Mazzoldi, loc. cit, p
terre ne les empêche nullement de travailler, en outre, pour le compte d'autrui.
Dans tous ces divers cas, ce sont les journaliers, es salariés agricoles, qui ont la majorité dans l'organisation syndicale. Mais il en est autrement dans quelques régions, et, par exemple, dans le Bourbonnais ou le département des Landes.
Presque tous les ouvriers résiniers des Landes, qui doivent donner des soins continuels aux pins d'où ils extraient la résine, sont en même temps des métayers, cultivant un morceau de terre au compte du propriétaire et recevant, pour ce travail, le logement et une part de la récolte. Aussi, dans les contrats passés entre les propriétaires et les syndicats, à la suite des grèves qui existèrent dans notre région, en 1906, trouvons-nous à côté des stipulations relatives au travail de la résine, toute une série de clauses fixant la part des métayers, le nombre de journées qu'ils s'engagent à faire au service du propriétaire, les obligations que ce dernier doit remplir quant aux semences et à la fourniture du bétail (chèvres et brebis) nécessaire à la confection du fumier de la métairie(i).
Le caractère « paysan » des syndicats agricoles du Bourbonnais est encore plus marqué.
Voici ce que disait à cet égard un cultivateur de
1. Gieffuelhes. «Le mouvement des ouvriers résiniers des Landes. » Mouvement Socialiste, juin 1907.
Bourbon-l'Archambault, lors d'une visite que lui faisait, au cours d'une enquête, Daniel Halévy(i):
« Les travailleurs qui se groupent ici sont des métayers. C'est un fait nouveau. Il existe, dans le Midi de la France et dans la Brie, des syndicats de journaliers, ouvriers des champs qui travaillent la terre comme l'ouvrier de ville travaille le fer, le cuir, le bois et vivent au jour le jour du salaire de leurs bras. Il y a dans Ygrande même un syndicat de journalier. Il a sa vie, son organisation distinctes. Les conflits que j'observe ici ne l'intéressent pas. Il assiste, prêt à intervenir à l'heure du butin. Le métayer est une sorte de contremaître que le propriétaire installe sur sa terre. Il exécute les besognes. En fin d'année, les fruits de toutes sortes sont comptés. Deux parts sont faites : l'une va au propriétaire, l'autre est laissée au métayer. Il n'a donc pas de salaire fixe. La fortune du maître et la sienne sont liées : on a pu dire, en ce sens, que le métayage était une association. Ce n'est qu'un mot. Deux hommes de force très inégale ne peuvent être associé. Il est inévitable que l'un soit maître et l'autre serviteur.»
C'est pour atténuer dans la mesure du possible cette inégalité que les métayers ont formé des associations, puissantes surtout dans le Haut-Bourbonnais. Us demandent la suppression des corvées et de l'impôt colonique ; le métayage franc, c'est-à-dire le