‹ Le Sillon et les catholiquesChapitre 13 sur 109 · IV. — L'ESPRIT RELIGIEUX · texte numérisé non relu

IV. — L'ESPRIT RELIGIEUX

errain de la société civile ; maïs elle a une répercussion profonde sur la vie morale et religieuse de ceux qui la poursuivent. Un christianisme * intense a toujours été l’une des caractéristiques

LPO

les plus évidentes des milieux sillonnistes, et

… dans les documents mêmes qù des membres de

. l’épiscopat formulent des réserves ou des criti- … ques à l’adresse du Sillon, on trouve de conso- … lants témoignages en faveur de la piété des sillon- . nistes. |

De cet attachement à la religion, deux causes ( principales peuvent être signalées, et voici la pre- …mière : issus de familles foncièrement catholiques, ceux qui furent les premiers de tous les

“l'année même de leur première communion, Dieu “et Patrie (1), résumait éloquemment toutes leurs vues d’avenir :

(x) C'était en 1885, Marc Sangnier et Paul Renaudin étaient “élèves de sixième au petit Collège Stanislas. Sur les paterelles représentations de leur directeur, les rédacteurs remirent plus tard la fondation d’un vrai journal et ainsi Dieu et atrie n'eut qu’un seul numéro, encore ce numéro était-il

« Sans expérience, dit Marc Sangnier, ignorants de tout ce qui se passait sur la scène extérieure du monde, enfermés dans la studieuse retraite d’un collège, nous savions pourtant, d’une certitude passionnée, que si le découragement, la lassitude et le dégoût s'étaient emparés de nos pères au point que la force même d'espérer défaillait en leur cœur, nous, nous étions attachés à une œuvre de salut, impuissants à limiter jamais nos ambitions à une égoïste médiocrité sans enthousiasme et sans joie, nécessairement entraînés vers un avenir que nous ignorions encore, mais dont l’attirance nous semblait irrésistible. Nous savions qu’une force toute-. puissante habitait en nous : ce Christ dont nous parlaient nos maîtres et qui, surtout, nous parlait lui-même au plus intime de l’âme, n'était-il pas Celui dont les foules trompées, gonflées par de vains et généreux désirs, meurtries par de cruelles réalités, avaient inconsciemment faim et soif ? » (1)

La seconde cause, nous la trouvons exprimée dans le programme même du Sillon :

« Nous voulons mettre au service de la démocratie

française les forces sociales que nous trouvons dans le catholicisme. » (2)

On l’a dit avant le Sillon :

« Si tout Etat, pour subsister et prospérer a besoin de religion, l’état démocratique est certainement celui

(1) Marc Sangnier, Le Sillon, esprit et méthodes, p. 21. (2) Marc Sangnier, Le Sillon, esprit et méthodes, p. 36.

Page 1