‹ Le Signe des Spinaux: Dans la PleurésieChapitre 15 sur 28 · EN SR · texte numérisé non relu

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La percussion montre de la matité jusqu’à trois travers de doigt au-dessous de l'angle de l’'omoplate à droite.

L'auscultation présente de l'abolition du murmure vésiculaire, de la pectoriloquie aphone.

La ponction exploratrice amène du liquide séreux du premier coup.

Le signe des spinaux est également très net dans cette observation. Le malade présente en effet de l'élargissement de la masse des spinaux à droite, tandis qu'à gauche la masse est bien moins large. De plus la contraction tétanique de ces muscles est très nette. On s’en rend compte en produisant de l'hyperflexion du côté malade. Les muscles spinaux restent contractés dans l'hyperflexion. Le signe du marteau existe

à la palpation. Sensation de vibration à distance.

Nous avons reproduit ici des observations de pleurésie séro-fibrineuse aiguë constatées dans les différents services hospitaliers visités par nous.

Nous avons pu nous rendre compte que chez tous les malades examinés par nous el atteints dé pleurésie aiguë le signe des spinaux existait presque au complet. Nous ne parlons pas du signe réflexe secondaire qui manque souvent et de plus n’est pas spécifique de la pleurésie. D'ailleurs, ies quelques observations reproduites ici ne font qu’augmenter la liste de 56 observations et même davantage fournies par Ramond et

dans lesquelles le signe des spinaux existait chaque fois.

Jusqu'ici nous n'avons fait qu'étudier le signe des spinaux dans la pleurésie séro-fibrineuse aiguë. Nous avons montré qu'il était constant dans tous les cas. Mais en pratique on n’a pas toujours affaire à des cas aigus, à des pleurésies a frigore. Il est vrai que l’existence de ces dernières est maintenant niée dans la plupart des cas, et que la pleurésie est ordinairement une manifestation tuberculeuse. D’autre part les cas de pleurésie aiguë reproduits par nous ont peut-être pour origine un état tuberculeux latent. Nous les rangeons néanmoins dans la classe des pleurésies aiguës, car chez ces malades nous n’avons remarqué, après examen clinique soigneux, attentif, aucune manifestation tuberculeuse. Nous rangeons d’ailleurs dans ia même classe les pleurésies bacillaires sérofibrineuses, celles où la pleurésie séro-fibrineuse est la seule manifestation de la tuberculose. Mais il existe d'autres pleurésies, d’autres épanchements pleuraux que les pleurésies que nous venons d'étudier. Nous avons d’abord les pleurésies traumatiques, les hydrothorax, les pleurésies secondaires au brightisme, des pleurésies purulentes, et les épanchements sanguins qu’il nous faut passer en revue. Nous avons en effet à nous demander si le signe des spinaux existe

aussi dans ces épanchements. Nous verrons enfin s’il ne se trouve pas dans des maladies où les épanchements sont inconnus. Cette étude nous permettra de savoir si le signe des spinaux est pathognomonique de la pleurésie séro-fibrineuse aiguë.

Occupons-nous d’abord des pleurésies secondaires à des affections cardiaques. Ce sont des hydrothorax mécaniques occupant souvent les deux plèvres, mais assez souvent localisées aussi à une seule plèvre. C'est une sorte de transsudation séreuse analogue à la transsudation des œdèmes. L’hydrothorax est ici le résultat de causes mécaniques dont les plus ordinaires sont les lésions de l’orifice mitral. M. le professeur, Dieulafoy dit quelque part : « Dans les affections cardiaques, l’hydrothorax s'établit sournoisement, graduellement, sans fièvre et sans douleur.

Les signes en sont révélés par la percussion et par l’auscultation. Ils ressemblent à peu près à ceux de l’épanchement de la pleurésie. »

L'hydrothorax peut donc être facilement confondu avec la ‘pleurésie, d’autant plus facilement que les prodromes de la pleurésie aiguë sont souvent absents et que celle-ci peut aussi s'installer insidieusement.

Nous avons bien pour aider le diagnostic l’état cardiaque antérieur et actuel du malade,mais souvent cel état reste ignoré. Le diagnostic est donc des plus difficiles : presque tous les signes de la pleurésie, signes physiques, existent dans lhydrothorax cardiaque. Le signe des spinaux existe-t-il aussi ?

Nous avons peu de données personnelles concernant ce sujet. Mais Ramond affirme dans son service avoir vu plusieurs hydrothorax cardiaques, chez qui le signe des spinaux n'existait pas.

D'autre part, nous reproduirons ci-dessous une observation prise dans son service qui ne fait que rendre encore plus plausible l’opinion qu'il émet.

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