HISTORIQUE
Les cliniciens, depuis quelques années se sont beaucoup occupés de chercher un nouveau signe physique de la pleurésie, signe visuel confirmé par la palpation, qui mettrait immédiatement l'esprit en éveil. M. Pottenger, dans plusieurs communications très intéressantes, montra toute la valeur de la contracture thoracique dans le cas d’inflammation pleurale. Son but a été surtout de montrer que la contraction, la rigidité des muscles intercostaux, est un signe de grande valeur de la pleurésie séro-fibrineuse. Le professeur Dieulafoy montra en effet toute la valeur de la contraction de la paroi (défense musculaire), pour le diagnostic de l’anpendicite aiguë. M. Pottenger ne fait, en somme, que généraliser ce principe en l’étendant aux affections aiguës ou chroniques de la plèvre. D’après lui on éprouve une sensation de résistance au palper des muscles ou portions de muscles sous-jacents aux parties enflammées de la plèvre, qu’il s’agisse de pleurésie aiguë avec ou sans exsudat, ou chronique avec épaississement de la plèvre. Dans son article du 6 mars 1909 il dit
notamment : « Le signe de contraction spasmodique des intercostaux, autant que je m’en souviens, n’a jamais été décrit jusqu'ici autre part que dans la pleurésie. Il consiste dans de la rigidité des muscles de la cage thoracique, particulièrement des inter: costaux. En faisant une douce pression avec l’extrémité des doigts sur les espaces intercostaux, on pourra déceler (surtout si c’est un toucher expérimenté) une certaine résistance au niveau de la por-tion des muscles, qui correspond à la région enflammée, tout comme l’on observe une rigidité de la fosse iliaque droite dans le cas d’appendicite, de l’hy pochondre droit dans le cas de colique hépatique, ou une rigidité de tous les muscles de ‘l'abdomen dans le cas de péritonite généralisée.
M. Pottenger dit encore autre part: « J’ai trouvé un nouveau signe physique qui peut aider à la délimitation des organes normaux, et, en même temps
permet de déceler certains états pathologiques. Ce signe consiste en une sensation de résistance perçue à la palpation, quand on presse sur la peau. Pour déterminer la présence de ce signe, il est bon de commencer à quelque distance du bord ou de la pointe de l'organe, ou, si c’est une inflammation pleurale qu’il s’agit de délimiter, il est bon de cominencer sur une région avoisinante présumée normale. Et alors en s’approchant au fur et à mesure de l'organe ou de la région malade, il sera facile de les délimiter par la sensation de résistance que l’on éprouvera. Bien que je ne sache pas au juste la
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cause de ce signe, il mc semble bien qu'il s’agit là d’un réflexe de la peau produit par la contraction des érecteurs des poils. Bien qu'on ne puisse donner une idée nette de ce signe par la description, il est aisé de le démontrer sur un sujet (1). »
Ainsi donc, M. Pottenger admet très bien que les signes physiques ordinaires de la pleurésie ne sont pas assez nets. [Il a fait le premier des travaux établissant la grande valeur des signes de contraction des muscles intercostaux dans des cas de pleurésie.
M. Potienger, d'ailleurs, s’est occupé beaucoup des signes physiques de toutes les affections pulmonaires, notamment de la rigidité des muscles thoraciques comme signe physique de la tuberculose.
«Il s’agit en effet, ici, d’un véritable spasme musculaire, dit-il, qui ne dépend point de l’épaisseur des muscles eux-mêmes, comme on peut facilement s’en convaincre en pratiquant, sur un sujet atteint de tuberculose pulmonaire ou de pleurésie la palpation méthodique des espaces intercostaux. On constate alors que les variations dans l’intensité de la rigidité des muscles au niveau des diverses zones du poumon ne sont nullement en rapport avec l’épaisseur plus ou moins considérable du tissu musculaire. » Relativement à cet article de M. Pottenger sur la contraction des intercostaux dans les affections pulmonaires et pleurales, ont paru deux critiques de M. Bœnniger d'une part, de M. Woff-Eisner d’autre