‹ Le socialisme chrétienChapitre 119 sur 133 · I ÉCOLES · texte numérisé non relu

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dire qu'elle inérilc des privilèges politiques, lui dénier ainsi toute vertu intrinsèque; car enfin si la religion est bonne ii tout, il n'en est pas moins vrai qu'il y a dans les sciences et dans les arts des théories ou des pratiques ayant en ellesmêmes une valeur essentielle, indépendante de toute considération surnaturelle et religieuse. Qui méconnaîtrait cette vérité tomberait vite dans le ridicule et dans l'absurde. Et cependant ne trouve-t-on pas une erreur toute pareille chez ceux qui nient l'existence de lois naturelles en économie politique? Et n'est-ce pas nier l'existence de ces lois que de dire : un régime industriel sera complètement impuissant ou sera parfait suivant que ceux qui le pratiqueront prendront ou non l'avis de leurs supérieurs ecclésiastiques? Tout chrétien pensera que ses fournisseurs feraient bien d'être honnêtes, feraient bien d'aller à la messe, d'y envoyer leurs employés; mais cette opinion n'a rien à voir avec la nature de la comptabilité, avec le système de vente, avec la réduction plus ou moins bien entendue des frais généraux, avec le choix des lieux d'achat, etc., etc. Les patrons et les ouvriers font-ils bien ou non de se syndiquer, et l'Etat doit-il accorder ou refuser des privilèges à ceux qui se syndiquent? c'est là bel et bien une question économique et qui doit être avant tout résolue par des raisons ou des faits économiques.

A lion S- Il OU S (lire que les idées morales et les idées religieuses sont iiidifierentes à la prospérité d*uiie nation et au suecès de son réprime industriel? Assurément non: mais avec des écrivains qui sont surtout des hommes d'imagination et de polémi(|ue oratoire^ il faut prendre ses précautions siMgneusement. La ([uestion est celle-ci : qu'est-ce que la prati(|ue sociale de riionncteté el de la charité, ([uestce que la mise en honneur des vertus chrétiennes appellent dans la vie économi(]ue? Kstce une extension de la lihertc? KsI-ce au contraire une réglementation dite paternelle et une organisation sur le nuKièle d<* SahMile? On n'a qu'à suivre le développement graduel et surtout les déviations de la doctrine de V(Jùn»re des cercles pour bien voir Tcipposition et la divergence de ces deux tendances. La [)remièr<» a été éloquemment souttMuu* [)ar ^L Périn : la pratique universelle de la charité chrétienne pénétrerait si hien ch» sa verlu tt>utes les inventions, toutes les conventions et tous lt*s agissements de la lihrrtt', «pie les lois restrictives deviendraient inutiles, et aucun l\tat ne serait plus t^nté de recourir ii Temploi de c<'s faux remèdes qui, sons prétr\t<» d'arrêter les écarts ou les trouhles de la \ie. lendorment et la paralysent. Voilà la |>reniicre méthode : elle consiste à dévelop|)er tout ii la lois, autant qu'on le peut, le christianisme et la liberté. La

seconde consiste à dire : rendons les peuples chrétiens, et alors nous pourrons faire accepter une organisation qui se chargera de régler tous les rapports, de protéger efficacement tous les droits, de satisfaire tous les besoins, de concilier tous les intérêts. Quand toute la société sera chrétienne et quand tons les Etats seront chrétiens, c'est alors que les pouvoirs comprendront l'étendue de leur responsabilité devant Dieu et de leurs devoirs envers les hommes; c'est alors qu'ils s'inquiéteront des enseignements de l'Eglise, pour assurer, en tout, le bien commun par un ensemble de lois organisatrices auxquelles rien n'échappera et qui damneront au travail humain sa forme définitive et complète *.

Voilà, encore une fois, les deux thèses. Nous /• , sommes pour la première, et nous prétendons

\ ;, de plus que l'Eglise ne veut pas de la seconde.

Sans aucun doute, l'Eglise, dans tout ce qui ne touche pas au dogme et aux mœurs, évite prudemment les formules absolues : ou quand elle en pose une qui est telle, c'est presque toujours pour la juger défectueuse et condamnable. Si un économiste chrétien, par exemple, écrivait une phrase comme celle-ci : « L'Etat ne doit pas intervenir dans les questions économiques », ou comme cette autre : w L'Eglise n'a

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