SOUVERAINETÉ DU PEUPLE
l'État, mais il laisse à l'Église liberté pleine et entière de s'organiser et de s'administrer à sa guise.
Enfin en réclamant un impôt progressif sur le capital et sur les successions, le programme d'Erfurt admet implicitement que la confiscation ne sera pas immédiate, que la propriété privée continuera à subsister, par pure tolérance, quelque temps encore.
Toutes ces exigences politiques, si elles devaient être réalisées dans leur ensemble, supposeraient toutefois des changements si considérables en Allemagne, qu'ils ne seraient plus conciliables avec l'existence de la monarchie, bien que le programme d'Erfurt ne parle plus de revendiquer Y État libre, en d'autres termes la République, desideratum qui figurait au programme de Gotha. — Marx objectait que : « dans ces belles petites choses il ne faut pas oublier l'essentiel, à savoir que ces exigences reposent sur la reconnaissance de la souveraineté du peuple, et que par conséquent elles n'ont de sens et ne sont à leur place que dans une république démocratique, et qu'on ne saurait les demander à un Etat tel que l'Allemagne. »
Par ses vœux et ses aspirations politiques, le parti socialiste allemand semble donc se rapprocher (du moins comme transition au collectivisme) d'une société à demi bourgeoise, républicaine, démocratique, radicale, telle qu'elle existe en Suisse. — La démocratie socialiste, comme nous l'avons déjà indiqué *, compte un nombre d'adhérents considérable (Mitïàufer) qui sont simplement démocrates. Cette partie du programme est destinée à les satisfaire. — Quant aux socialistes farouches, qui ne sauraient s'accommoder de ces concessions, Bebel les rassure en leur disant que la société collectiviste se réalisera peut-être