‹ Le Silicate de Soude en ThérapeutiqueChapitre 10 sur 26 · C. Rôle antifermentatif · texte numérisé non relu

C. Rôle antifermentatif

C’est le professeur Picot qui, le premier s’occupa de cette question. Il fit à ce sujet, deux communications à l’Académie des Sciences, l’une en 1872, l’autre en 1874, et conclut au rôle antifermentatif du silicate de soude.

Le principe de ses expériences est toujours le même : à une quantité déterminée de substances susceptibles de fermenter, il ajoute des doszs croissantes de silicate de soude. Il laisse évidemment un témoin’

Par rapport à ce témoin, la fermentation est d'autant plus retardée que la quantité de silicate de soude augmente. A partir d’une certaine dose, la fermentation s’arrête.

Il fit en particulier ces constatations sur les fermentations alcooliques, lactiques, sur la fermentation putride de l’urine et de la viande.

Rabuteau et Papillon dans une communication à l’Académie des Sciences, en 1872, publient des résultats analogues sur l’action antifermentative du silicate de soude,

Mais en 1889, Lowenhaupt, dans une thèse soutenue à Greifewald, critique les résultats des auteurs français. Il dit que le rôle antifermentatif du silicate de soude est dû en partie à la forte teneur en hydroxyde de soude des solutions employées par ces auteurs. Cependant, il admet qu’à partir des solutions de 4% ie silicate pur a une certaine action antifermentative. Siegfried en 1901, se montre d’un avis analogue.

Nous avons repris quelques-unes des expériences de Picot avec les solutions de silicate de soude que nous avons employées en thérapeutique.

a) Fermentation lactique. — Nous mettons 25 cmÿ. de lait dans une série de flacons.

Nous laissons un flacon témoin. Puis dans les autres, nous ajoutons successivement : 5, 10, 15, 20 205290 50200 centigrammes, L gramme, 2 grammes de silicate de soude.

Les expériences commencent un dimanche à 11 heures,

Le lundi, à 16 heures, le lait contenu dans le flacon témoin et celui contenant cinq centigrammes, font virer au rouge, le papier de tournesol.

Le mardi à 9 heures les flacons contenant 10 et 15 centigrammes vient au rouge.

Le mardi à 15 heures les flacons contenant 20 et 25/7cens tigrammes présentent à leur tour la réaction acide.

Le mercredi, à 9 heures, le flacon contenant 30 centigrammes fait virer au rouge le papier de tournesol.

Dans les autres flacons aucune réaction acide ne se produit.

Picot dans des expériences analogues empêchait la fermentation de 50 cm de lait avec 20 centigrammes de silicate de soude”

Ainsi notre solution de silicate de soude se trouve plus de Lrois fois moins active vis-à-vis de la fermentation lactique que celle employée par Picot.

b) Réaction putride de la viande. — Nous diluons 25 grammes de viande dans 50 em d’eau. Nous répartissons cette dilution dans plusieurs flacons identiques.

Nous laissons un flacon pour témoin.

Dans les autres nous ajoutons des quantités de notre solution correspondant à 5, 10, 15, 20, 25, 30, 40 centigrammes.

L'expérimentation commence un dimanche à 14 heures.

Le mardi matin suivant, la putréfaction débute dans le flacon témoin, se traduisant par une odeur caractéristique et à l'examen microscopique par les éléments caractéristiques de la putréfaction.

Aucun changement dans les autres flacons.

Le mercredi matin à 9 heures la putréfaction est encore plus accentuée dans le tube témoin.

Dans les flacons contenant 5 et 10 centigrammes l’on constate une légère odeur de putréfaction et à l'examen microscopique quelques éléments caractéristiques.

Le mercredi soir la putréfaction se complète dans ces deux derniers flacons. Rien dans les autres.

Le jeudi soir la putréfaction commence dans les flacons contenant 15 à 20 centigrammes.

Le vendredi matin elle se poursuit assez lentement dans ces deux flacons et commence dans celui contenant 25 centigramines.

Puis à partir des jours suivants on ne constate plus aucune putréfaction dans les flacons contenant une quantité supérieure de silicate, c’est-à-dire à partir de 30 centigrammes.

Picot dans des expériences analogues avait arrêté la putréfaction à partir de 10 centigrammes de silicate. Il faut ajouter que la 9 ambiante était de 14° dans les expériences de Picot; dans les nôtres elle était de 180.

c) Fermentalion ammoniacale de l'urine. — Dans plusieurs flacons je verse 50 grammes d’urine fraîchement recueillie. Je laisse un témoin. Dans les autres j'ajoute respectivement 10, 20, 30, 50, 80 centigramm?s, 1 gramme, 1 gr. 10, 1 gr. 20, 1 gr. 30.

Je contrôle la réaction ammoniacale en ajoutant dans un tube d'urine à analyser 1 centigramme d’iodure de potassium et quelques gouttes d’eau de Javel. Il se produit une réaction franchement noire en cas de réaction ammoniacale.

Les expériences commencent un jeudi.

Le mardi, à 9 heures la réaction ammoniacale existe dans le flacon témoin.

Le mardi soir à 18 heures la réaction ammoniacale commence dans les tubes contenant 10, 20 et 30 centigrammes.

Les flacons contenant 50 à 80 centigrammes commencent à fermenter le mercredi matin.

Le jeudi l’on constate la fermentation dans le flacon contenant 1 gramme de silicate de soude.

QE e

Le vendredi, fermentation dans les flacons contenant IS MOUrEeLELE Er 220;

Puis aucune fermentation au-dessus de cette dose.

Picot dans des expériences analogues arrêtait la fermentation de 50 grammes d'urine avec 1 gramme de silicate de soude.

En somme, notre solution de silicate de soude s’est montrée dans ces expériences moins antifermentescible que celle employée par Picot.

Cela vient probablement de ce que les solutions employées par Picot étaient très alcalines. Il n’en reste pas moins que nos solutions quoique plus faiblement alcalines et fortement diluées se sont montrées antifermentescibles, et proportionnellement aux quantités de silicate de soude qu’elles conte-

nalent.

3 Gr: Nous pouvons donc supposer que si une partie de l’action

antifermentative du silicate de soude est due à l’alcalinité de ses solutions, une partie de cette action est bien due à l’action spécifique de ce corps.

D. Le silicate de soude et le sang.

a) Vis-à-vis des hémalies. — Rabuteau et Papillon, ainsi que Picot, avaient signalé sans y insister le pouvoir globulicide du silicate de soude.

Hédon faisait à ce sujet en 1900 une communication à la société de Biologie et concluait à l’action globulicide des silicates alcalins. Mais les expériences qu'il cite sont faites avec du silicate de potasse.

Enfin Siegfied, en 1901, se montre aussi du même avis mais 1l attribue en partie ce pouvoir globulicide à l’alcalinité des solutions de silicate de soude.

Nous avons fait quelques expériences à ce sujet.

19 Nous préparions une émulsion de sang dans le liquide de Marcano comme pour une numération globulaire. A cette émulsion nous aJoutions 1 cm d’une

solution de silicate de soude à 20 %. A l’examen hématimétrique l’on constate la destruction de bon nombre de globules rouges dès les premières minutes malgré la légère action fixatrice du liquide de Marcant. dont nous rappelons la formule :

Sue dersoude PE 5 gr.

Eau distillée 100 cmÿ

chele ohelaeleh ele) see e) eee e)fehiolie, esse one, + +. e

En prendre 99 cmÿ, y ajouter :

RETOUR EP EE 1 cm

Si, d’ailleurs, l’on examine sous lamelle une goutte de l’émulsion après coloration au bleu de méthylène on voit l’hémolyse se poursuivre, le stroma globulaire de beaucoup d’hématies se décharge d’hémoglobine; alors ces hématies apparaissent sous la forme de disques incolores. Il se forme un fond violet d’hémoglobine.

L’hémolyse était donc très nette, mais le taux de la solution de sihicate de soude était très élevé.

29 Nous avons essayé de voir à partir de quel taux les solu. tions de silicate de soude que nous employons étaient toxi= ques,

Nous prenions des solutions de silicate de soude isotoniques à 1/4000, 17/2.000, 17/1.000, 2/1.000, 5/1.000, 1 /100 2/100.

Nous introduisions 1 cm de chaque solution dans une série de tubes à hémolyse. Dans chaque tube nous ajoutions une goutte de sang humain défibriné que nous venions de recueillir. ,

Nous laissions à Ja O° ambiante; au bout de 12 heures nous constations que :

Dans le verre témoin pas d hémolyse, les hématies étaient déposées au fond du tube. Il en était de même dans les 4 premiers tubes.

A partir de 5/1.000 il existait un léger degré d’hémolyse; à 1/100 le degré d’hémolyse est plus fort, mais il y a encore une petite épaisseur d’hématies non hémolysées au fond du tube,

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