A-tsuciatiou catholique de décembre
I dire qu'elle mérite des privilèges politiques, lui ! dénier ainsi toute vertu intrinsèque ; ear enfin si I la religion est bonne à tout, il n'en est pas moins vrai qu'il y a dans les sciences et dans les arts des théories ou des pratiques ayant en ellesmêmes une valeur essentielle, indépendante de toute considération surnaturelle et religieuse. Qui méconnaîtrait cette vérité tomberait vite dans le ridicule et dans Tabsurde. Et cependant ne trouve-t-on pas une erreur toute pareille chez ceux qui nient Texistence de lois naturelles en économie politique? Et n'est-ce pas nier l'existence de ces lois que de dire : un régime industriel sera complètement impuissant ou sera parfait suivant que ceux qui le pratiqueront prendront ou non l'avis de leurs supérieurs ecclésiastiques? Tout chrétien pensera que ses fournisseurs feraient bien d'être honnêtes, feraient bien d'aller à la messe, d'v envoyer leurs employés; mais cette opinion n'a rien à voir avec la nature de la comptabilité, avec le système de vente, avec la réduction plus ou moins bien entendue des frais généraux, avec le choix des lieux d'achat, etc., etc. Les patrons et les ouvriers font-ils bien ou non de se syndiquer, et l'Etat doit-il accorder ou refuser des privilèges à ceux qui se syndiquent? c'est là bel et bien une question économique et qui doit être avant tout résolue par des raisons ou des faits économiques.
Allons-nous dire que les idées niorsdes et les idées religieuses sont indifférentes à la prospérité d'une nation et au suecès de son régime industriel? Assurément non; mais avec des écrivains qui sont surtout des hommes d'imagination et de polémique oratoire, il faut prendre ses précautions soigneusement. La question est celle-ci : qu'est-ce que la pratique sociale de riionncteté et de la charité, qu'estce ({ue la mise en honneur des vertus chrétiennes appellent dans la vie économique? Estce une extension de la liberté? Est-ce au contraire une réglementation dite paternelle et une organisation sur le modèle de Salente? On n'a ([u'à suivre le développement graduel et surtout les déviations de la doctrine de VOùii^re (les cercles pour bien voir l'opposition et la divergence de ces deux tendances. La première a été éhxpiemment soutenue par ^L Périn : la pratique universelle de la charité chrétienne pénétrerait si bien de sa vertu toutes les inventions, toutes les conventions et tous les agissements de la liberté, (jue les lois restrictives devienilraient inutiles, et aucun Etat ne serait plus tenté de recourir à l'emploi de ces faux remèdes qui, sous prétexte d'arrêter les écarts ou les troubles de la vie, l'endorment et la paralysent. Voilà la première méthode : elle consiste à développer tout à la l'ois, autant qu'on le peut, le christianisme et la liberté. La
seconde consiste à dire : rendons les peuples chrétiens, et alors nous pourrons faire accepter une organisation qui se chargera de régler tous les rapports, de protéger efficacement tous les droits, de satisfaire tous les besoins, de concilier tous les intérêts. Quand toute la société sera chrétienne et quand tous les Ktats seront chrétiens, c'est alors que les pouvoirs comprendront retendue de leur responsabilité devant Dieu et de leurs devoirs envers les hommes; c'est alors qu'ils s'inquiéteront des enseignements de l'Eglise, pour assurer, en tout, le bien commun par un ensemble de lois organisatrices auxquelles rien n'échappera et qui donneront au travail humain sa forme définitive et complète *.
Voilà, encore une fois, les deux thèses. Nous sommes pour la première, et nous prétendons de plus que l'Eglise ne veut pas de la seconde. Sans aucun doute, l'Eglise, dans tout ce qui ne touche pas au dogme et aux mœurs, évite prudemment les formules absolues : ou quand elle en pose une qui est telle, c'est presque toujours pour la juger défectueuse et condamnable. Si un économiste chrétien, par exemple, écrivait une phrase comme celle-ci : « L'Etat ne doit . pas intervenir dans les questions économiques », ou comme cette autre : <c L'Eglise n'a