‹ Le socialisme allemand et le nihilisme russeChapitre 39 sur 203 · I. — LA DOCTRINE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

I. — LA DOCTRINE ÉCONOMIQUE

Liebknecht, au congrès de Halle, parlant au nom du parti, a indiqué dans quel esprit sera conçu le nouveau programme. Le congrès de Gotha, en 1875, avait accompli la fusion des groupes hostiles de l'ancien parti de Lassalle et du parti marxiste de Bebel et Liebknecht. Les statuts élaborés à Gotha avaient fusionné de même le socialisme mitigé de Lassalle et le collectivisme de Marx. On avait inséré dans la déclaration de principes la célèbre loi d'airain qui, d'après Lassalle, courbe l'ouvrier sous le joug de la misère; on avait admis, parmi les exigences du parti et comme moyen de transition au socialisme pur, « l'établissement d'associations productives de travailleurs avec le secours de l'État ». Les pensées et les formules de Lassalle, qui d'ailleurs maintenait la propriété privée, et sur d'autres points copiait Marx, sont aujourd'hui considérées comme hors d'usage, si populaire que soit restée sa mémoire; ce ne sont plus

1. « L'économie politique collige les faits et les groupe, recueille les chiffres et les additionne : elle fait œuvre de recensement, œuvre de statistique. Or toute collection est provisoire et incomplète, toute statistique est approximative, sans vérification possible. » (Le socialisme allemand, introduction au VI* volume de la traduction en français des discours du prince de Bismarck, 2° édition. Berlin, 1889.)

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