‹ Le socialisme agraire; ou, Le collectivisme et l'évolution agricoleChapitre 86 sur 96 · III. — L'avenir de la coopération en agriculture · texte numérisé non relu

III. — L'avenir de la coopération en agriculture

Grâce aux associations coopératives. les cultivateurs achètent, dans de bonnes conditions, les engrais et les matières premières. Ils peuvent, s'ils présentent des garanties réelles ou personnelles, obtenir du crédit sans devoir recourir à des usuriers. Ils tirent, enfin, un meilleur parti de leurs vaches, par la fabrication collective du beurre et du fromage.

Tels sont les principaux résultats obtenus, jusqu'à présent, dans la plupart des pays, et l'on voudra bien reconnaître que malgré leur réelle importance* ils ne suffisent pas à justifier les espérances de ceux qui voient dans la coopération le moyen le plus efficace pour sauver la petite culture en lui assurant les avantages de la grande.

Mais nous avons à rechercher, en outre, ce qui a été fait dans d'autres directions, et. spécialement, au point de vue de la vente et de la transformation des produits agricoles. Peut-être cette recherche nous

permettra-t-elle de tirer quelques conclusions, quant à l'avenir de la coopération agricole.

a) La vente. — Si l'achat en commun des engrais et des matières premières a pris une grande importance, partout où il existe des associations de cultivateurs, on ne peut en dire autant des associations coopératives pour la vente des produits agricoles.

En Angleterre, rien de sérieux n'a été fait dans cette direction.

En France, de Rocquigny et Méline citent un certain nombre d'organisations de vente. Mais, comme le fait remarquer Souchon, dans son livre sur Les Cartels de V Agriculture (1), leur action se limite presque toujours à des produits secondaires : il s'agit de fruits, de fleurs ou de produits très spéciaux, comme, par exemple, les câpres, les oignons, ou l'huile d'olives. Quand, au contraire, on passe à de plus grands produits, comme les céréales, les raisins, le lait ou le bétail, on ne trouve presque plus rien : à peine deux ou trois coopératives de vente dans la région viticole du Midi ; quelques tentatives syndicales pour la vente du blé ; l'organisation, par le Syndicat central des Agriculteurs de France, d'un service spécial de vente, pour le bétail, au marché de la Villette. C'est à peu près tout, si l'on ne tient pas compte des coopératives beurrières et fromagères, qui rentrent plutôt dans la catégorie des sociétés de production.

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