‹ Le socialisme chrétienChapitre 113 sur 133 · Voir notamment V Association catholique d'octobre 18S · texte numérisé non relu

Voir notamment V Association catholique d'octobre 18S

renoncer au libre usage de leurs capitaux, on ne peut s'étonner qu'ils reculent et qu'ils avouent n'avoir pas encore reçu le surcroît de gn^ice qui a fait les premiers apôtres.

Pendant près de trois années consécutives (du 15 septembre 1883 au 15 mars 1886), V Association catholique inséra une série d'articles de M. J. I^œsewitz sur la législation du travail. Elle laissa passer sans protestation, elle honora de sa sympathie et de son. concours des articles où il était dit que « l'œuvre de la civilisation tend à restreindre de plus en plus l'arbitraire de l'individu » ; — où la prétendue loi posée par M. Wagner, de Berlin, « la loi de l'extension croissante des fonctions des pouvoirs publics )), était acceptée comme un dogme; — où Ton demandait contre les patrons l'équivalent de la loi projetée qu'on appelle la loi Bovier- Lapierre; — où l'on accusait la liberté du travail de n'être autre chose que « la liberté laissée aux capitalistes d'exploiter les ouvriers et de s'enrichir du travail d'autrui * ». Tout cela passait sans résistance. Mais arriva eniin un article (du 15 février 188(5) où on lisait ; « La prétendue productivité du capital, la grande iniquité des sociétés païennes et, au point de vue écono-

1. La liberté du travail étant la grande ennemie, on rhabille de toutes les façons. « On entend par liberté du travail l'abolition du droit de réunion professionnelle. » (Régime du travail^ p. 43.)

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miquo, la dernière cause de toutes les souffrances sociales, n'est autre chose qu'un mot inventé pour dissimuler le fait réel : l'appropriation des fruits du travail d'autrui par ceux qui possèdent les instruments du travail... ; non que le capital ne soit pas un facteur important (le la production; mais les fruits de Taction combinée du tr.ivail humain et du capital ne doivent revenir qu'à celui qui a mis personnellement en œuvre Finstrument du travail. »

Cette fois une opposition se manifesta. On arrêta la publication, et une lettre de M. de Mun* expliqua cette décision de la majorité.

i< Il m'a paru que Fauteur tendait à absorber la personnalité de Thomme dans TÉtat et à n'envisager l'individu que comme partie du tout social, puisqu'il interprétait mal les textes théologiques en déclarant le capital absolument improductif — » — « Cet article, disait encore M. de Mun, a soulevé une grande émotion parmi les l<»cteurs de la Revue, et les membres dirigeants (le rCEuvre, ses théologiens, ont repoussé les doctrines de M. J.œsewitz et ses interprétations de saint Thomas. »

M. Lœsewilz se retira donc de V Association catholique : mais il pouvait se dire qu'il v gardait des amis. Il rappelait aussi (et c'est encore une déclaration qu(» j'enregistre comme un docu-

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