PRÉFACE V
faut pas s'en étonner. Ce n'est pas en vain que ceux qui les réclament se sont appelés en France et s'appellent encore en k\\ema,gnedémocrateS'Socialistes^ Le socialisme n'est, en effet, que la démocratie achevant de s'organiser, s'efforçant de mettre sa constitution économique d'accord avec ses principes politiques, puisque l'égalité devant la loi et le suffrage universel ont déjà pour base, comme nos revendications, l'équivalence entre elles des personnes morales quiforment une nation, des unités individuelles qui composent un corps social.
Aveugle]^ qui ne voit pas que le régime où nous vivons devient par degrés collectiviste. L'instruction gratuite, telle qu'elle existe dans l'enseignement primaire, est un service public dont tous les citoyens paient les frais et dont ils profitent tous en proportion de leurs besoins. C'estune institution, non plus seulement socialiste, mais communiste. Thiers la qualifiait ainsi avec raison, quand il la repoussait à tort en 1849.
Qu'est-ce encore que ces syndicats d'ouvriers industriels et agricoles; que ces sociétés coopératives de consommation et de crédit engendrant et faisant vivre des sociétés coopératives de production ; que ces entreprises régies par l'Etat ou les communes (postes, canaux, tramways, eau, gaz, électricité, etc.), sinon les assises de l'édifice socialiste qui s'ébauche au sein même du monde capitaliste? N'est-ce pas là