CHAPITRE PREMIER LA POLITIQUE AGRAIRE DES PARTIS SOCIALISTES
Lesconclusions auxquelles nous sommes arrive dans la première partie de cette étude, sont dune grande importance pour la politique agraire du socialisme.
Nous avons vu, en effet, que les ouvriers proprement dits ne représentent, en général, qu'une minorité parmi les travailleurs agricoles. A côté des journaliers et des valets de ferme, il y a, dans les campagnes, un très grand nombre de paysans — propriétaires, métayers ou fermiers locataires — dont les uns jouissent d'une certaine aisance, tandis que les autres, qui sont la grande majorité, gagnent à peine de quoi vivre. Si modeste, cependant, que soit leur condition, ils se distinguent des propriétaires proprement dits,
Vandervelde I I
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en ce qu'ils possèdent tout au moins une partie de leurs moyens de production.
Cette catégorie de producteurs, il est vrai, tend à décroître, sinon d'une manière absolue, du moins relativement aux autres classes delà population. Mais la décroissance est lente, surtout dans les pays où le développement industriel n'est pas rapide. Elle n'empêche point que les paysans forment encore, presque partout, sinon la majorité de la population occupée, comme en Russie, du moins le groupe le plus important, ou l'un des plus importants de la population active.
Seuls font exception des pays comme l'Angleterre et la Belgique, dont la population agricole, y compris les salariés, ne représente plus que 15 et 18 0/0 de la population active.
Par contre, en Allemagne, sur 100 personnes occupées, il y en a 36 qui font de l'agriculture leur profession principale(i); en France, il y en 343(2), et, comme dans les deux pays, les exploitants dits indépendants comptent respectivement pour 30, 9 0/0 et 44, 4 0/0 de la population agricole totale, on peut en conclure que sur 100 Allemands occupés, il y en a près de 12 et sur 100 Français près .de 19 qui cultivent pour leur compte, comme propriétaires, métayers ou fermiers locataires.
1. Stalistisches. Jahrbuch . , 1907, p. 14, d'après le recensement de la population de 189c.
2. Recensement général de la population, 1901, t. IV, pp. 125 et 131.
La proportion, naturellement, est plus forte encore dans des pays comme l'Italie, où les agriculteurs forment 56, 7 0/0 de la population active, et comme la Russie, où les huit dixièmes de la population sont des paysans (1).
Dans ces conditions, la démocratie socialiste est nécessairement amenée à définir son attitude vis-à-vis de la classe des paysans, vis-à-vis de cette masse de cultivateurs que les recensements agricoles confondent sous la rubrique, souvent trompeuse, de chefs d'exploitation.
Et c'est ici que reparaissent les divergences, déjà signalées entre les « orthodoxes » et les « révisionnistes ».
Les « orthodoxes » entendent conserver au mouvement socialiste un caractère strictement prolétarien. Ils comptent exclusivement, pour faire triompher le socialisme, sur l'action commune des ouvriers agricoles et des ouvriers industriels. Ils tiennent la politique dite de protection des paysans pour une politique de protection de la propriété individuelle, incompatible, par conséquent, avec la politique socialiste.
Les révisionnistes, au contraire, sont d'avis que limiter l'action du socialisme au prolétariat proprement dit, c'est le condamner par avance à n'être jamais qu'une minorité d'opposition.
Dans Sofialismus und Landwirtscbaft, par exem-
1. Yermoloff. La Russie agricole devant la crise agraire, p. 9. Paris, Hachette, 1907.
pie, David s'élève énergiquement contre cette conception exclusivement prolétarienne du socialisme agricole et soutient que la social-démocratie doit défendre les intérêts de tous les travailleurs des champs, aussi bien de ceux qui possèdent un cheptel ou un lopin de terre que de ceux qui vivent uniquement de leur salaire.
C'est à peu près la même différence de points de vue que l'on retrouve, en Russie, chez les controverses entre les social-démocrates et les socialistes révolutionnaires.
Avant de donner notre sentiment personnel sur cette question — d'où dépend toute la politique agraire du socialisme — nous résumerons les arguments produits de part et d'autre .
§ i . — La thèse de Kautsky
Dans la seconde partie de son livre sur la Question agraire, Kautsky s'attache à montrer que la démocratie socialiste, étant, par essence, le parti du prolétariat luttant pour son émancipation, ne peut défendre, à la fois, les intérêts des prolétaires et ceux des paysans, entant que propriétaires individuels du sol, ou, du moins, des moyens de travail qui servent à l'exploitation du sol.
Ces intérêts, en effet, se contredisent.
La chose est évidente, lorsqu'il s'agit des grands paysans (Grossbauer) employant sur leur domaine
un certain nombre d'ouvriers. Ils se trouvent, vis-àvis de ces derniers, dans la situation d'un entrepreneur capitaliste vis-à-vis de ses salariés. Mais, alors même que cette cause fondamentale d'antagonisme vient à disparaître, c'est-à-dire quand il s'agit de petits cultivateurs travaillant avec les seuls membres de leur famille, ouvriers et paysans n'en restent pas moins opposés les uns aux autres, en tant qu'acheteurs et vendeurs de produits agricoles. Les paysans veulent vendre leurs produits le plus cher possible ; les ouvriers veulent les acheter le moins cher possible.
Certes, à côté de ces intérêts contradictoires, les ouvriers et les paysans ont des intérêts communs. Cette communauté d'intérêts peut, à certains moments, l'emporter sur l'opposition d'intérêts et amener une coopération politique des paysans et des prolétaires. Mais quelques fréquentes que puissent être ces campagnes en commun, en général ils marcheront séparément, et l'allié d'aujourd'hui deviendra l'adversaire de demain.
Dans ces conditions, il est impossible de concevoir un programme socialiste qui protège les paysans comme classe, qui ait pour but de leur garantir, par des privilèges et des mesures d'exception, la conservation de leur propriété individuelle, compromise par le développement du capitalisme.
De même que la démocratie socialiste repousse les privilèges spéciaux qui tendent à protéger le
petit commerce contre la concurrence des grands magasins, de même elle doit repousser, avec non moins d'énergie, les mesures qui tendent à consolider la propriété paysanne, en établissant des droits sur les denrées alimentaires, en ressuscitant le droit d'aînesse, sous des formes plus ou moins atténuées comme l'anerbenrecht en comminant des peines spéciales contre les ouvriers agricoles qui rompent leurs contrats ou en faisant supporter par l'ensemble des contribuables une partie des charges qui grèvent la petite culture. Mais de ce que les socialistes ne peuvent, sans faire tort aux travailleurs industriels, protéger les paysans en tant que paysans, c'est-à-dire en tant que propriétaires, il faudrait bien se garder de conclure que la question agraire puisse leur rester indifférente.
D'abord, et surtout, la démocratie socialiste doit se préoccuper de la protection du travail agricole. A ce point de vue, un vaste champ d'action s'ouvre devant elle. Il faut poursuivre l'abrogation des lois d'exception qui, dans certains pays, refusent encore aux ouvriers agricoles le droit de grève et de coalition, ainsi que la liberté des déplacements (Frei^ugigkeit). Il faut adapter à l'agriculture les lois ou propositions de loi qui réglementent le travail de l'enfance, développent l'organisation de l'enseignement, protègent les jeunes ouvrières, fixent une journée normale de travail, améliorent les habitations ouvrières ou fixent légalement le taux des loyers. Mais,
indépendamment de ces mesures qui intéressent directement le prolétariat agricole, on peut et on doit se préoccuper i° des intérêts de l'agriculture, 2° des intérêts de la population agricole dans son ensemble.
Il n'y a aucune objection, bien au contraire, à inscrire dans le programme socialiste des mesures telles que la communalisation du droit de chasse, la nationalisation des eaux et forêts ; la réunion obligatoire des parcelles appartenant à un même cultivateur, l'assurance obligatoire contre la grêle ou les maladies du bétail, l'abolition de tous les obstacles légaux qui s'opposent au libre développement de la coopération agricole.
D'autre part, il est toute une série d'articles du programme socialiste qui présentent le plus grand intérêt pour l'ensemble de la population des campagnes.
Tels sont, par exemple, la décentralisation administrative, le remplacement des armées permanentes par des milices, la nationalisation de l'enseignement, de la bienfaisance, des transports; l'organisation par des pouvoirs publics de l'assistance médicale ; la gratuité de la justice par l'extension des juridictions prudhomalcs: l'impôt progressif sur les revenus et les successions.
Rien n'empêcherait, naturellement, de numéroter ces deux séries de mesures et de les présenter comme un programme agraire.
Mais, en fait, tout ce qui concerne la protection des
travailleurs agricoles et les mesures favorables à l'ensemble de la population des campagnes, n'est que l'application ou l'extension du programme socialiste en général.
D'autre part, si l'on en excepte la nationalisation des eaux et forêts, les mesures proposées en faveur de l'agriculture n'ont pas une importance telle qu'on puisse les considérer comme un véritable programme agricole.
Aussi les socialistes auraient-ils tort d'espérer que cette politique agraire suffise à leur amener la grande masse des paysans:
« Le parti socialiste restera toujours au fond le parti des prolétaires de la ville ; il sera toujours le parti du progrès économique. Chez le paysan conservateur qui n'aime pas les gens de la ville, qui veut que servante et valet, femme et enfants soient absolument soumis à sa volonté, comme dans la famille patriarcale, le parti socialiste aura constamment à lutter contre des préjugés profondément enracinés, et il ne pourra jamais lui offrir autant que les partis agraires, qui se rapprochent plus de lui, et qui peuvent lui promettre bien davantage, puisqu'ils ne croient pas à la nécessité, à l'inéluctabilité du progrès économique, et qu'ils ne se font aucun scrupule de renverser les rôles de jadis, de faire entretenir les gens des campagnes par ceux des villes, l'agriculture par l'industrie et le commerce.
Le parti socialiste aura peine à jamais gagner le
paysan qui conserve l'ancien mode de culture. Mais il ne faut pas désespérer de l'amener à la neutralité, ce qui serait déjà un gain considérable (i).»
Ce n'est donc pas sur les paysans que doit s'appuyer un parti dont la raison d'être es't la défense des intérêts du prolétariat. C'est aux travailleurs salariés, de l'industrie et de l'agriculture, que la propagande socialiste doit s'adresser. Le jour où elle les aura conquis, la révolution sociale sera possible, car ce sera la révolution de l'immense majorité.
§ 2. — La thèse de David
A l'opposé de Kautsky, David et les « révisionnistes » soutiennent que le socialisme doit élargir son programme. Il ne doit pas se borner à défendre les intérêts du salariat agricole. 11 doit s'intéresser également aux paysans, propriétaires ou locataires.
Certes, — Kautsky a raison de le dire — une des tâches les plus importantes et les plus difficiles, à la fois, qui incombent à la social-démocratie, c'est de fournir aux salaries de l'agriculture les moyens d'améliorer leur triste sort et de se défendre efficacement contre l'exploitation dont ils sont victimes, de la part des fermiers capitalistes et des grands propriétaires fonciers.
i . Kautsky. Lapolitique agraire du parti socialiste, p. 200. Trad. Polack. Paris, Giard et Brière, 1903.
Pour arriver à ce résultat, rien de plus légitime que de travailler au perfectionnement de l'enseignement populaire, de supprimer les entraves légales qui entravent encore, dans certains pays, le droit de grève et de coalition des ouvriers agricoles, de poursuivre l'adaptation à l'agriculture des lois qui protègent le travail industriel.
Seulement, la victoire même de ces légitimes revendications, rendra plus difficile la situation de la grande culture. Elle favorisera la multiplication des entreprises qui n'ont pas recours, ou n'ont qu'exceptionnellement recours, au travail salarié. Elle augmentera le nombre des paysans, propriétaires ou locataires, qui travaillent pour leur compte, avec le concours de leurs proches.
Cette évolution, d'ailleurs, est aussi bienfaisante qu'inévitable. Loin de l'entraver, comme le veulent les « orthodoxes », la démocratie socialiste doit la favoriser, en réclamant, avec énergie, l'adoption de toutes les mesures qui peuvent améliorer la condition des petits cultivateurs, et, notamment, l'organisation du crédit, la réglementation du taux des fermages, le développement de la coopération agricole.
Il est vrai que, pour certains socialistes, favoriser la petite culture c'est faire de la « politique réactionnaire de conservation des classes moyennes ». Protéger les paysans, c'est aller à rencontre d'une évolution nécessaire : ils sont, à la longue, condamnés à disparaître. Empêcher cette disparition est impossi-
blc, et même si cela pouvait se faire, encore ne seraitce pas désirable, carse serait maintenir un état de choses qui constitue un véritable gaspillage de travail humain.
Mais c'est là une construction théorique, qui se trouve formellement contredite par les faits.
Ce qui est réactionnaire — dit David, en substance — c'est de vouloir maintenir artificiellement, au moyen de fidéicommis et de droits protecteurs, les grandes exploitations qui tendent à disparaître avec les progrès de la culture intensive. Ce qui est,au contraire, marcher avec le progrès, dans l'intérêt général comme dans l'intérêt agricole, c'est de favoriser la petite culture. Non pas que, dans leur état actuel, les petites exploitations puissent toujours, tant s'en faut, être considérées comme des modèles ; mais elles sont la condition préalable de la mise en valeur rationnelle du sol par la culture intensive. De plus, elles sont les cellules destinées à former le vaste système d'organisation coopérative auquel appartient l'avenir. et qui, par l'union des sociétés de production agricoles et des sociétés de consommation urbaines, libérera l'alimentation du peuple de tout prélèvement capitaliste et de tout intermédiaire parasite. C'est pourquoi nous n'hésitons pas à dire que dans les pays les plus avancés, le but à atteindre est la transformation des grandes entreprises agricoles en petites exploitations paysannes.
Au surplus, consciemment ou inconsciemment, la
démocratie socialiste travaille dans ce sens, quand elle lutte contre les privilèges des grands propriétaires, contre les tarifs protectionnistes et les entraves à la liberté ouvrière, qui, seules, rendent possible le maintien des grandes exploitations.
Mais, si nous refusons à celles-ci toute protection artificielle, si, d'autre part, nous sommes prêts à faire passer ses domaines aux mains de l'Etat, nous devons savoir ce que nous mettrions à sa place, le jour où notre politique aurait la majorité dans le peuple et dans le parlement.
A cette question, la réponse classique était naguère : des associations coopératives de travailleurs agricoles.
Seulement, qui ne voit que les associations coopératives de productions qui n'ont qu'exceptionnellement réussi parmi les ouvriers industriels, ont bien moins encore de chances de réussite dans le domaine agricole? Tout au plus peut-on espérer les voir se développer dans l'avenir, quand les mentalités paysannes auront été transformées par la coopération pour l'achat des matières premières, la vente et la manutention des produits agricoles.
En attendant, si nous voulons répondre aux aspirations de l'immense majorité des travailleurs agricoles, nous devons inscrire en tête de notre programme agraire : établissement de petites exploitations autonomes sur les terres occupées aujourd'hui par la grande culture.
Est-ce à dire qu'il faille abandonner aux tenanciers de ces exploitations, la pleine propriété du sol qu'ils mettront en culture ?
Ce n'est point notre pensée. Il ne sera pas difficile, en effet, de trouver des modes de jouissance qui aient les avantages de la propriété privée sans en avoir les inconvénients. C'est avant tout la pratique qui permettra de déterminer les rapports à établir entre le droit éminent de la collectivité et le droit de jouissance de l'individu.
Quant aux petites exploitations qui existent déjà, la démocratie socialiste doit leur accorder une protection efficace.
S'agit-il d'exploitations par des fermiers locataires ? Elle doit s'efforcer, par la réglementation des fermages, de leur garantir une meilleure part des fruits de leur travail. S'agit-il de paysans propriétaires ? Elle doit les aider à développer leurs entreprises, par la coopération et par l'accroissement de leur puissance productive.
Entre les petits cultivateurs, du reste, et les ouvriers, il v a quantité d'intérêts communs. Le développement de la petite culture intensive, produisant du beurre, de la viande, du lait, des fruits, des œufs, n'est possible que par l'accroissement de la consommation des travailleurs industriels. L'accroissement du bien-être des uns entraînera donc nécessairement l'amélioration du sort des autres.
Pour vaincre l'agrarianisme, il ne suffît point d'é-
veiller la conscience déclasse du prolétariat agricole. Il est indispensable également que, par une politique de protection des paysans, nous détachions de l'armée agrarienne la masse énorme des petits cultivateurs.
Ce n'est point là une tâche facile, mais c'est la condition préalable de tout progrès ultérieur:
« Les murs de la réaction ne tomberont pas au bruit des trompettes socialistes, avant que les petits paysans et les ouvriers agricoles n'aient été d'abord éveillés. Ce serait une erreur néfaste de croire que les défenseurs de la justice sociale et du progrès delà civilisation peuvent arriver au triomphe, grâce au développement de la seule industrie, grâce à l'accroissement du seul prolétariat des villes. Avec ce seul appui, la démocratie socialiste serait condamnée, sinon pour toujours, du moins pour des générations, à ne jouer que le rôle d'une minorité d'opposition. Elle ne serait pas sans puissance, sans influence, mais elle serait sans la puissance victorieuse, sans l'influence dominante dont elle a besoin pour réaliser ses fins.
« Gagner la masse descultivateurs qui travaillent est indispensable à la conquête du pouvoirpolitique(i). »
§ 3. — Conclusion
Si différentes que soient les deux thèses qui
viennent d'être exposées, elles se rencontrent, cepen-
1. David. Soçialismus und Landwirtchschaft. Band 1, p. 703. Berlin, 1903.
dant, sur un point essentiel. Kautsky et David, les « orthodoxes » et les « révisionnistes » sont d'accord et, parce que socialistes, doivent nécessairement être d'accord, pour admettre que la démocratie socialiste, étant, par définition, le parti des travailleurs, doit faire effort pour éveiller la conscience de classe du prolétariat agricole, l'organiser contre ses maîtres et lui proposer un programme qui étende et adapte à l'agriculture les réformes poursuivies, ou déjà réalisées, dans le domaine industriel.
Mais tandis que Kautsky fait de cette action parmi les travailleurs ruraux le pivot de sa politique agraire, David paraît n'y attacher qu'une importance secondaire, ou, du moins, semble préoccupé surtout d'établir que, sans les paysans, le socialisme est, pour des générations encore, impuissant à conquérir la majorité dans aucun pays.
Que cette opinion soit pour le moins exagérée, c'est ce que montrent déjà les quelques chiffres cités par nous au début de ce chapitre.
Même en Allemagne, même en France et à supposer que tous les «chefs d'exploitation» des statistiques officielles soient réellement des cultivateurs, propriétaires ou locataires, mais exploitant à leur compte, les prolétaires, agricoles, industriels et autres forment incontestablement la majorité de la population active.
En Allemagne, d'après le recensement de 1895 (i) il
1. Stathtiscbcs Jabrbucb fiir das Deutscbe Rncb . Berlin, 1907. P. 14-
y avait 2. 142.808 personnes sans profession, 1.423.961 fonctionnaires et employés, civils et militaires 432.491 affectés à des services domestiques. Abstraction faite de ces catégories, le chiffre total des salariés et des producteurs indépendants, en 1882 et en 1895, se décomposait de la manière suivante :
Os.
oo
rrs
rc*
On
lf\
On
irs