II. — DIVISIONS ET QUERELLES SUR LA TACTIQUE
Toutes les divergences qui ont éclaté au Congrès d'Erfurt se sont produites non dans la discussion du programme, mais à propos de la tactique. Rien ne prouve mieux l'importance toute secondaire attribuée au programme, que ce fait qu'il n'a même pas été discuté 1 . On Ta voté en bloc, à l'unanimité, dans la dernière séance, tandis que quatre jours durant la salle du Congrès a retenti de débats aigres, discordants et véhéments sur la manière de conduire et de diriger l'armée à l'assaut de la société bourgeoise. — Le parti socialiste n'a au fond qu'un but, qui est d'ailleurs celui de tous les partis d'opposition, s'emparer du pouvoir pour réaliser des réformes \ Savoir quelles seront ces futures réformes importe moins pour le moment que la question primordiale : Comment s'emparer du pouvoir? Le Congrès n'est pas une académie délibérant en paix sur les doctrines du socialisme « scientifique » ; c'est un conseil de guerre appelé à fixer un plan de campagne, et c'est à propos de ce plan de campagne que l'état-major a été violemment pris à partie.
i. Lé projet de programme avait été publié et livré à la critique depuis plusieurs mois. 90 propositions et trois grands contre-projets, qui d'ailleurs ne s'écartaient pas essentiellement des principes du parti, étaient présentés au congrès. C'est un de ces contre-projets, inséré dans la Neue Zeit, qui a été finalement adopté par la commission et par le congrès. Il ne différait du projet officiel que par l'écriture, soi-disant plus « scientifique ».