I. — SITUATION MATÉRIELLE ET ÉCONOMIQUE DES OUVRIERS DE CHEMNITZ
M. Goehre ne s'est pas livré, sur ce point capital, à une de ces enquêtes spéciales, comme celles qu'a poursuivies avec tant de patience et de méthode M. Le Play sur les ouvriers européens, notant avec soin les divers budgets de famille, les salaires, les dépenses. C'est surtout une étude de psychologie sociale qu'a entreprise M. Goehre : en sa qualité de théologien, il voit les choses sous un certain angle. Ce chapitre n'est donc pas un des plus importants, bien que l'auteur se rende compte de l'influence des conditions matérielles sur la vie morale, et qu'il les examine tout d'abord : loin qu'on puisse les considérer comme accessoires, elles sont prédominantes, essentielles.
Il ne constate pas de misère autour de lui. A voir les ouvriers le dimanche, surtout les jeunes gens, élégamment vêtus, on ne les distinguerait pas toujours de la classe bourgeoise. Parmi les 500 ouvriers qui