Lévit., XIX
et c'est de lui que tout Israélite l'a reçue. Les prophètes semblent exprimer souvent cette idée, que ceux qui désobéissent à la loi divine ne sont pas dignes de posséder comme leur héritage la terre qu'ils tiennent de lui. Ils confirment en cela le passage du Deutéronome : (( Vous chercherez justement ce qui est juste, afin que vous viviez et que vous possédiez la terre que le Seigneur vous a donnée ^ ». Or, ce que Dieu a donné, Dieu ne le retire pas, car il est, quant a lui, fidèle en ses promesses; mais il veut que les hommes distinguent ce qui vient de lui, ce qui vient des dons naturels que la terre produit par son ordre, puis ce qui vient du travail personnel, puis ce qui mérite, soit d'être conservé par un usage juste, soit perdu par la paresse et par l'orgueil, « père de la ruine », ou h la suite d'un usage inique et par conséquent punissable.
Nous avons beaucoup discuté , dans notre siècle, pour savoir ce que le travail personnel de l'homme ajoute ou n'ajoute pas à la fécondité de la terre. Les socialistes proprement dits se sont élevés avec véhémence contre le « vol » que le soi-disant propriétaire fait du « capital primitif et incréé », des u facultés impérissables de la matière... ». La Bible avait eu déjà l'intuition très nette de ce problème : a Tu sèmeras six ans ton champ et tu tailleras six ans ta vigne.