 n'en a pas trace.

Les ossuaire à ligues circulaires en relief sont tous

TOMBES DE GOUSECCA. 111 il pâte l.i's nsHKiiivs il 1,1 iieMieiilalidll^- gravées

J';ii ili: qu'en #''m'i';t! 'es ussmiii'us seuls i Don Irak-nt ces deux genres d'oniemenlaliou. Celte règle n'esl |>as absolue. H. le marquis Dalla Rosa a recueilli trois vases accessoires de la forme et grandeur d'un gobelet ordinaire, avec des lignes en relief au pourtour, mais du pâte brune. M. Biondelli possède un vase de la forme des ossuaires, mais bien plus petit, en terre rouge, avec des ornements gravés en creux,

Giani ne cile aucun ossuaire avec des anses. Le pelit ossuaire une j'ai retiré moi-même du sol en a eu de pcliles. Iriis-iîto iii.es, tout à l'ait en hatil, de chaque eoié. Mn:s comme m .- iin-e-i ^è.iiiiieul ;iour lenuec l'ouverture, eu aliuuclianl la coupe dessus, ou les a îi demi sdecs, puis délaeliécs en les cassant. Les parties sciées et celles rompues se reconnaissent encore très-nettement.

Les coupes qui sont ^tiuurlres sur l'ouverlure di's

ossuaires et les recouvrent, sont Irès-peu variées de tonnes et de dimensions, files son! Imites à pied; le

li'ji'd supérieur l'sI presque le ni juitrs replié en dednas. Il

Les ossuaires, malgré leurs £iïim.les diiNen.-ieiis. son! LTéiiéridetneil! à parois l'uil minces; un peut iii^ne dire fjui: quelques-uns sont à parois snbliles. Les cou|)cs. au contraire, sont à parois épaisses et solides; elles sont toutes heaucuup plus solides que les ossuaires et que les vases accessoires.

En effet, ces derniers, très-variés de formes, sont légers el élégants; la forme la plus continuité est celle représentée figure 51.

On la retrouve partout, chei MM. Dalla Bosa, Biondelli, Visconti, Galli. chez le curé de Sosto-Ca-

lenda. i£ii Valenlino. diins ma cotU;i;lion. J'ai dlé dus Vases accessoires rcsseiiiMaul il des gobelets ; un en rencontre affectant la forme d'urnes cinéraires on diminutif; Giani en figure avec un pied et deux anses. Mais ces diverses formes, surtout celles figurées par Giani, sont rares et exceptionnelles.

Giani prétend avoir renconlré quelques-uns de ces

TOMBES DE GOLASECCA. 113 petits vases accessoires porlant dos caractères, dos lettres, qui paraissent se rapprocher des caractères étrusques, et dans sun murage M ligure six île ces vase.'

pouvoir examiner ces pièces cliei M. Uboldi, que H. Biondelli déclare qu'ayant observé avec soin un grand nombre de vases et de fragments, il n'a pas pu reconnaître la moindre trace d'écriture. Seulement il a trouvé, sur le vase n* 17, pl. û, de Giani, possédé par Ubnldï, les lettres figurées dans le dessin, mais qui sont gravées de (elle série qu'en dirait qu'elles viennent d'être faites. Et il ajoute, je traduis textuellement, qu'une

inscri/iliim sur de* monuments de telle furme, de. ce style, el de. ce temps serait rumine des enfants et des roses sur des troncs d'ormes et de chênes.

Sur la cheminée du cabine! de travail de M. Biondelli, à Bréra, j'ai vu un petit vase accessoire sur lequel nul été gravés en creux, après la cuisson du vase, deux lettres ou signes très-mal fails. .le ne puis rien dire de positif concernant ces deux signes. Cependant ou ne comprend pas pourquoi Giani aurait commis un faux archéologique, qui ne lui était d'aucun profit ni d'aucune utilité pour sa théorie.

Quant k l'imperfection de la gravure et à son aspect récent, qui sunl 1rs dent ;:ivi:hU ,ir::ioi;o;its que fa if valoir H. Biondelli dans le cas présent, ils n'ont pas une bien giaiide valeur. En elïel, je me suis procuré un

petit vase accessoire, parfaitement authentique, trouvé dans un tombeau, au débouché, du tunnel du chemin de fer, d» cûlé de Sesto-Caleuda, portant sur son cou trois

barres gravées on creux, il line munière assez grossière.

en forme dclaoix mi de \. Pourquoi des lettres n'anraienl-elles pas été gravées de même et u 'auraient-elles pas conservé lu même aspect?

Enfui ce qui (luit dissipai' Ions les- doute», c'est qu'à Villanova, découverte qui a eu lieu longtemps après la publication de Glani, une |iartie des signes gravés le sont très-superficiellement et présentent le même aspect que ceux de Golasecca. De plus quelques-uns des signes sont semblables dans les deux localités.

En fait de poteries, il ne me reste plus à citer que linéiques fragments re.-ueillis par M. le marquis Huila Itosa ; ce sont les débris, malheureusement l'oi t incomplets, de deux vases entièrement brisés. La pâte est rnii^eàlre à l'intérieur H noirâtre au pourtour. Ces vases ont été façonnés à la main, el sur la l'ace extérieure un a modelé en relief des arbres el des animaux, chiens, cerfs, lièvres, canards ; il y a aussi îles quadrupèdes ailés et des animaux a téle d'homme revêtue d'un casque presque triangulaire. Ma':;:v |i > ru,iiiiaii\ ;,j|é.j ei ri tête il'liuiiune, ou vnii que l'arliste. Iiien primiiif, bien inhabile, s'est inspiré de lanalnre locale, au lieu de retracer des types orientaux, lions, titres, etc. Au pourtour intérieur, ces fragments portenl, gravés en creux, de ces petits ronds concentriques avec un point central, si caractéristiques.

L'intérieur des ossuaires ou les cendres du pourtour

c milieu ne lit parfois de ces glands en terre, de forme plus on moins conique, percés d'un hou au centre, que nous avons déjà vus dans les icrrnmares et à Villanova. et qu'on retrouve encore dans les tombes romaines et même mérovingiennes.

Parmi les objets en métal rencontrés dans les ossuaires et dispersés au milieu de la cendre du fond de la, tombe, les plus abondants sont, sans contredit, 1rs libulcs en brome. Elles se divisent en deux types bien dislincts : le plus habituel se compose, comme corps de la fibule, d'un bourrelet ovale; très-allongé et arqué, formé d'une feuille métallique remplie à l'intérieur d'une espèce do mastic terreux. Les deux extrémités amincies de l'ovoïde sont ornées supérieurement d'une série de lignes parallèles profondément gravées en creux, n'enveloppant que la moitié de la circonférence, ce qui fait que le dessous reste lisse. Le milieu de l'ovoïde reste aussi habitucllemeni lisse dessus et dessous; cependant, parfois, dessus, la lame mcltdiiqui est percée d'un certain! nombre de Irons arrondis, formant trois ligues, remplis de petits boulons d'émail, espèce d'yeux à doux ou trois teintes concentriques. Une seule fibule, que je possède, provenant de Gianî, est toute gravée supérieurement; au centre il y a une troisième série de ligues parallèles creusées pii^eidéinoat. cl i titre tes tuesséries de ligues deux bandus formées par des liaeimms Unes, obliques, s'entre-croisant.

Au bout supérieur de l'ovoïde est fixée l'épingle ou ardillon qui, près du point d'attache, se replie deux ou trois fois en spirale pour former ressort.

Ilfi LE SIGNE DE LA CHOIX.

Le boni inférieur se prolonge, en Irùs-long appen-

par son extrémité, qui se termine en petite boule supportant un petit disque aplati, semblable a une tête de style, ou bien, plus rarement, une autre boule de moindre dimension.

Le second type de fibule est enlié renient dilTérenI, sauf pour ce qui concerne l'appendice canaliculé. Il n'y a pas de corps de fibule proprement dit. La fibule se compose simplement d'un fil de brome replié au milieu trois fuis sur lui-même, comme pourrait le faire un serpent, puis recourbé en rond une fois ; ces plissements constituent tout à la fuis le corps de la fibule et le ressort; le fil de bronze s'arrondit ensuite largement en demi-cercle et vient former l'épingle; à l'autre bout il se soude à, l'appendice canaliculé. Au milieu de l'arc de cercle, entre le ressort et l'aiguille, se trouve une large rondelle, pour arrêter l'étoffe du vêlement.

Cetle forme de fibule, beaucoup plus simple, étaii destinée aux moins riches et aux enfants. En effet, dans le tombeau que j'ai fouillé, la Unité petite libule était de ce type, tandis que les deux grosses trouvées en même temps appartenaient à l'autre type avec bnunelet ovoïde. Giani dit qu'il a surtout trouve le type filiforme dans le Galliasco et quelquefois dans la Coniéliaue.

Les autres objets en brome sont :

Des rondelles Irès-miiifes. percées d'un trou au

TOMBES DE OOLASECCA.

milieu, ornée

s au repoussé de

cercles concentriques ou

de pointillé ;

Des aime

aux Irop étroits,

et souvent même trop

épais, pour è

s. UoikIuIIus et anneaux

fibules pour retenir les

étoffes. Gian

enconlré quelques fibules :auet leur rondelle, et il

l'a supposé (mmi. Son imagination, je crois, a faussé un peu sa vue. A moins qu'il n'ait admis comme étant de celle époque des bracelets en bronze, avec tèle de serpent, très-dislincte, provenant de tombes du ut* et du îv* siècle de noire ère, existant sur le plateau de Somma, surtout dans les environs de Vergiate ';

Divers autres anneaux de fonnes et grandeurs variées, dont l'usage ne peut pas être précisé;

De pelils grelots dont l'ornementation consiste en petits ronds avec le centre en émail;

De nombreux fragments de chaînettes, généralement divisées en très-petits morceaux et fort altérées. C'étaient des insignes ou objets d'ornement, comme on

1 1 H I.E SltlNR DE I.A CHOIX.

peut s'en assurer par un Échantillon que je possède. Il provient de la tombe isolée découverte en faisant la grande tranchée a lalète ouest du tunnel entre Vcrgialc cl Ses to-Calcuda. Il se compose d'une grande agrafe à I;k|iic1Ic étaient suspendues une huitaine de ces petites cliainelles assez longues. Chez H. le marquis Dalla Rosa, j'ai vu une de ces chaînettes terminée par une petite pendeloque.

Du tombeau de la tranchée ouest du tunnel entre Vergialc cl Sesdi-Caleiula. j'ai en aussi un petit ressort

Il reste à citer quelques pluques-a^rafes de ceinturon, entièrement unies, avec des onglets latéraux pour les fixer au cuir de la ceinture, .t'en ai une, qui me vient de Giani, très-curieuse, en ce qu'ayant été cassée du vivant de son propriétaire, on l'a grossièrement raccommodée au moyen de deux rivets en fer. M. le marquis Dalla llosa en a une autre encore plus intéressante. Elle est découpée a jour, et présente, au milieu d'arabesques, une intention de représentation humaine ; c'esl toul ce qu'il y a du plus grossier et de plus primitif comme ligure.

Les objets en bronze sont souvent à demi fondus, déformés, ou bien soudés encore à du charbon, ce qui prouve qu'ils oui passé, au moins en partie, au bûcher. Cependant Ions les objets n'étaient pas bridés avec le cadavre, puisque Giani cite deux anneaux en ivoire ou

TOMBES DË GOLASECCA,

en os, el que M. Dalla Rusa a découvert de l'ambre formant collier et fibules.

Les objets en fer sont peu nombreux et fort filières. Cependant ce métal est suffisamment abondant pour montrer qu'à cette époque on savait déjà parfailcmenl l'utiliser.

Je ne sache pas que les métaux précieux, or et argent, aient jamais lîlé cités. M. le marqni- Dalla Uosa. qui a fouillé les tombes les plus riches, n'eu a pas découvert. Les fouilles de M. Dalla Boaa, au lieu d'avoir été failes exclusivement sur le plateau de Somma, ont eu lieu plus près de Sesto-Caieiula, surtout à San-

SL'. j to-< Stimula, sur la pinte ilu coteau. Parmi les va-es donnés k M. fiaslaldi par le etuv de Seslu. qiielqiu'suns sonl indiquée oui nue île Salit-Anna, au nord-ouesl de la cure.

D'après Giani lui-même '. de l'autre côté du Tessiu. rive droite, près de la caséine Brebbia. sur le territoire inférieur de làislellelto. le Ions du chemin qui suivant le Tessiu conduit à Itorgu-Ticino, mi a découvert des tombes semblables à celles de la Cornéllana, avec ossuaires, divers autres vases, iibules , bracelets el petites chaînes. Dans un ossuaire on a, entre autres, rencontré avec des fibules et divers objets un très-beau collier d'ambre, dont les perles avaient la grosseur d'une noix et étaient encore pellticidcs.

1. fi. H. Guxi : Gasîiltit di U'iIum. ti dêrambre 1811, cl Appendice, p. îi pi

LE SIGNE DE LA CHOIX

Maintenant que nous amnaissons parfaitement ces tombes, si nous voulons rechercher !i quelle époque elles peuvent remonter, nous observerons d'abord qu'elles contiennent du fer, ensuite qu'elles n'ont absolument rien de romain; double observation qui limitera, nos redmrdiCK dans mit période, bien circonscrite.

L'absence complète d'objets romains suffit pour renverser i-ti i ijj ij : i nen L la théorie de (liiini. Si la Girnélïane et les environs contenaient les tombes des soldats

puis, commenl expliquer l'absence absolue de monnaies? Deux cents ans avant notre ère, les Romains avaient non-seulement des monnaies de bronze, mais déjà des monnaies d'argent. Les Carthaginois avaient Également des monnaies. Les lombes de la Cornéliane et des environs soid donc plus anciennes. Les indigènes d'alors, les Insubriens, avaient aussi des monnaies propres, consistant, d'après M. Biondolli 1 , en une servile et barbare imitation des drachmes d'argent frappées par la colonie pboeéemie de Marseille, se distinguant seulement par l'épigraphe en caractères étrusques.

Non-seulement on n'a pas trouvé de monnaies dans ces lombes, pas même le primitif «es rude, mais encore on peut dire que les représentations d'êtres organiques,

1. E. Bl«SDl:LI.I : lmp<irtnii;it i/i i/I, .,'.(.■/;' i:rrlnw,lni/ii-i in l.tmibardit. Mit, in-8. p, 7.

Digilized By Goo;

TOMBES UE GOLAStXCA. 121 figures d'animaux ou de piaules, n'y existent pas. Seul, M. le marquis Dalla Itosa a trouvé les fragments de deux vases avec représentation en demi-relief d'arbres et d'animaux, et une plaque de ceinturon avec un simulacre d'homme. Mais M. Dalla Rosa, a fouillé des tombes près de Sesto-Calenda, qui ont fourni des vases en

I- Mi,- I' ç--l«rl'-lï L.'jl {■ ■'!<■ uli- ra.il un <*■ r'-tin )»- -■•■lu » iU: i.>: j [ i r ^ i.-n ambre, jubslauo; qui. je émis, k'li

ji.inais i'Ii' Ireuvée ilaris ); : . Coi'iiijlianc l'oiii-quoi dès lors les tombes de M. Dalla. Rosa, tout en appartenant

rainit-elles pas un pou plus nkciitus que l'ensemble des tombes du liaut plateau?

L'ornemental ion des grandes unies uinéi aires au moyen de triangles formés par une ligne coupant une

série île lignes parallèles, untemeiilalion symbolique

nui] ;i)i.'iif eaTucImsIique île l'âge ilu brun/e. qu'on

( li. .11. , . i l .,,!■ 'Lu-, le* lui! t-'-r-:» de Itfiiil»'. ligure ,ï'2, cumule dans les stations lacustres de la -Suisse et même jusque dans le Caucase, ainsi qu'on

Page 1