CHAPITRE VIII
Le Sillon et les Questions sociales da, et économiques
statations à propos des deux chapitres précédents. — ; alité. — Autorité. — Tradition et progrès. — La Patrie. fa L'Armée. — La Propriété. — Patronat et salariat. — 4 dicats. — La lutte de classe. — Socialisme. à
Æn lisant les chapitres précédents, on aura eu
doute l’impression que les Sillonnistes, s’ils ntendent pas le moins du monde s’ériger en
ologiens, si au contraire ils s’estiment heureux ecevoir avec une filiale soumission l’ensei- ES ment religieux de ceux qui sont chargés par
de les instruire, se sont toujours préoccupés se tenir à l’abri des fausses doctrines : ils iment pas le libéralisme doctrinaire et n’ont
un goût pour le libéralisme économique ; leurs”
l’Église, trop peu connues — hélas ! — de be coup de catholiques ; le modernisme est pour. eu sans attrait et ils s’en tiennent avec bonheur à
vieille foi toujours féconde ; enfin, ce n’est pas
protestantisme, mais le catholicisme qui leu apparaît comme le christianisme intégral, co: am L la religion qui seule a tout ce qu’il faut pour les sociétés aussi bien que pour les individus. à È
Sur le terrain des questions mixtes, on a M comment ils affirment qu’il faut « donner le pas* ce qui est immortel », « que le lien qui nous unit à l’Église est plus puissant que celui qui nou unit à la patrie elle-même », et qu’ils entendent « être catholiques avant même que d’être Fran çais », que pour la défense religieuse aussi bi que pour l’enseignement du dogme et la directi of des consciences, les seuls chefs, les seuls maîtres et les seuls guides sont les pasteurs légitimes ; qu si des catholiques français travaillent pour k république démocratique, ils peuvent le faire et toute sûreté de conscience, puisque c’est l’enseignement même de l’Église ; mais qu’ils n’ont pas le droit de mettre ce travail sous le couver
vur. — LES QUESTIONS SOCIALES 105
F démocratie chrétienne, puisque « ce terme émocratie chrétienne ne doit être détourné à un sens politique »; qu’ils doivent donner F concours aux œuvres diocésaines et paroises et en cela, s’inspirer de l’esprit même que use veut répandre dans ces œuvres ; que, ans leur action sur le terrain civil et politique, s ne doivent jamais oublier leur qualité de cathoes et par conséquent, puisqu'ils n’ont pas lité pour parler au nom de l’Église, pratiquer moins l’apologétique indirecte qui apporte témoignage de la science profane comme un mage à la vérité religieuse ; et qu’enfin, tout
obligerait les autres catholiques à partager
tique.
Ainsi donc, sur le terrain religieux proprement les Sillonnistes ne veulent savoir et croire ce qui leur est enseigné par l’Église, et dans questions mixtes, c’est-à-dire partout où les
Ur opinion dans les questions d’ordre civil et.
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intérêts spirituels se rencontrent avec les in temporels, ils n’estiment pas avoir besoin d'u autre liberté que celle que l’Église elle-mi reconnaît à ses enfants ; pour eux « la liberté d citoyens catholiques ne consiste pas à décide même pour le temporel, sans se préoccuper d l’Église ; mais uniquement à choisir eux-même parmi les diverses solutions conformes aux prin
cipes dont l’Église a la garde, la solution qui leu paraît préférable ». (1) Ils savent en outre que dans la poursuite de cette solution ils ne devron soustraire ni leur propagande, ni leur action at contrôle que l’Église exerce sur tout ce qui tou h à la justice, à la morale et à la religion. à
Reste maintenant à examiner, au point de vue de la conformité avec cette définition de la liberté | des citoyens catholiques, ce que valent les idées” des Sillonnistes sur les questions que soulève, l’action même du Sïllon. Que pensent-ils sui | l'égalité, l’autorité, la propriété, sur toutes a choses enfin dont la forme dans les sociétés peut varier à travers les temps, mais ne doit pourtant
(1) Chapitre v, p. 59, du présent ouvrage.