Ibid.,p
2. Auge Laribé. La viticulture industrielle du Midi de la France, p. 275 .
que les Italiens dans les départements viticoles du Midi.
Ainsi que le constate H. Joly, dans son livre sur la Belgique criminelle , le travailleur français voit dans le travailleur belge un concurrent redoutable, qui tend a faire baisser les salaires. Au milieu des ouvriers français, mieux tenus, mieux soignés, coiffés d'un chapeau, l'ouvrier belge se reconnaît tout de suite à sa casquette, d'autant mieux que tout le reste est à l'avenant. L'ouvrier français est habitué à plus de confort. Dans les fermes, il lui faut de la viande tous les jours, alors que son concurrent se contente de légumes. Le Français est difficile sur la boisson, comme sur la qualité des victuailles ; le Belge ne se plaint jamais et boit de la bière piquée ; il la préfère presque: en tout il est rude et pauvre (i).
Toutefois, les expériences de ces dernières années montrent que les fermiers auraient tort de compter indéfiniment sur l'armée de réserve des travailleurs nomades pour maintenir à un niveau très bas le taux des salaires agricoles.
Joly fait observer, en effet, que les ouvriers flamands eux aussi commencent à réclamer, pour leur dur travail, une rémunération plus forte :
« Leurs exigences se sont grandement accrues. Dans l'été de 1905 leurs employeurs français comptaient leur donner le prix habituel qui était de qua-