‹ Le socialisme agraire; ou, Le collectivisme et l'évolution agricoleChapitre 83 sur 96 · I. P. 53. Paris · texte numérisé non relu

I. P. 53. Paris

Si nous passons maintenant à l'Allemagne, nous y ferons des constatations identiques.

Les deux principaux foyers de la coopérative agricole sont l'un et l'autre dans la Prusse rhénane, à Neuwied et à Olïenbach. C'est là que les premières associations sont nées; c'est là qu'elles ont encore aujourd'hui la plus grande vitalité, et la plus grande puissance.

« Ce qui, dans la région rhénane — dit Blondel (i) — nous a particulièrement frappé, c'est l'essor pris par les associations.

« Il y a soixante-trois ans (1833) que fut fondée l'association des agriculteurs de la province du Rhin. Elle a rayonné peu à peu sur toute la contrée et comprend aujourd'hui 66 sections et plus de 60.000 membres, répartis en 7S0 groupes (Ortsvereine on Casinos) qui ressemblent à nos syndicats agricoles. Presque toutes les communes de la province comptent quelques adhérents. »

Or, c'est précisément dans la région du Rhin que le morcellement est poussé le plus loin. D'autre part, comme dans toute l'Allemagne — moins d'ailleurs que dans d'autres provinces — les paysans sont fort endettés : d'où le besoin de caisses Raiffeisen pour échapper aux usuriers. Enfin, de toutes les provinces de l'Empire c'est celle qui compte le plus grand nombre de fermiers locataires : pour l'ensemble des exploi-

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