‹ Le socialisme contemporainChapitre 27 sur 68 · Die roihe Internationale, p. 40 et ss · texte numérisé non relu

Die roihe Internationale, p. 40 et ss

partout des associations professionnelles , où Ton ferait pénétrer ensuite l'agitation révolutionnaire.

A l'aide du résumé succinct des travaux du congrès de Copenhague, nos lecteurs se rendront, sans doute, facilement compte de l'impression produite par le congrès sur ses membres. Le député qui le présida exprima sa pleine satisfaction avant de prononcer la clôture. Puis, tous les délégués se levèrent, chantèrent la Marseillaise des ouvriers, et se séparèrent en acclamant par un triple vivat la démocratie socialiste.

Ce n'est qu'en 4887 , du 3 au 7 octobre, que le congrès dit de Saint'Gall parvint à se réunir dans la salle d'une brasserie de Schœnenwegen près de Saint-Gall , en Suisse. Cette fois, ce fut la fraction socialiste du Reichstag qui convoqua en congrès les membres socialistes tant actuels qu'anciens du Reichstag, du Landtag et des conseils municipaux. On choisit ce mode de convocation pour éviter des poursuites judiciaires.

Dans un mémoire publié par les socialistes sur leur lutte de 1878 à 1888, on tint à constater l'entrain et Tordre parfait qui régnèrent à Schœnenwegen. « On ne s'abandonna pas à des plaintes stériles, » dit le mémoire ^ — Le congrès de Saint-Gall répudia toute solidarité avec les anarchistes, il repoussa également leur doctrine de l'absolue autonomie de l'individu et leur théorie de la violence. Il se prononça contre les impôts indirects et les droits de douane. En fait de réforme

1. Kein Kîagelied, kein Thrœnenlied, keiii Lied um Jeden, der schon fiel.

sociale , il déclara de nouveau que le système du gouvernement de Tempire était entièrement insuffisant. Il s'occupa spécialement des futures élections. Il fut résolu qu'une candidature serait posée partout où Ton pourrait espérer recueillir quelques voix socialistes, et qu'on n'accepterait aucune sorte de compromis avec d'autres partis. Quant à l'action parlementaire des députés, le congrès décida qu'elle continuerait comme parle passé; mais il eut soin de rappeler que ce qui importait avant tout, c'était de poursuivre la critique du système économique actuel et de faire de l'agitation sociale. Le congrès invita enfin les représentants du parti socialiste allemand à s'entendre avec les partis ouvriers des autres pays pour réunir en 1888 un congrès international.

Une partie du compte rendu du congrès , qui n'est pas la moins intéressante, établit le chiffre total des sommes réunies depuis 1883 pour les besoins du parti socialiste. Ce chiffre est de 188.655 marks. Il se décompose de la manière suivante : 135,748 marks recueillis en Allemagne, et 52.907 marks offerts par les socialistes du dehors. En outre, un membre du bureau mit à la disposition du parti la somme considérable de 20.000 marks.

Les sommes recueillies servirent à faire face aux dépenses électorales, à soulager les familles des socialistes expulsés et à couvrir les frais des procès intentés aux membres du parti.

Sur les trois congrès de la période de répression , deux se tinrent en Suisse; c'est là aussi que se publiait

160 LE SOCIALISME GOMTEMPORAiy.

le journal officiel du parti socialiste allemand. Le gouvernement de Tempire comprit aisément tout Tappui que le parti socialiste trouvait en Suisse ; âl résolut de le suivre jusque-là. Mais la police des socialistes fut à la hauteur de celle de M. de Bismark; la première épia la seconde. Le 27 janvier 1888, le député socialiste Singer dévoila du haut de la tribune du Reichstag les agissements de deux agents provocateurs, Charles Schrœderet Chrétien Haupt, qui s'étaient mêlés aux anarchistes de la Suisse et qui avaient pris part à leurs entreprises, pour pouvoir renseigner la police de Berlin. Schrœder, en particulier, avait pris part à la conférence anarchiste où furent résolus les meurtres exécutés parles anarchistes Stellmacher et Kammerer. Ces révélations produisirent une impression peu favorable. Néanmoins le gouvernement de Tempire poursuivit ses mesures. Il fit expulser du territoire suisse les rédacteurs du Sozialdemokrat , qui se réfugièrent à Londres,. où leur journal les suivit bientôt *, pour se répandre delà dans toutes les contrées. On s'y abonnait à Londres, Paris, Edimbourg, Copenhague, Bruxelles , Liège , Verviers , An vers , Amsterdam, Bucharest, New-York, Philadelphie, Chicago, Cincinnati, Charleston, Saint-Louis, Buenos-Ayres, Porto Alegre, Melbourne, Sidney et Sao-Paulo en Brésil.

On pouvait croire que, après l'impression fâcheuse produite par les révélations publiques qui démasquèrent les rapports de Schrœder et de Haupt avec la police de Berlin, celle-ci renoncerait à employer des agents

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