INTRODUCTION. IX
Un siècle plus tard les mœurs publiques étaient bien changées. La scène des collèges était demeurée immuable.
Les prix étaient alors donnés tous les ans par le Parlement de Normandie, au Collège Royal Archiépiscopal de Bourbon, de la Compagnie de Jésus.
On a conservé le programme très développé d'un ballet longissime, composé en 1758 par Bacquoy Guédon, maître à danser du collège. Le Pouvoir de Vharmonie, tel est le titre, laissait un vaste champ libre à l'imagination du chorégraphe. Aussi ne s'est-il rien refusé. Il passe du sacré au profane, et du profane au sacré, sans toutefois les confondre dans ses entrées de ballets qui ne sont pas moins de quatorze, suivies d'un ballet général. A la prise de Jéricho succèdent Arion et son Dauphin. Après David touchant de la harpe et dansant, ou ne dit pas si c'est devant l'Arche, paraît Esculape guérissant des moissonneurs de la Pouille, piqués de la tarentule. Et, que de merveilles! des arbres et des rochers marquant la cadence; des satyres exprimant par des danses ingénues une joie j^ure et innocente. On assiste à l'entrée des Vertus civiles, et Platon, le divin Platon, a un très beau succès d'austérité dépouillée. Lycurgue, lui aussi, a sa part de paisible harmonie, et fait place à l'entrée des Arts mécaniques, où figurent entr'autres danseurs des savetiers, des pâtissiers et un charbonnier, que remplacent bientôt Virgile, Anacréon, Melpomène etTherpsicore. Le grave et le doux, le plaisant