‹ Le Signe de Musset: Sa Valeur CliniqueChapitre 8 sur 16 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

Si un médecin français eut l’idée de donner récemment à l’oscillation céphalique le nom de signe de Musset qui a déjà fait fortune, cela ne veut point dire

HAT Se que ce symptôme était passé complètement inaperçu à l'étranger. Au Congrès de médecine interne tenu à Rome en octobre 1895, Feletti de Catane, communique deux cas d’anévrismes de la crosse de l'aorte. Dans l’un «on pouvait voir une secousse de la tête, qui pliait légèrement en avant à chaque pulsation de l’anévrisme ». Dans le second cas, « une pulsation bien évidente portait la tête en avant à chaque systole cardiaque, etce mouvement était d'autant plus fort que le patient tenait la tête portée davantage en arrière ».

Trois ans plus tard, au Congrès de Turin de 1898, Bruschini présente un mémoire sur «les secousses rythmiques de la tête dans les anévrismes de la crosse de l'aorte ». Cet auteur ajoute: « Déjà en 1894, M. Coop avait indiqué que, dans les anévrismes de la crosse aortique, à chaque systole cardiaque, la tête du malade s'incline légèrement en avant. Depuis, nous avons eu l’occasion d'étudier ce symptôme chez six sujets et nous avons trouvé qu'il est tout à fait indépendant des secousses du larynx et de la trachée.» Ces faits suscitent déjà les controverses. Le D' Pace de Naples, quiavait lu les travaux publiés en France par MM. Delpeuch et Frenkelsur le signe de Musset, critiquent l'expression employée par Delpeuch « hochement » qui pour lui est fort impropre, car M. Pace disüngue une oscillation « dal| alto al basso, dal basso all’'alto e laterali ». Pour expliquer la secousse latérale gauche observée par M. Frenkel, le docteur Pace l’attribue à la plus grande pulsation de la carotide droite.

Pour M. Pace, l’oscillation postéro-antérieure dépendrait de la traction exercée par la trachée sur la tête. Le

PE — mécanisme serait le même que celui du signe d'Oliver Cardarelli.

Après le travail de M. Pace, vient un mémoire de M. Coccorullo concernant un cas d’anévrisme de la sous-clavière droite dans lequel cet auteur observe une oscillation postéro-antérieure et latérale ; M. Coccorullo ne précise pas la direction de cette dernière, il attribue la cause de cette oscillation à la contraction des muscles du cou.

Tout récemment MM. Bruschini et Coop reprennent la question de la secousse latérale dans une nouvelle publication intitulée La secousse rythmique de la tête dans l'anévrisme du tronc brachio-céphalique et de la sous-clavière. Dans deux nouvelles observations, ces auteurs ont rencontré deux oscillations : une postéroantérieure, l’autre de gauche à droite.

Pour MM. Bruschini et Coop, la pulsation du sac anévrismal est transmise à la trachée de droite à gauche, et oblige la tête par contre-coup à se mouvoir en sens inverse.

Sous l'inspiration du D' Coop, le Dr Vigorita a cherché à approfondir le mécanisme de l’oscillation rythmée de la tête. Dans cette étude, M. Vigorita s’est servi de chiens, morts à la suite d’une chloroformisation récente. Il a artificiellement simulé un sac anévrismal avec une balle en caoutchouc susceptible de varier de volume grâce à un insufflateur Richardson avec lequel l’auteur alternait dans la balle en caoutchouc les mouvements de systole et de diastole. Pour obtenir les mouvements latéraux, l’auteur lie une carotide, mais

le résultat est négatif.

Eu thèse générale, il considère l'oscillation plutôt comme antéro-postérieure (Pace) que postéro-antérieure (Delpeuch).

Enfin ces jours derniers, au Congrès de médecine interne de Rome, MM. Bocciardo de Pise, Bucco de Naples apportent de fort intéressantes observations du signe de Musset (segno di Musset), et émettent des considérations pathogéniques que nous analyserons au chapitre de la physiologie pathologique.

M. Bocciardo dans sa communication Valore semeiologico delle scosse ritmiche del capo, après avoir rappelé les travaux antérieurs, divise ses observations en trois parties :

a) Cas d'individus sains (3 observations), dans lesquels la secousse rythmique avait une direction antérieure et de droite à gauche.

b) Cas de malades atteints : 1° d'insuffisance aortique ; 2° d’hypertrophie du ventricule gauche dépendant d’une autre affection cardiaque. Il rappelle deux observations dans lesquelles les secousses avaient une direction de droite à gauche et d’arrière en avant.

c) Cas de malades atteints d’anévrismes de l’aorte, du tronc brachio-céphalique et de la sous-clavière droite.

M. Bocciardo présente sept observations dans lesquelles la direction de l’oscillation rythmée était de gauche à droite et d’arrière en avant.

M. Bucco toujours au Congrès de Rome du 30 octobre dernier, signale l’oscillation céphalique chez les artérioscléreux (4 observations) et donne un tracé graphique de l'oscillation analogue à celui donné antérieurement en France par M. Frenkel, au mois de juillet 1902. Ses

SAT E conclusions touchant l'existence physiologique de l’os- Cillation rythmée sont conformes à celles de M. Frenkel, également antérieurement parues, et apportent un poids considérable à nos propres affirmations. Mais, la possibilité de prendre chez l'individu normal l’oscillation de la tête, son synchronisme avec la pulsation,

tous ces faits avaient été exposés en France dans le travail de M. Frenkel.

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