ROLE BIOLOGIQUE DU SILICATE DE SOUDE
A) Rôle dans le métabolisme en général
Il faut attribuer un rôle important, vis-à-vis du métabolisme général, aux minéraux.
Gaube, en particulier, dans son cours de minéralogie: insiste sur ce point et dit que l’activité de la vie dépend des rapports et de l’interdépendance que les éléments de minéralisation biodynamiques affectent entre eux. « Chaque tissu, disait A. Paret, en 1922, fait sa vie sur un terrain minéral propre et toujours multiple, dans lequel on constate des dominantes et des sous-dominantes minérales, mais dont chaque élément concourt au mouvement fonctionnel, sans que l’élément voisin ait qualité pour le suppléer. »
A. Le Play, L. Lemolle sont d’un avis semblable sur l’importance biologique des minéraux. Parmi ces substances minérales la silice occupe sa place à côté de la chaux, du soufre, du chlore, du magnésium par exemple.
Ainsi le silicate de soude par la silice qu’il apporte à l’organisme joue un rôle dans le métabolisme biologique en général.
Mais en dehors du rôle physiologique de chaque substance minérale dans le maintien de l’équilibre normal d’un organisme en parfaite santé, chacune a des propriétés particulières et est capable de produire des effets propres.
Quelles sont les propriétés particulières de la silice ou plutôt quels sont les résultats de la carence siliceuse? Ces conséquences découlent des analyses que nous avons exposées dans un des chapitres précédents, en particulier des analyses de Gaube et des travaux de Bunge.
1° La carence siliceuse favorise la fixation de la chaux dans l’organisme car la silice est le destructeur des carbonates, en particulier des carbonates de chaux.
20 La silice ayant pour but de décomposer les carbonates en fournissant du gaz carbonique, de par la carence siliceuse, il va se former dans l'intimité des tissus des toxines résultant de réductions incomplètement effectuées.
30 Le défaut de silice diminue la vitalité des cellules. C'est ce que faisait déjà remarquer Decène dans son livre. Rappelons que la minéralisation siliceuse diminue avec l’âge,
C'est sur ces trois faits que se base Scheffler pour établir sa théorie de l’artériosclérose.
Rappelons que, si l’on s’en rapporte aux travaux de Schulz, le manque de silice gêne la fibrogénèse.
Telles sont les principales propriétés biologiques générales du silicate de soude, propriétés qu’il tient de la silice qu'il contient.
Voyons maintenant quelques points plus particuliers.
B) Le silicate de soude et les microbes.
Nous avons pensé à rechercher quelle pouvait être l’action du silicate de soude sur les bactéries. D'ailleurs dans la littérature nous avons trouvé quelques observations qui sembleraient en faveur de l’action bienfaisante du silicate de soude dans la thérapeutique de la fièvre typhoïde.
Nous avons donc d’abord expérimenté avec le bacille typhique.
Première expérience. — Une culture sur gélose de bacille typhique est couverte par le silicate de soude à 1 %.
Puis l’on met à l’étuve. Au bout d’un, deux et même trois jours les cultures ne sont pas détruites. D'ailleurs à l’examen direct sous lame l’on constate de nombreux bacilles vivants qui, semble-t-il, ont une certaine tendance à l’agglutination.
Deuxieme expérience. — L'on prend trois cultures de bacille T dans 10 cm® de bouillon. On ajoute respectivement à
ro
l’un L cms de la solution à 1 %; à l’autre 8 emÿ de la même solution; au troisième 5 cmÿ de cette solution.
L'on met le tout à l’étuve. De même au bout de trois jours on constate que les cultures ne sont pas détruites. A l'examen sous lame les bacilles sont nombreux et vivants.
Même résultat en employant des solutions à 10, 20 et JON
Nous avons renouvelé ces expériences vis-à-vis du para À du para B, du colibacille, du staphylocoque avec les mêmes résultats négatifs au point de vue microbicide.
Nous avons dit que nous avions constaté à l'examen sous lame une certaine tendance à l’agglutination; nous devions nous demander si le silicate de soude ne devait pas être placé parmi les substances agglutinantes. Pour arriver à ce but nous avons employé la méthode décrite dans la thèse de Brengues soutenue à Bordeaux en 1899 et due à l'inspiration de M. le professeur Sabrazès.
Voici comment nous avons procédé :
1° Nous repiquions sur gélose une culture de bacille typhique. Au bout de deux jours nous faisions une émulsion aussi homogène que possible de bacille typhique dans de l’eau distillée et l’on s’assurait que cette émulsion à l’examen sous lame ne présentait pas d’amas spontanés.
Ceci fait nous mélangions à égale partie cette émulsion avec des solutions de silicate de soude à des taux variant de 1 /6.000 A
Nous examinions une goutte de chaque mélange sur lame à l'examen direct. Dans aucun cas pas plus à 1 % qu’à 1 /6.000 nous n’avons constaté d’agglutination.
Donc, in vitro le silicate de soude n’agglutine pas.
90 Pour voir si in vivo, le silicate de soude n’agglutinait pas, nous avons fait pratiquer un séro-diagnostic, pour T A B à deux malades avant et après le traitement par le silicate de soude. Dans aucun des deux cas, le pouvoir agglutinant n’avait augmenté.
En somme le silicate de soude n’a pas d’action microbi-
cide. Si comme le constatent certainsa uteurs, l’organisme sou mis à l’action du silicate de soude résiste mieux à certaines infections que d’autres, c’est peut-être parce que le silicate de soude augmente la vitalité des cellules et par conséquent, leur résistance.