‹ Le Silicate de Soude en ThérapeutiqueChapitre 20 sur 26 · BON TALE · texte numérisé non relu

BON TALE

ble d'améliorer certains troubles fonctionnels, cette amélioration n’a pas persisté. Par contre ce médicament se montre ici un hypotenseur actif et régulier agissant surtout sur la maxima.

Observation V

(personnelle).

M. S..., 50 ans, boulanger.

Ce malade vient consulter à l’hôpital du Tondu pour une céphalée généralisée qui persiste souvent la nuit et l'empêche de dormir.

En plus de cela il se plaint de vertiges légers et d’une sensation de grande lassitude.

Ces troubles remontent d’ailleurs à une dizaine d'années. C'est toujours la céphalée qui a dominé la scène et qui n’a jamais cédé à aucun traitement soit de médecine générale, soit de spécialiste.

Nous avons donc l’occasion de l’examiner le 25 juillet 1954.

La tension est de 25-14-10.

Le second bruit cardiaque est clangoreux.

Le foie est un peu gros.

Il n’y a rien à signaler par ailleurs.

Il n’y a pas d’albumine dans les urines, les chlorures urinaires sont à un taux normal.

La cholestérine sanguine est de 1 gr. 20.

L'urée sanguine est de 0,46.

La viscosité est de 4,7.

Nous commencons dès le 25 juillet une série d’injections intraveineuses de silicate de soude à 1%, toujours sur le même rythme 5 em tous les deux jours.

L'hypertension fut ici remarquablement influencée par le traitement.

A Ja 3 injection elle n’était plus que de : 21-13-9; à la 5° injection de : 18-12-9 et à la 7€ de : 15 1 /2-9.

Les signes fonctionnels s’amélorent rapidement, à la 7e injection les vertiges ont disparu, la céphalée est devenue rare. Le malade se sent plus apte au travail.

Devant la baisse rapide de la tension nous arrêtons le traitement intraveineux.

La cholestérinémie est alors de I gr. 25.

La viscosité de 4,1.

Après 8 jours de repos nous prescrivons le traitement buccal : 40 gouttes par jour de la solution de silicate à 40% avec 8 jours de repos par mois.

Le 26 octobre nous revoyons le malade. L'amélioration persiste la céphalée a pour ainsi dire disparu.

Ta eMk 10 Moy le Mn;

Observation VI Schetfler, Progrès médical, 1921.

Mme G..., 53 ans, artérioscléreuse. Vertiges et céphalée. Insomnie. D'yspnée d'effort très marquée. Les règles, qui sont encore régulières, sont profuses et provoquent de véritables hémorragies. Une avulsion dentaire a amené une hémorragie grave. Femme très énergique et robuste.

Tension maxima au Pachon ..... 21 Viscosité sanguines. .:..:..<.:.: 4,7 Pas d’albumine.

La malade a reçu seize injections intraveineuses de 0, 01 silicate de soude à deux ou trois Jours d'intervalle, et en même temps, 0, 60 centigrammes de silicate de soude par la bouche.

Résullais. — Les vertiges disparaissent complètement, l’insomnie est moins pénible, la céphalée rare, les règles normales.

Tension maxima au Pachon . ...20 Viscosité sareuine ©. T0... 4

Le traitement silicaté est continué par la bouche.

Observation VII Scheffler, Progrès médical, 1921.

M. G., 65 ans, Artériosclérose, myocardile chronique. Intermittences cardiaques. Pas d’albumine. Le malade a eu un léger ictus qui lui a laissé une faiblesse générale extrême, vertiges, obnubilations fréquentes. Pas d’albumine.

lensionau Pachon Eee TS 17 Niscosibosanouiner se Rene 4,8 Traitement : 12 injections de 0,01 à 3 jours d'intervalle. Résultats. — L'amélioration est rapide. A la 4€ injection, le malade peut sortir et reprendre petit à pêtit ses habitudes. : A la fin du traitement :

HénsionanPachon mr. 2.2. 17 Miscosite Saneuiner + 0-0. 3,9

Le malade déclare avoir retrouvé toutes ses forces. L'amélioration s’est maintenue depuis six mois.

Observation VIII Scheffler, Progrès médical, 1921.

MC b7ans;

Le malade, artérioscléreux avec hypertrophie cardiaque, suit depuis 1908 avec intervalles la médication silicatée per os qui est devenue inefficace malgré un régime très surveillé. Avant le traitement par injections intraveineuses le malade souffre d’une dyspnée nocturne intense, et garde le lit. Œdème malléolaire, traces d'albumine.

Tension maxima au Pachon......... 20 Viscosité SaAnLUMe Re ee 5,4 Trailement. — 4 jours par semaine 1 gramme de théobromine.

Il reçoit 15 injections de 0,01 de silicate de soude à 3 jours d’intervalle.

Résultats. — Amélioration rapide en ce qui concerne la dyspnée, à la fin du traitement amélioration remarquable.

Tension maxima au Pachon......... 17 Viscosité SAnOtINes Ce 5

Observation IX Scheffler, Progrès Médical, 1921.

Mar 52fans.

Artériosclérose généralisée, traces d’albumine, céphalée permanente, dyspnée, vertiges, obligeant le malade à garder le lit. L'état actuel persiste depuis plusieurs mois, malgré les traitements iodurés, les nitrites et le gui. Régime strictement lacto-végétarien.

Tension maxima au Pachon ....... 25 Viscositésanguiné +R ee 4

Traitement et résultats. Le traitement consiste en 20 injections intraveineuses à 2-3 jours d'intervalle de 0,01 de silicate de soude sans autres médicaments.

Au bout d’un mois, le malade peut sortir sans vertiges et faire quelques promenades. La céphalée a complètement disparu. Le malade déclare se trouver rajeuni.

Le traitement terminé on trouve :

Tension maxima au Pachon Viscosité sanguine

Le traitement silicaté per os est continué à raison de 1 gramme par Jour et l’amélioration se maintient.

re.

Observation X Scheffler, Progrès médical, 1921.

Mme T., 65 ans.

Femme robuste, artérioscléreuse déjà traitée en 1914 avec succès, par le silicate de soude à la suite d’épistaxis graves.

Elle revient en 1920 nous consulter pour de nouvelles épistaxis, pour de la céphalée, pour sensation de Fiblesse générale.

Pas d’albumine dans les urines.

Tension maxima au Pachon.. 23 NAS ORET CU RE ER EE 4,3

Nous pratiquons 12 injections de silicate de soude par voie intraveineuse, à la dose de 0,01 à 3 jours d'intervalle.

Résultats. — Sensation de mieux-être très rapidement obtenue; la céphalée disparaît et même les épistaxis. A la fin du traitement nous notons :

Tension maxima au Pachon......... 20 Viscosibé sanguine 5227 200.7. 4.2

Observation XI Scheffler, Progrès médical, 1921.

Mme R., 67 ans.

Artériosclérose, dyspnée intense ne s’expliquant pas par le léger degré d’emphysème pulmonaire constaté. Quelques rares intermittences cardiaques, pas d’albuminurie. Sensation de fatigue permanente.

Tension maxima au Pachon......... ps) DISCOBILÉ SAAB NL 62 Traitement. — 12 injections intraveineuses de 0,01 à 3 jours d'intervalle.

Résultats : Amélioration rapide, sensation très nette de retour des forces, la dyspnée s’amende presque complètement après le traitement.

Tension maxima au Pachon......... 19 IN IS COS LORS ARR CR M AN re 5

On continue le silicate per os et l’amélioration persiste.

Observation XII Scheffler, Progrès médical, 1921.

M. C., 63 ans.

Ancien militaire, toujours très robuste, vient consulter pour

so

céphalée insupportable et vertige amenant parfois la chute. Dyspnée d’effort. Pas d’albumine.

Tension maxima au Pachon........ 29 ViISCOSTE A ARR ONE CCE 0,7 Traitement. — 20 injections intraveineuses de 0,01 à trois jours d'intervalle sans autre médicament.

Résultats. —— Amélioration rapide. La céphalée disparaît la première, puis les vertiges, la dyspnée s’atténue à la fin du traitement. Tension maxima au Pachon....... 21 VISCOMEE TC Fr oder ot 0,3

Observation XIII (Extraite de la thèse de Reneau)

R., Jean-Marie, 69 ans, boucher, entre à l’hôpital le 31 août 1904, salle Jacquart.

En 1903, le malade eut une attaque qui le laissa paralysé du côté gauche. Il resta un mois paralysé, puis les fonctions motrices se rétablirent peu à peu; quatre mois après son attaque le malade pouvait bien marcher.

Actuellement, et depuis longtemps déjà, le malade ne peut plus marcher. On note un peu de paralysie faciale.

Au cœur les bruits sont sourds, mais on ne trouve pas d’arythmie, pas de bruit de galop. La tension artérielle est très élevée, elle oscille entre 24 et 27.

Le 18 janvier, l’on prescrit au malade 1 gramme 50 de théobromine qui ne paraît agir ni sur la diurèse, ni sur la tension artérielle.

Le 22 janvier l’on fait absorber du silicate de soude au malade par la bouche à la dose de 2 grammes; il se produit dans les jours suivant une augmentation de la diurèse qui passe de 1.500 grammes jusqu’à 2.650; une augmentation des chlorures qui passent de 10 gr. 26 à 27 gr. 03. Enfin en une dizaine de jours la tension maxima baisse régulièrement et insensiblement de 27 à 20.

Observation XIV (Extraite de la thèse de Reneau)

B., Jean, voiturier, âgé de 41 ans, est admis à l’Hôtel-Dieu, le 7 décembre 1908 pour une sciatique droite.

On note les 18, 19, 20 décembre une tension artérielle maxima oscillant entre 22 et 20.

Le 20 décembre l’on prescrit le silicate de soude à la dose de 1 gr. 50

en potion. On observe l'augmentation de la diurèse qui dépasse parfois ? litres. Les chlorures augmentent dans des proportions notables dans les urines. La tension artérielle baisse dans des proportions remarquables et tombe de 20 à 11,5 après un traitement de huit jours. Pendant les jours qui suivirent la suppression du médicament la tension remonta un peu pour se maintenir entre 14 et 15.

Observation XV (Extraite de la thèse de Reneau)

M., Francisque, 73 ans, imprimeur, entre à l'hôpital au mois de février 1908.

A partir de 56 ans le malade commence à avoir des bronchites fréquentes et se plaint d’une dyspnée qui n’a fait qu'’augmenter ces jours derniers. Actuellement l'oppression est continuelle.

Du côté de l'appareil urinaire on note de la polyurie, de la pollakiurie, Les urines contiennent un peu d’albumine.

Au poumon on note des râles de congestion aux deux bases.

Les bruits du cœur sont un peu sourds, pas de bruits de galop.

La tension artérielle oscille entre 22 et 23 à la radiale.

Le malade se plaint de crampes dans les membres, d’engourdissements.

Le 22 janvier 1909, le malade est mis au traitement par le silicate de soude en potion.

La diurèse déjà forte à l’état ordinaire augmente encore considérablement de 1,620 à 3,150. Les chlorures urinaires augmentent et montent de 11,95 à 23,55. En 10 jours la tension baisse de 22.50 à 19.50 et se tient entre 19 et 20.

La dyspnée est un peu diminuée.

Observation XVI Scheffler, Arch. gén. de méd., 1908.

N., géomètre, 64 ans.

Le malade a eu des fièvres palustres et de la dysenterie à 25 ans.

Il présente à l’heure actuelle de l’artériosclérose à type cérébral avec vertiges allant jusqu’à la lipothymie, aphasie transitoire, palpitations, dyspnée d’effort.

La pression artérielle est de 19.

Après 14 jours de traitement silicaté par ingestion la pression tombe à 16.

L'on constate la disparition des vertiges et des intermittences.

Après un mois et demi de traitement la tension est à 15. Il n’y a toujours plus de vertiges ni de palpitations.

Le malade éprouve une sensation de rajeunissement.

ee

Observation XVII Scheffler, Arch. gén. de méd. 1908.

Mme M., 47 ans. La malade vient consulter pour de l’emphysème pulmonaire, des crises d'asthme presque hebdomadaires depuis plusieurs années, de la dyspnée d'effort. L'artériosclérose est nette. La tension est à 19.

Après 60 jours de traitement silicaté la tension tobe à 15, les crises sont aussi fréquentes, mais infiniment moins violentes.

Après huit mois de traitement (interrompu 10 jours par mois), les crises ont presque complètement disparu. Pas de crises depuis le 16 mai 1907. L’emphysème n’a pas été modifié sensiblement.

Observation XVIII Scheffler, Arch. gén. de méd., 1908.

M. F., 62 ans, a depuis 6 ans des crises d’angine de poitrine fréquentes qu’il soigne soit en respirant du nitrite d’amyle, soit en absorbant de la trinitrine.

L'artériosclérose est très nette. Le 2e bruit cardiaque est très éclatant. La tension est à 20.

Au bout d’un mois et demi de traitement silicaté par ingestion la tension tombe à 17. L'amélioration des crises d’angine est très nette.

Le malade continue le traitement silicaté par ingestion pendant un an et demi 20 jours par mois. Il n’a une nouvelle crise qu’au bout de deux ans. À ce moment le malade ne suivait plus aucun traitemert depuis six mois. La tension est remontée à 19.

On reprend alors le même traitement silicaté. Le malade revu au bout de 6 mois, n’a plus eu de crises. La tension est à 17.

Observation XIX Scheffler, Arch. gén. de Méd., 1908.

M. C., 42 ans, profession sédentaire. Ce malade a depuis quelques mois, des crises d’angine de poitrine tellement intenses et fréquentes que le médecin traitant du malade a prévenu la famille d’une issue fatale probable à bref délai. |

Il existe un amaigrissement rapide.

Le malade est dyspnéique. Il y a de la dyspepsie; le foie est gros.

L’artériosclérose est nette. Le cœur est incomptable; le rythme est embryocardiaque. La tension ne peut être prise.

Le malade est mis au traitement silicaté par ingestion, au repos et au régime lacto-végétarien. En outre on lui administre 15 jours

ES de la spartéine. Ce traitement commence le 29 novembre Le 7 mars 1906, le foie est normal, les digestions sont bonnes. Il y a de l'embryocardie et de la tachycardie. Il n’y a pas eu de

crises d’angine de poitrine. Le même traitement est poursuivi. Le 18 avril, le cœur est régularisé, encore un peu de tachycardie

d'effort. Il n’y a pas de dyspnée, il n’y a pas eu de crises. La spartéine est remplacée par le strophantus Catillon à la dose de

2 granules par jour, 3 jours par semaine.

Le 24 juillet 1906, le cœur est régulier; il n’y a pas de crise; il n’y.

a pas de dyspnée. La tension est à 19.

Le malade cesse tout traitement et suit imparfaitement le régime.

L’embonpoint est redevenu normal.

Le 16 octobre 1906, état de santé bon. Mais la tension est à 23.

L’on reprend le traitement silicaté seul 20 jours par mois.

Le 10 mars 1907 la tension est à 19. Le bon état de santé générale s’est maintenu constamment.

Observation XX

Même origine

M. R., 51 ans, est atteint d’artériosclérose généralisée et présente des crises d’angine de poitrine fréquentes.

Consécutivement aux crises, asthénie générale, dyspnée, inaptitude complète à tout travail physique ou intellectuel. La tension est-de 22.

Le malade est mis à 20 jours par mois de traitement silicaté. Ce traitement est prolongé pendant six mois.

Au bout de trois mois la tension est de 18.

Depuis l'institution du traitement, il ne s’est produit aucune crise, l’asthénie générale a disparu. La guérison se maintient. Le malade prend du silicate de temps en temps.

Observation XXI Professeur A. Kuhn, Munch. med. Woch, 1921.

Une femme de 80 ans a son sommeil nocturne complètement troublé par des accès angineux très pénibles qui ne sont soulagés par aucune médication.

Par aïlleurs cette malade est arthritique, goutteuse, présente de l'æœdème des jambes sans cependant de troubles rénaux, sans albumine dans les urines.

Un traitement par injections intraveineuses de silicate de soude à la dose de 2 centigrammes tous les trois jours est institué.

DRPRoETe

Après la première injection la malade souffrit d'accès angineux plus violents et plus fréquents dans la nuit, en sorte que l’on pouvait croire à une sorte de réaction. Mais après la deuxième et ta troisième injection la malade arrivait à dormir avec un peu de véronal sans aucun malaise angineux. Elle éprouvait une sensation de bien-être général, se sentait plus vive, conversait avec esprit. L'on va Jusqu’à dix injections et l'on s'arrête. Après quatre semaines de repos nouvel accès angineux qui oblige à reprendre le traitement. Cinq nouvelles injections remettent les choses au point. L'amélioration persiste 10 semaines après la dernière injection.

La principale indication du silicate de soude en dermatologie est le traitement du prurit sénile essentiel, du prurit que Darier définit de la façon suivante : « Prurit chronique, presque toujours généralisé, rémittent, dans lequel la peau est flasque, sèche, granuleuse ou lisse, plus ou moins sénilisée ».

C’est le docteur Fred Luithlen, de Vienne, qui fut le novateur de la méthode. Il se basait sur les constatations suivantes : la silice est un élément constituant important de l’ectoderme, elle favorise l’élasticité des tissus, la teneur de la peau en silice diminue avec l’âge. D’après Schultz en effet pour 1.000 grammes de peau l’on obtient 51 milligrammes de silice chez les sujets jeunes et 38 milligrammes chez les sujets âgés.

Partant donc de ces observations, Luithlen essaya d’employer le silicate de soude dans la lutte contre le prurit sénile essentiel, pour compenser le déficit siliceux.

Il employa d’abord le silicate de soude par voie buccale; il n’obtint aucun résultat. Plus tard, les docteurs Schiffler, Sartory, Pelissier ayant mis au point la technique de l'emploi du silicate de soude en injections intraveineuses, Luithlen appliqua cette méthode à la lutte contre le prurit sénile.

Il obtint alors les meilleurs résultats en injectant tous les deux ou trois jours, 1 à 2 centigrammes de silicate de soude. D'après lui, dès la première injection le prurit s’atténue pour disparaître complètement à la sixième injection (Wien. Klin. Wochens., 27 avril 1922). D’ailleurs non seulement la démangeaison disparaît mais les couches superficielles de la peau sèches, friables, deviennent souples et lisses. Il dit également

Late

avoir obtenu de bons résultats chez les vieillards dans des cas d’eczémas et de psoriasis.

Au XXe Congrès de la société italienne de dermatologie et de syphiligraphie, tenu à Florence en 1923, une discussion s’ouvrit à ce sujet. L'on conclut que le silicate de soude donne de très bons résultats dans le vrai prurit sénile essentiel. Il y a parfois des récidives cédant très bien à une nouvelle cure.

Lévi à la vingtième réunion de la même société rapporte trois cas d’eczéma chronique traités par injections intraveineuses de silicate de soude.ll obtint la guérison du prurit mais pas de l’eczéma.

Podesta, Cascio Rocca apportent des résultats favorables au traitement du prurit sénile par le silicate de soude.

En France, les docteurs Scheffler, Sartory et Pélissier s’occupent de cette question et publient leurs résultats en 1926. Leurs essais confirment ceux de Luithlen.

Ils emploient les injections intraveineuses de 4 ccÿ. d’une solution de 5 mer. par ecë. tous les deux ou trois jours.

Sur 9 cas, les démangeaisons s’atténuent à la deuxième injection et ont complètement disparu à la septième et à là huitième.

Dans 3 cas, 10 à 12 injections furent nécessaires pour amener la guérison complète.

Dans les 2 cas restant l'amélioration a été très marquée mais le prurit quoique nettement atténué a persisté après la douzième injection.

Pierangelli en 1924, Luigi Moretti en 1928, apportent des résultats favorables. (V. obs. III, IV, V, VI, VII.

Ainsi donc les injections intraveineuses de silicate de soude semblent être la médication la plus sûre de cette affection si pénible qu'est le prurit sénile essentiel. Nous insistons bien sur ce fait que c’est la médication du prurit sénile essentiel c'est-à-dire qui n’est en rapport avec aucune lésion prurigineuse : dermatose nettement définie, urémie, parasites ou autres =

Dans les autres prurits le silicate de soude peut donner des résultats, mais très inconstants.

Nous avons vu dans le courant de cet exposé que certains auteurs comme Luithlen, Lévi, avaient essayé le silicate de soude intraveineux dans certaines dermatoses, en particulier l’eczéma chronique. Fr. Canto dans un travail publié à Valence dans La chronica medica du 15 octobre 1932, prétend lui aussi que le silicate de soude donne de bons résultats dans beaus coup de dermatoses;en particulier dans l’eczéma, en applications locales.

Devant ces affirmations nous avons essayé de traiter dans le service du professeur Petges plusieurs cas d’eczémas rebelles par les injections intraveineuses de silicate de soude. Nous n'avons jamais obtenu de résultats nets. Dans 3 cas le traitement par le silicate de soude a coïncidé avec une forte poussée eczémateuse. Peut-être y a--il eu dans ces cas simple coïncidence, peut-être le silicate de soude est-il à l’origine de ces poussées et n’est pas sans inconvénient à ce point de vue-là. Luigi Moretti est d’ailleurs du même avis (Obs. ITT).

De tout ceci retenons que les injections intraveineuses de silicate de soude constituent un des traitements les pl'usefficaces contre le prurit sénile essentiel. Il est possible que le silicate de soude apporte quelques améliorations dans les prurits d'origines diverses, dans certaines dermatoses, mais les résultats sont inconstants.

Ajoutons d’ailleurs que le traitement par les injections intraveineuses peut être complété par l’ingestion de silicate et les lotions locales avec une solution silicatée.

Observation I.

Citée par Scheffler, Sartory, Pélissier, Progrès Médical, 1926.

Mme S..., 64 ans, vient consulter pour un prurit surtout nocturne intolérable et ne lui laissant aucun repos. Aucun traitement n'agit. Il existe une légère albuminurie. L’urée sanguine est de 0,38. |

L'on commence les injections intraveineuses. À la troisième injection la malade a pu dormir une partie de La nuit. La guérison est complète à la 8 injection. Pour plus de sûreté il est pratiqué un total de 12 injections. Il n’y a pas de récidives depuis ? ans.

Lapouge, 6

ZS60

Observation IL. (Même origine.)

M. K., 71 ans, se plaint d’un prurit surtout nocturne depuis 6 mois, avec quelques intervalles de calme relatif. Il suit un régime très sévère et vient nous consulter complètement découragé après une saison à Sail-les-Bains sans résultat.

Pas d’albumine. Urée sanguine : 0,40. |

On commence les injections intraveineuses. À la 4 injection sédation presque complète mais la guérison ne se manifeste qu'à la 8e injection. L'on fait 12 injections. Pas de récidives après 18 mois.

Observation III.

Luigi Moretti, Giorn. [al. di derm. e sifil., 1928.

B. Luigia, 63 ans. Myocarditique.

La malade accuse un prurit intense du thorax et de l’abdomen datant de plusieurs mois. Sur l'abdomen l’on constate un eczéma sec.

Examens des urines et du sang normaux. Un traitement de 15 injections intraveineuses de silicate de soude n'apporte aucun résultat.

Observation IV.

(Même origine.)

T. Enrica, 65 ans. Hémiplégique. La malade se plaint d’un prurit vulvaire et aussi de la partie supérieure du corps.

Traces d’albumine dans les urines. Urée sanguine normale.

L'on commence le traitement par les injections intraveineuses de silicate de soude. À partir de la 4€ injection la malade commence à se sentir soulagée. A la 7 injection le prurit a disparu et ne s’est pas reproduit depuis.

Observation V.

(Même origine) T. Angelo, 86 ans. Le malade accuse depuis un mois environ un

fort prurit sénile diffus qui ne le laisse pas dormir. Examens des urines et du sang absolument normaux. Le traite-

Len À

ment par injections intraveineuses de silicate de soude donne des résultats surprenants :

Le prurit disparaît au bout de trois injections.

Observation VI.

(Même origine.)

R. Alessandro, 75 ans. Le malade se plaint d’un fort prurit diffus dans tout le corps. |

Pas d’albumine. Pas d’urée sanguine. Aucune dermatose.

Après » injections imtraveineuses de silicate de soude l’on obtient une notable amélioration. Mais après 1 mois, récidive du prurit. L'on reprend alors la cure et le prurit disparaît complètement après D injections.

Observation VII.

(Même origine.)

D. Antonio, 64 ans. Le malade se plaint d’un fort prurit génital et de la tête. Examen absolument normal par ailleurs.

Après 7 injections intraveineuses de silicate de soude le prurit sénile a presque complètement disparu. Après un mois de cessation de la cure une nouvelle récidive se produit. Il fallut 10 injections nouvelles pour obtenir la guérison complète et définitive du prurit.

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