‹ Le socialisme allemand et le nihilisme russeChapitre 109 sur 203 · LES SALAIRES · texte numérisé non relu

LES SALAIRES

travaillaient à la fabrique, quelques-uns même jouissaient d'un commencement d'aisance. Les salaires variaient de 15 à 50 francs par semaine. Un tourneur gagnait de 25 à 36 francs 50, le mécanicien principal touchait 39 francs. La moyenne des salaires était de 1000 à 1125 francs par an; malgré le prix relativement élevé des logements et des moyens de subsistance, une famille, pourvu qu'elle ne soit pas trop nombreuse, peut vivre dans ces conditions sans de trop lourds soucis de nourriture. Les ouvriers les moins payés reçoivent de 720 à 840 francs. Avec cela, un ouvrier seul se tire encore d'embarras; mais pour un homme marié et père de famille c'est la gêne, malgré des prodiges d'économie. M. Goehre recevait 25 centimes par heure, soit 2 fr. 75 pour la journée de onze heures. Il trouvait à se nourrir passablement à des pensions où le repas principal, composé de légumes, avec viande ou charcuterie, coûtait de 20 à 50 centimes. Ceux qui n'avaient pas 20 centimes tâchaient de manger à la dérobée en toute hâte, dans le désordre du départ, les restes au fond des écuelles. A Berlin, d'après M. Leixner *, une foule d'employés de commerce, de fonctionnaires subalternes, et la plus grande partie des étudiants sont moins fortunés qu'un ouvrier ordinaire, avec ses 18 marks (22 fr. 40) par semaine *. Beaucoup d'ouvriers de Ghemnitz suppléaient à leurs salaires, en exerçant le dimanche quelque petit métier : l'un faisait de la menuiserie, l'autre donnait des leçons de danse...

Le côté le plus défavorable de la vie ouvrière, et le mai est presque universel dans les grandes villes, c'est

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