‹ Le socialisme chrétienChapitre 103 sur 133 · Dul'i mai · texte numérisé non relu

Dul'i mai

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LA CBISK DE 1848.

presci'iplioiis du code pénal? Or, YUnwers et ses amis ont poussé vigoureusement ce genre de poIéniI(pie. M'Uniçers a montré que l'organisation (lu travail, en inféodant les ouvriers à l'Etat, leur otcrait toute induence sans leur donner des salaires plus élevés. Il a repoussé l'impôt progressif et l'impôt sur le luxe ; il a montré que les bénéfices, rêvés par les écoles socialistes, étaient purement imaginaires, qu'il n'y a de réel dans les projets de Louis Blanc ([ue les dépenses énormes auxquelles il faudrait se livrer tout d'abord. Il a, comme le Correspondant de la même année, publié des articles amusants et sensés, contre les illusions qu'on avait nourries, au siccb' précédent, sur le communisme des sauvages. 11 a condamné la tentative du Paraguay. Il a dit, enfin, aux ouvriers «jue c'était à eux de s'associer et de débattre les uns avec les autres les conditi(uis de leur producti(ui, à eux de créer des caisses de retraite et de secours, ii nommer des syndics et des représentants. Pouvait-il faire plus? »

\ A Univers avait des amis à l'Assemblée : le plus illustre était Montalembcrt, qui marchait alors de concert avec Louis Veuillot et combattait avec lui, dans son journal, les tendances un peu hasardées de YEre noui^elle. Mais Montalembcrt était un homme politique plus que Veuillot, et il avait déjà pris l'habitude (qu'il a noblement conservée depuis) de dire à ses amis

catholiques les vérités qifil jugeait oubliées d'eux. Il déclara que le plus grand péril social du moment, c'était la naïveté des gens religieux

1\ I qui pactisaient avec les démocrates socialistes J et les encourageaient \\ mettre le Christ de

\ moitié dans les prétlications les plus incen- * diaires *. Il rappelait qu'en face d'un pouvoir nouveau le devoir des catholiques était de garder avant tout leur liberté, en observant « le calme, la réserve et la dignité ».

Il ne se bornait point \\ ces réflexions. C'est lui qui, à l'Assemblées contribua peut-être le O plus à faire retirer le projet de loi relatif au rachat des chemins de fer ^. Proudhon et ses amis tenaient beaucoup à ce. projet : ils y voyaient avec perspicacité « le premier annead^ de la chaîne des questions sociales ». MoiitiC^ lembert v montra un nouvel essai de la théorie qui voulait faire de l'Ktat « rentrepreneur de toutes les industries et l'assureur de toutes^les fortunes ». Il y op|)osa la nécessité de faire cesser le grand danger du jour, « l'espèce de terreur ([ue la république inspire à la propriété ». — « La lutte, disait-il, n'est pas entre la rovauté et la démocratie; elle est entre la centralisation exagérée et la libre direction des forces individuelles, le libre développement des

1. Voir Lettres à VAmi de la religion dans V Univers d'octobre 1848.

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