‹ Le Sillon et les catholiquesChapitre 63 sur 109 · CHAPITRE IX Quelques actes du Sillon · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX Quelques actes du Sillon

e attitude. — L'’expulsion des religieux et la fermeture de eurs écoles. — La réunion des Mille-Colonnes et le meeting anglant. — Pour la morale chrétienne, contre « la Taupe ». Contre le duel. — Pour la liberté de l'éducation chréenne. — Les droits de l’Eglise et la Séparation. — Lors des poursuites contre le Cardinal Andrieu. — Au Quartier Latin : le Sillon et Jeanne d’Arc.

Les entreprises du sectarisme irréligieux contre foi, le culte et la morale catholiques, ont mis à erses reprises les Sillonnistes dans le cas de sfendre l’Église, son enseignement et sa discine. Ils n’ont pas reculé devant ce devoir ; mais

quel ils ont su placer et maintenir ce genre de bats. Tandis qu’en pareïlle occurrence, d’autres

qu’elle est Min. hui — leur pa facil l'air d’usurper une mission qui n’est pas la le les Sillonnistes, au contraire, se maïintienn invariablement dans le rôle de citoyens pal comme tels à leurs concitoyens. Ils n’om certes pas l’affirmation de leur foi catholique on leur a même reproché de trop la proclamer” mais s'adressant aux Français de main nai dont beaucoup, hélas! sont des incroyants,, c’ la responsabilité du citoyen envers son pa qu’ils mettent directement en jeu. 4

Ils nient la possibilité de fonder l’ordre so sur le matérialisme; ils établissent victoriet ment que des forces morales sont "1 toute nation qui veut vivre; et ils mon

comme un devoir pour tout bon citoyen, mê non catholique, de respecter cette incomparak source de forces morales qu'est la religion. \C n'échappe pas à cet argument en disant : « 2 pi tout qu'importe? je ne suis pas catholique On se sent atteint même au simple titre

membre de la société temporelle. En procéda

leur action reste bien une action de citoyens.

L’expulsion des religieux et la

fermeture de leurs écoles

« Alors qu’au lendemain de la circulaire de M. Combes érmant 2.500 établissements religieux), (1) la France, prise par la brutalité du coup qui lui était porté, lerchait à se ressaisir et semblait attendre un signal ur manifester publiquement et par des actes son indination, le Sillon l’un des premiers, a jeté le cri d'alarme : de ralliement et adressé à tous les esprits libres l’appel tentissant que l’on sait et dont la presse européenne est fait l'écho. »

et appel disait :

« Dans un pays libre, c'est un devoir pour les citoyens e veiller au salut de la chose publique, et d’avertir les fouvernants, chaque fois qu’ils essaient de violenter la bnscience nationale.

En chassant brutalement de pauvres religieux, en tant sur le pavé des rues des fils et des filles d'ouriers dont on veut proscrire les maîtres, ce n’est pas eu ement un tort injustifié que l’on fait à des milliers citoyens français, c'est la démocratie que l’on arrête ns son essor, c’est la République que l’on discrédite, la France que l’on déshonore !

quelque parti politique, à quelque doctrine philosophique, à quelque confession religieuse que nous

(x) Juillet 1902.

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appartenions, nous avons le droit de nous unir pot aujourd’hui, assez haut pour que notre cri devie ordre :

Arrière !.… Vous ne nous connaissez pas !.…. À adversaires des catholiques, nous voulons combattrea des armes plus loyales.. Nous repoussons celles@ vous offrez. S’en servir serait une honte !

L'appel se terminait par l’annonce suivante :

Salle des Sociétés savantes, 8, rue Danton

Les ENNEMIS DE LA RÉPUBLIQUE L’assassinat d’une liberté. — Les réformes démoc tiques oubliées. — La guerre religieuse.

tout à l’heure : les Sillonnistes n’ont pas quali

sabilité du citoyen qu’ils mettent en jeu.

Ces idées s’affirment nettement dans le cours de Marc Sangnier :

Pour les sectaires, dit-il, « il ne s’agit ni de limit la puissance des Congrégations que des lois financière d’exception atteignent depuis longtemps, ni de défend la République qui n’est mise en péril que par ses défen seurs, ni de faire respecter l'indépendance de l'es

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que seule sa ridicule prétention à la tyrannie des sciences discrédite et appauvrit, mais tout simplement mettre la force coërcitive de l’Etat au service d’une ctrine philosophique (l’athéisme matérialiste) trop ble pour se défendre si on l’abandonne à ses propres ces. C'est bien là évidemment du cléricalisme, c’estdire la confusion des pouvoirs temporels ef spirituels, j'imagine que l’on a rarement rencontré des cléricaux s tyranniques aue les jacobins sectaires. Ils sont sur- It dangereux parce que, inconsciemment ou non, ils it terriblement hypocrites et se présentent comme les Otecteurs de la neutralité de l’Etat. Or, la neutra- (x) consisterait justement à laisser les doctrines holiques et anticatholiques se développer et rayonner liberté, sans prendre parti ni pour ni contre : et c’est e qu'ils ne veulent pas.

econnaissons toutefois, que leur attitude est le plus él'hommage rendu à notre religion : ils se rendent parditement compte qu’un régime de liberté fortifierait

que ; on tend à consacrer un malentendu regrettable bon rend en somme la République responsable d’une jctrine qui n’est que celle des Jacobins et des Francsaçons, ces pires Ennemis de la République puisqu'ils

(1) Rappelons ïici que Marc Sangnier n’a jamais préconise Système de la neutralité.

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l'ont réduite en esclavage et, tandis qu'ils

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les gardiens, n’en sont, en vérité, que les bour

Et maintenant, si l’on veut, par LU Au l'émeute, nous empêcher de parler, il se peut fort q soit déçu. Il ne faut pas que notre douceur trom adversaires. Nous autres, catholiques, nous savons frir sans nous plaindre ; mais nous savons aussi ét témoins de notre foi... Qu'on y prenne garde ! "Nr sommes d’une race dont les fils savent mourir !... “et sang des martyrs est une semence de chrétiens. 5

La réunion eut le plus magnifique succès et termina par le vote de cet ordre du jour :

« Les 2.000 citoyens qui ont pris part à la réus) publique organisée par le Sillon dans la grande salle d | Sociétés savantes, dénoncent à tous les penseurs Jibr sans distinction d'opinions politiques ou religieuses, attentats à la liberté commis contre les écoles que M vient de fermer et affirment leur volonté de défer la République et la démocratie contre ceux qui l’af blissent ou la déshonorent. » 1

« Toute la salle vote cet ordre du jour par acclam tions, dit le compte rendu. Des cris retentissent « Liberté ! Liberté! Vivent les Sœurs! » Quand nouveau l'orchestre attaque la Marseillaise, toutesMl voix se joignant à lui, et les échos de notre hym national, chanté par deux mille personnes, parvienr jusqu'aux oreilles des agents qui stationnent… dehors. » (1) Ù x

(1) De la revue le Sillon, numéro spécial, 2 août 1902, pô toutes les citations qui précèdent. 16

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