‹ Le silo et le pâturage [microforme]Chapitre 13 sur 20 · LE SILO ET LE COLON · texte numérisé non relu

LE SILO ET LE COLON

Le colon lui aussi, que cela ne vous étonn* pas, peut tirer un excellent parti du silo, même s’il ne peut se payer un coupe-paille.

C’est ordinairement à l’automne qu’il se rend sur son lot. Il fait d’abord l’efferdochage et se construit son habitation. Une de ses premières ambitions est de pouvoir nourrir une vache pour son alimentation et celle de sa famille. Pendant le premier hiver, il abat les grands arbres dans son eferdochage, met les troncs en piles et se prépare a brûler au printemps.

Le printemps venu, après la grallade, il promène sa herse, et fait ses semailles. S'il veut avoir une ou des vaches dès le premier été,

il pourra choisir l’endroit le plus convenable pour y semer à la volée

- son blé-d’inde en vert.

On sait bien que dans les bois francs, les bêtes à cornes peuvent y trouver leur vie et même se maintenir en lait pendant l'été.

Pendant que les vaches brouteront dans la forêt, la cloche au col, la provision d’hiver croîtra rapidement dans le sol vierge et à l’automne la précieuse récolte de maïs sera soigneusement confiée au silo en terre ou construit en pièces comme la maison du colon, les parois internes étant écarries à la grande hache et les interstices bien tamponnées de mousses.

Les bêtes seront mieux que l’été nourries pendant l'hiver, et le lait coulera abondamment pour les petits enfants.

Suivant le système ord, «ire, le colon ne pourrait se payer le luxe d’une vache que le troisiêre hiver etencore !

Dans son silo, le colon pourra conserver avec son maïs toutes les feuilles de sa récolte de navets qu’il ne manque jamais de semer sur la grillée.

Mais revenons au cultivateur, et à l’ensilage que nous lui preposons. Vous savez, messieurs, que le beurre le plus savoureux et de la bonne coule .:r est le beurre du paturage.

Laissez croître l'herbe de ce paturage ; fauchez-là, séchez-là, faites en du foin en un mot et donnez le à vos vaches. Le, beurre n’a plus la même saveur. Il est pâie; ce n’est pas le beurre de l'herbe. Votre fourrage s’est donc détérioré : vous avez subi une perte en faisant votre récolte. Prenez la même herbe verte de ce paturage, portaz-là au silo et nourrissezen vos vaches. Vous retrouvez le beurre de l'herbe. Voilà qui plaide,n’est ce pas.pour cette manière d’engranger qu’on appelle l’ensilage. La récolte ne se détériore pas. Vous avez là la prairie à la main, car aussitôt que ves vaches se mettent à consommer le contenu de vos silos, elles augmentent rapidement en läit.

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