‹ Le Sillon et les catholiquesChapitre 39 sur 109 · PEL. — LES QUESTIONS MIXTES · texte numérisé non relu

PEL. — LES QUESTIONS MIXTES

li est immortel, et que le lien qui nous unit à l’Eglise encore plus solide, plus puissant que celui qui nous unit au pouvoir civil et à la patrie elle-même.

t cela, j'ai eu le courage et la loyauté de le dire s des réunions de libres-penseurs, d’anticléricaux, de dicaux et jusque pendant la période électorale où généalement on ne dit pas la vérité trop crue. »

… Sentant bien qu’on va l’accuser d’oublier son évoir de Français, il ajoute immédiatement :

( Soyez bien convaincus qu’en tenant ce langage, je ne fais pas acte de mauvais patriote; bien au con-

118 Ps elle n’usurpe pas un terrain qui n’est pas e sien, de même ceux qui savent se sacrifier pour rester

"à la patrie terrestre, ce n’est pas dans de tels milieux que l’on trouve le mépris et la haïne de la France, mais bien plutôt chez ceux qui, ayant commencé par renier

renier bientôt la patrie temporelle. » (1)

Catholiques avant tout.

Cette idée de la religion primant tout, Marc “Sangnier l’avait déjà exposée bien des fois,

Lt) Marc Sangnier. Les droits de la Conscience ; tract rouge; “20 juin 1909 ; p. 32 et 33. :

notamment au Meeting tenu à l'Hôtel des Sox tés savantes, le 3 octobre 1905, et annoncé sousi titre Armée et Patrie. À un interrupteur qui venà

de crier : « La France au-dessus de tout! | l’orateur répondit immédiatement : « Je suis con « vaincu que le contradicteur qui vient de Fr « noncer ces paroles n’est pas un chrétien, €

« alors il aurait blasphémé Dieu qui est au-de

« de tout! » Et au cours de la conférence il sex

prima ainsi :

« La France mérite que l’on se dévoue pour el mais ce que je ne puis pas admettre, entendez-le bien c'est qu’on dise : « La France limite tous nos efforts il n’y a rien au-dessus d'elle... » ne

J'ai entendu prononcer dans certaines réunions natio: nalistes cette phrase qui était toujours couverte par des tonnerres d’applaudissements : Protestants, catholiques ou Juifs, ce sont des prénoms tout cela ! Nous n’arcni qu’un seul nom de famille ; c'est celui de Français.

Eh bien, je crois que nous ne pouvons pas acceptef une telle doctrine... il me semble, en effet, qu'à mo d'affirmer que l’on n’a pas de religion, on est fo: de considérer que le lien créé entre les âmes par œ religion est un lien supérieur, un lien antérieur au li de la Patrie, car si la patrie de nos corps peut et doït être aimée, je ne considère pas qu'il soit permis de dire qu'il ne faille pas faire passer avant tout le lien de Ia Patrie des âmes, — lien d'autant plus élevé qu'il peut it réunir dans un culte commun tous les esprits libres et

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