INTRODUCTION
La pleurésie séro-fibrineuse possède des signes classiques qui, lorsqu'ils existent simultanément, permettent d'établir son diagnostic sans crainte d'erreur. Ces symptômes physiques de la pleurésie sont connus de tous les praticiens et leur servent de base dans leur examen clinique. Quand un malade arrive à l’hôpital avec une douleur vive au côté, de la fièvre, lorsqu'il a en outre : à la palpation, de l'abolition des vibrations; à la percussion, de la matité ; à l’auscultation, de l’abolition du murmure vésiculaire, de la pectoriloquie aphone, il est clair que le diagnostic de pleurésie est des plus faciles à établir.
Malheureusement, il n’en est pas toujours ainsi. Souvent un ou plusieurs de ces signes font défaut. Tel malade présentera netiement de la pectoriloquie
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aphone, tandis qu’on cherchera en vain ce signe chez tel autre. Le point de côté caractéristique peut être à son paroxysme chez celui-ci, tandis'que celui-là ne le ressentira nullement. On ne peut se fier à la grande valeur diagnostique de ces signes que lorsqu'ils existent, mais leur absence n'indique nullement l'absence de pleurésie.
D'autre part certains signes, comme la matité, l'abolition des vibrations thoraciques sont communs à la pleurésie et à d’autres maladies. C’est ainsi que dans la pneumonie, dans la spléno-pneumonie, le malade présente de la matité sur une plus ou moins grande ‘étendue du thorax, tout comme dans la pleurésie. M. le professeur Dieulafoy dit bien que, dans le cas de lésion pulmonaire, la matité est moins complète, les vibrations thoraciques mieux conservées, mais il ajoute aussi que malgré ces signes distinctifs, le diagnostic est quelquefois impossible. Dans le kyste hydatique du foie sous-diaphragmatique et refoulant le poumon, les signes dé matité et d’abolition des vibrations existent avec autant de netteté que dans la pleurésie, à tel point qu'il est impossible, en clinique, de faire leur diagnostic différentiel, en se basant sur ces signes physiques.
Le clinicien dispose il est vrai, pour contrôler son diagnostic, de la ponction. Lorsque celle-ci ramène dr liquide, aucun doute n’est plus possible : il s'agit bien d’une pleurésie. Mais quelquefois la ponction n’amène aucun liquide, ce qui n'empêche nullement la pleurésie d'exister. M. Mosny a bien démontré
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l'existence de ponctions blanches, malgré la présence du liquide, dans certains épanchements anciens, à parois épaisses et rigides (1).
Que faire devant de pareilles déroutes des symptômes de la pleurésie ? Les médecins de tous pays se sont rendus compte de l’égarement résultant pour la clinique de l’absence de ces signes. Aussi ont-ils recherché un signe physique au moins aussi évident. Pottenger, en Amérique, a étudié différents signes physiques de contraction des muscles thoraciques, de contraction de la peau elle-même au niveau du thorax.
Ramond a décrit en France le symptôme des spinaux. À notre avis, ce dernier signe semble être un signe très important de la pleurésie séro-fibrineuse,