‹ Le socialisme contemporain (volume 2)Chapitre 41 sur 74 · I. Ap. 0. Testiil, t. II, p · texte numérisé non relu

I. Ap. 0. Testiil, t. II, p

« Cette convention, appuyée par le peuple entier, sauvera la France.

« Aux armes ! I ! »

{Suivent vingt-six signatures de membres de r Internationale.)

Nous faisons grâce à nos lecteurs de l'énumération des mesures qui devaient être décrétées d'urgence, parmi lesquelles figuraient un emprunt forcé et obligatoire sur les immeubles, la confiscation, au profit de la nation, des biens de tous ceux qui se rendraient à l'étranger, une réquisition progressive sur les fortunes, la fonte des cloches, l'ordre aux banquiers d'hypothéquer immédiatement tous les biens du clergé...

L'insuccès de la tentative du 28 septembre désola Bakounine. Il écrivit le même jour à son collègue Palix :

« Je quitte Lyon le cœur plein de tristesse et de prévisions sombres. Je commence à penser maintenant que c'en est fait de la France. Elle deviendra une vice-royauté de l'Allemagne. A la place de son socialisme vivant et réel, nous aurons le socialisme doctrinaire des Allemands, qui ne diront plus que ce que les baïonnettes prussiennes leur permettront de dire. L'intelligence bureaucratique et militaire de la Prusse, unie au knout du czar de Saint-Pétersbourg, va assurer la tranquillité et l'ordre public, au moins pour cinquante ans, surtout le continent de l'Europe. Adieu la liberté, adieu le socialisme, la justice pour le peuple et le triomphe de l'humanité. Tout cela pouvait tsorir du désastre actuel de la France. Tout cela en

serait sorti , si le peuple de France , si le peuple de Lyon l'avait voulu ^ . »

Faire servir le désastre de la France au triomphe de leurs rêves insensés, tel était bien le but que se proposaient les chefs de l'Internationale. Les émeutes de Lyon le prouveraient jusqu'à l'évidence, si nous n'en avions pas la preuve bien autrement douloureuse dans l'événement le plus considérable , le plus tragique , le plus sinistre de l'histoire de l'Internationale; nous voulons parler de la Commune de Paris, dont nous avons à tracer maintenant l'horrible silhouette.

C. — U Internationale pendant la Commune de Paris et après la Commune. — Le socialisme marxiste peut répudier la tentative de Lyon; il peut dire que cette tentative était avant tout l'œuvre de l'anarchiste Bakounine. Le socialisme marxiste n'a jamais répudié la Commune ; pour se rendre compte de la manière dont ce socialisme comprend la révolution, il importe donc de préciser la part de responsabilité de l'Internationale marxiste dans l'établissement et les entreprises de la Commune.

Quelle est cette part de responsabilité? Nous croyons devoir accorder à cette question une attention spéciale, d'autant plus que le socialisme marxiste fait tous ses elforts pour réhabiliter la Commune.

Nos lecteurs viennent de voir comment l'Internationale avait préparé la révolution sociale. Cependant la Commune n'est pas exclusivement son œuvre : elle

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