INTRODUCTION
Le signe de Musset, ainsi nommé par le regretté Delpeuch, parce que Alfred de Musset, prématurément emporté par une insuffisance aorlique avait présenté ce signe, consiste dans une oscillation de la tête, véritable secousse rythmée, parfaitement synchrone à la pulsation radiale. Le distingué médecin de l'hôpital Cochin croyait pouvoir en faire un signe pathognomonique de l'insuffisance aortique : « Est signe pathognomonique, disait-1l avec Galien, celui qui montre clairement le caractère de la maladie. » C’est au nombre de ces signes si précieux , incomparable trésor pour le clinicien, qu'il proposait de ranger ce signe nouveau, rare, mais s1 frappant qu'il permeltait à sa simple constatation d'affirmer le diagnostic.
Dans quelle mesure cette affirmation de Delpeuch est-elle exacte ? Nous voudrions, après notre maître M. Frenkel qui a publié dans la Presse Médicale et
la Revue de Médecine un article et un mémoire sur
ce signe, étudier sa physiologie pathologique et fixer sa valeur clinique.
M. Frenkel à la lumière de la méthode graphique, qui de plus en plus exerce son heureuse influence sur la connaissance précise des cardiopathies, a pu faire des constatations d'un grand intérêt. IL est arrivé à cette conclusion que l’oscillation rythmée de la tête se rencontre ‘chez de nombreux sujets, comme une manifestation facile à enregistrer par la méthode graphique et souvent même visible à l’œ1l nu. Cette osaillation physiologique présente alors le même caractère que le signe de Musset, le plus frappant, le plus indiscutable et déclaré pathognomonique de l'insuffisance aortique.
Il nous a paru ensuite que, puisqu'il était possible de retrouver ce signe chez les individus normaux, chez les chiens narcotsés dont la tête est librement suspendue, sa valeur clinique était grandement diminuée, et qu'à l'enthousiasme de Delpeuch, il fallait faire succéder une prudente réserve, comme 1l arrive souvent en médecine à l'égard d’un signe prétendu pathognomonique d’une affection, et que l'expérience clinique permet ensuite de retrouver dans beaucoup d’autres.
Mais un point délicat restait à démontrer. Il fallait établir par des tracés simultanément pris du pouls et de l’oscillation de la tête si le signe est systolique ou diastolique, et 1l fallait montrer par une expérience péremptoire, que la voie de transnussion est vasculaire et non osseuse. Personnellement, nous nous sommes efforcé d'éclaircir ces deux points de la physiologie
pathologique d’un signe nouveau, très connu et très étudié en France et en Italie et sur le mécanisme intime duquel la lumière avait besoin d’être faite.
Notre étude modeste est la mise au point de travaux antérieurs, avec un léger effort personnel. Nous avons largement puisé dans les études de notre maître, M. Frenkel, quise distinguent par leur précision rigoureuse dans les travaux de nos devanciers MM. Delpeuch, Valentino et ceux des expérimentateurs italiens MM. Bruschim, Feletti, Bocciardo et Bucco. Si nos expériences ne font point la lumière complète sur le signe de Musset, elles auront, nous l’espérons, aux yeux de nos maîtres lyonnais, le mérite d’avoir été faites sans idées préconçues, avec soin et sincérité.
Nous adoptons la division suivante :
1° Historique du signe ( Italie.
de Musset” - : +. . (France.
a) Exposé et critique des observations
publiées.
2° Sa physiologie patho- b) Revue des signes analogues. logique H | à c) Etude graphique . . SE
d} Explication pathogénique.
Rapport entre les variations de la
3° Sa valeur clinique tension artérielle et l'apparition du
signe. 4° Nos conclusions.
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