XXVI INTRODUCTION
production et d'échange qu'on peut qualifier de classiques : le crédit ou la banque, les transports par voie ferrée, les exploitations minières.
Voici, à côté d'elles, pour prendre un exemple qui ne saurait soutenir de discussion, une industrie qui incontestablement est mûre dès à présent pour l'appropriation sociale, parce que, monopolisée en quelques mains, rapportant à ses exploitants des profits énormes, elle est toute désignée pour fournir une matière féconde à l'exploitation sociale. J'entends parler des^ raffineries de sucre.
C'est un exemple, ce n'est qu'un exemple : mais en vérité, est-ce donc une si grande nouveauté que cette régie nationale qui demain restituera à tous le profit indûment municipalisé par quelques-uns; est-ce que déjà..., en mettant la main sur la distribution de l'eau alimentaire, de la force motrice, sur l'organisation des transports, sur le service en commun des machines agricoles, nombre de petites collectivités urbaines et rurales n'ont pas, dans leur sphère, substitué la propriété sociale à la propriété capitaliste (*) ?
On le voit, dans la pensée de M. Millerand, la substitution de la propriété sociale à la propriété capitaliste, c'était, en réalité, rétablissement d'un certain nombre de régies, l'étatisation ou la municipalisation de quelques industries constituant déjà des monopoles de fait.
Dans la citation que nous venons de faire de son discours, nous trouvons en somme la théorie de la « socialisation des monopoles » que Benoit Malon
(i) Le Socialisme réformiste, p. 27.