‹ Le socialisme allemand et le nihilisme russeChapitre 33 sur 203 · ACCROISSEMENT DES RECETTES · texte numérisé non relu

ACCROISSEMENT DES RECETTES

le plan de campagne pour l'avenir. Ce parlement des ouvriers, le premier qui se tenait en Allemagne depuis treize ans, organisé sur le mode représentatif, comptait 413 délégués et quelques invités étrangers. Des femmes se trouvaient parmi la députation de Berlin.

Bebel exposa d'abord la situation financière. L'accroissement des recettes n'est pas moins caractéristique de l'extension du parti que l'augmentation régulière du nombre des voix aux élections successives. Au congrès de Wyden, en 1880, le fonds central comptait 37 410 marks; à Copenhague, en 1883, 95 000 marks ; à Saint-Gall, en 1887, 208 655. De 1887 à 1890, les recettes se sont élevées à 324 322 marks, les dépenses à 192 000 marks, et en ajoutant à l'excédent les revenus et espèces en caisse, la somme totale disponible est de 171 829 marks. Bebel a ajouté avec humour, au milieu de l'hilarité générale, que le parti socialiste, devenu capitaliste, cherchait de bons placements à l'étranger par crainte de confiscation. Durant la période écoulée, les frais ont été considérables : le parti subventionnait pendant* plus* de dix ans les expulsés et les condamnés en vertu de la loi contre les socialistes, il payait les frais des procès intentés, les frais électoraux, les indemnités pour les congrès, enfin l'entretien des députés, qui, en Allemagne, ne touchent pas de traitement.

L'assemblée de Halle avait pour mission principale de réorganiser le parti. On avait éprouvé les excellents effets d'une forte centralisation, qui étouffait en germe les discussions et les querelles; on persévéra dans cette voie. La nouvelle organisation donne aux chefs la plus grande influence. Le parti nommé désormais le parti de la démocratie sociale allemande, ne pouvant se constituer, à cause de la loi sur les associations en vigueur, comme l'union fermée de toutes les associa-

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tions, se compose simplement de toutes les personnes, hommes ou femmes, qui adhèrent aux principes du programme, et fournissent, selon leurs ressources, des subventions au parti. — L'autorité, en dernière instance, appartient au congrès qui doit se réunir chaque année. Ont droit d'y prendre part : les délégués de chaque circonscription électorale (à raison de trois délégués, au maximum, pour chaque circonscription), les députés au Reichstag, et le comité directeur. Celuici, nommé par le congrès lui-même, se compose de 12 membres, dont 5 sont chargés de l'expédition des affaires, et 7 du contrôle. Il y a deux présidents, qui sont actuellement le député Singer et le serrurier Albin Gerisch, deux secrétaires, les contrôleurs et un caissier, Bebel. Comme dans la plus grande partie de l'Allemagne les associations politiques, Vereine, ne peuvent se lier les unes aux autres, c'est par des hommes de confiance, nommés de diverses manières dans chacune des circonscriptions électorales, que ces associations se mettent en rapport avec le comité directeur. Les membres du comité directeur peuvent être rétribués, mais leur indemnité, disait Singer, n'a pas le caractère d'un traitement bourgeois (à quel signe reconnaître un traitement bourgeois?). — Le comité directeur convoque le congrès, dispose des finances, rend compte de la gestion, et enfin surveille l'attitude des journaux du parti. Liebknecht n'est que membre consultatif du parti. Mais en sa qualité de rédacteur en chef du journal officiel de la démocratie socialiste, c'est à lui qu'incombe la tâche délicate de parler au nom de tous, d'exprimer et de redresser l'esprit et la doctrine. Ce journal officiel, intitulé par euphémisme l'organe central, est aujourd'hui le Vonvaerts, En avant! Il importe que la direction du parti exerce son contrôle sur la presse, au point de vue de la tactique et des

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