‹ Le silo et le pâturage [microforme]Chapitre 17 sur 20 · COMMISSION ANGLAISE · texte numérisé non relu

COMMISSION ANGLAISE

Le Département agricole du conseil privé en Angleterre a, durant l'année dernière, adressé une série de questions aux nombreux propriétaires de silos dans ce pays.

On voulait réunir et condenser leurs expériences et en faire part au public agricole. On aimera peut-être à avoir un résumé de ce rapport, bien qu’il dénote que l’ensilage n’était pas encore bien entré dans la pratique anglaise. On a reçu 373 réponses condensées comme suit :

* Production du lait. Aucun changement, 22. Augmentation dans la quantité et la qualité, 95. Diminution dans les mêmes, 1.

Augmentation dans la quantité, 93. Diminution dans la même, 5. Qualité améliorée, 34. La même détérivrée, 5. Qualitée améliorée et quantité réduite, 4. Quantité augmentée et qualité diminuée, 5. Résulta:s favorables sans mention de qualité ou quantité, 30.

Production du beurre. Aucun changement, 1. Augmentation dans la qualité et la quantité, 18. Qualité diminuée, 2. Qualité. augmentée, 24. Qualité diminuée, 3. Résultats favorables sans mention de qualité et de quantité, 15. Résultats non-favorables, 1.

Il appert par ce rapport que c’est à l’alimentation des bêtes à cornes qu’a êté consacrée la plus forte partie de la conserve produite, et somme toute, les résultats sont satisfaisants. Vous savez que l*s Anglais ne sont pas enthousiastes.

Le rapport dit que la conserve est préféré par le bétail à tout autre fourrage. Il en serait de même pour les chevaux. La conserve est le fourrage produit à meilleur marché. Passant de la nourriture sèche à la conserve, on a remarqué une augmentation notable dans la quantité et la qualité du lait. On a nourri pendant quelques mois et avec un bon résultat des vaches à la conserve uniquement.

Beaucoup affirment qu'au moyen du silo on peut nourrir un plus grand nombre de têtes sur la ferme. La conserve est un substitut économique et excellent avec légumes. On recommande de ne pas garder une trop grande quantité de conserve tout auprès des vaches laitières, de crainte que l’odeur alcoolique donne un goût au lait. Que celui qui distribue le lait ait le soin de se laver les mains avant de traire les vaches. On s’accords à dire généralement que la conserve constitue un aliment sain et nutritif. Les bêtes généralement préfèrent la conserve douce et sucrée, quelques unes la conserve acide.

Voilà le résumé de ce rapport important formant un volume de 300 pages. J’ai cru que je le mentionnerais ici pour prouver combien cette amélioration importante du silo a éveillé l'attention en Angleterre. L'autorité s’en est occupée et s’est emprèssé de mettre sous les yeux dé toute la nation les résultats obtenus par ceux qui s’étaient chargés de faire les expériences. La conséquence, c’est qu’en 1886 on comptera en Angleterre au-delà de 4000 silos. Mais c’est aux Eiats- Unis que ce te nouvelle méthode d’exploitation de la ferme a pris la plus rapide extension. Mr.:Baylie, un des premiers qui se soient chargés d'introduire le silo dans son pays, déclare que l’ensilage va opérer toute une révolution dans l’agriculture américaine. Ainsi avec lui on repeuplera les vieilles fermes abandonnées de la nou-

velle Angleterre qu’on peut acheter aujourd’hui à prix minime.

N’avons nous pas, nous aussi, quelques parties de notre province où la propriété aurait besoin d’être remise en valeur,

Avant l’établissement du silo, la ferme de M. Baylie ne pouvait nourrir que six vaches et un cheval. Maintenant elle nourrit trente cinq vaches, cinq chevaux et cent vingt cinq moutons. Voilà en effet une révolution. Aussi Baylie dit-il de son modèle, l’agriculteur français Goffart, que c’est un homme que l'univers entier devrait

s'empresser d’honorer.

Il me semble, Messieurs, que j'ai tenu si longtemps votre bienveillante attention ensilée, qu'il serait téméraire maintenant de vous demander de me suivre dans une excursion par nos paturages, mais ne fesons qu'y jeter un coup-d’œil à la hâte.

Reconnaïit-on chez nous toute l'importance du paturage ?.

Le champ qui lui est consacré, le cultive-t-on tout comme un autre champ où l’on veut obtenir une bonne récolte ?

Etablit-on dans notre province ces paturages perpétuels, richesse de la ferme tels qu’on les voit en Angleterre par exemple ?

Malheureusement, nous avons à répondre dans la négative à ces questions.

Le paturage chez nous, ça doit venir tout seul. Qui se donnera le trouble de le créer, de le constituer de toutes les herbes qui peuvent en faire la richesse; de le tenir en parfait ordre, de lui accorder enfin sa part raisonnable du travail et de l'attention du maître de la ferme.

Quand une prairie ne rend plus sous la faux, elle est mûre pour le pâcurage.

S'il y a un morceau en rochers, en bois ou en marais sur la propriété, là ou la charrue ne peut se hasarder, on l’appellera paturage. Mais au moins lui fait-on les améliorations qui le rendraient produc if? Bien rarement. Si les bêtes n’y prospèrent pas, on les en dédommagera en leur livrant le regain des prairies. En attendant on les laisse souffrir, maigrir, tarir.

Ces champs qui deviennent paturage après avoir été prairie n’offrent au bétail que leur maigre récolte de mil, peu de trèfle, rien de cette diversité de plantes qui par des saveurs variées doit tenter l'animal et aiguiser son appétit.

Un pareil état de choses a besoin de remède. D’autant plus que le paturage est le champ qui, pour le moins de travail, donnera le plus de profit.

Que l’on établisse sur chaque ferme un paturage permanent sur lequel on domiciliera pour toujours bon nombre des différentes pie qu’il peut porter, du moins celles reconnues com me les plus utiles.

Que l’on se dise que le paturage a sa nature ru : que c’est de l'herbe pour faire brouter et non du foin pour la faulx que l’on va y semer : qu’il doit être constitué autrement que la prairie en un mot.

Sur presque toutes les fermes, il y a bien un de ces morceaux laissés en paturage permanent, mais que l’on n’a jamais établi comme tel. On y a lâché les bêtes et c’est là tout ce qu’on a fait. Pourtant de ce champ délaissé, vrai paria de l'exploitation, on peut tirer un grand parti. "

C'est que le paturage est aussi peu fier qu’il est généreux. Il s’accommode de peu, s'établit partout. Il étendra son beau manteau d'herbe fine, drue et soyeuse et sur les pentes raides, et sur les hau-

teurs et dans les vallons, là où la charrue souvent ne saurait fourrer

le nez. Dans les parties de la ferme toutes laides de roches, il sera aussi prodigue qu'ailleurs. d

Oui on peut le placer partout, le paturage, pourvu qu’on veuille bien y travailler.

Avec lui on utilisera ces hauteurs d’où l’on a incorsidérément chassé la forêt primitive ; là où la déclivité est trop prononcée pour le parcours des attelages. (Ces hauteurs deviendront une des bonnes parties de la ferme.

Si le paturage est un marais, il faudra le drainer et remplacer les herbes sûres et marécageuses par celles du gazon.

Ce paturage permanent bien établi et bien conservé sera d’un immense secours au cultivateur.

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